La fin du capitalisme

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mardi 16 juin 2009

Après le capitalisme

Salut tout le monde,

Quand j'ai commencé ce blog chez 20six, en... 2005 je crois, on n'était pas des millions à raconter comment et pourquoi on allait se prendre une crise économique d'une ampleur sans précédent.
Aujourd'hui, cette crise est avérée, des sites économiques de qualité sont nés, et l'actu de la crise y est parfois très bien traitée. Je vais donc me borner à vous donner mon point de vue, de temps en temps, et puis, si vous le voulez bien, on va surtout passer à autre chose. Et histoire de conserver un déclic d'avance, et bien on commencera (probablement vers Septembre, j'ai besoin de faire une pause) à parler, non pas de "l'après-crise" (il n'y en aura pas), mais de "l'après capitalisme". En espérant que ça vous plaira.

En attendant, voici mes commentaires sur les derniers développements.

La pompe à pognon des US est en train de caler. On arrive donc au stade ultime.
Petit Flashback (les habitués, vous pouvez sauter 10 lignes) :
La cause réelle de cette crise, c'est que l'économie américaine dans son ensemble (et pas uniquement l'Etat ou tel autre acteur) s'est endetté très largement au-dessus de ses moyens pendant de très longues années. La répartition de cette dette à l'intérieur des US, en gros, on s'en tape. (c'est ce qui a été fait jusqu'à maintenant : certains acteurs étaient devenus insolvables, l'Etat s'est endetté pour les renflouer, mais au global, ça ne change rien. La dette est juste passée à l'Etat). On mesure ça, grosso modo, au déficit commercial. (je vends X , j'achète Y, et comme Y est supérieur à X, je dois des thunes, donc... je les emprunte). Tout va bien tant que quelqu'un prête les thunes en question. ça a longtemps été le Japon, c'est maintenant principalement la Chine.

Alors on en est où ?

C'est le département du trésor US qui compte tout ça ; ça s'appelle les "TIC data", et c'est absolument imbitable même pour les pros (demandez à Brad Setser).
Le déficit US s'est très fortement réduit ces derniers mois, et semble s'être établi vers 30-35 Mds de dollars par mois (mais il pourrait remonter avec le pétrole). Il faut donc quand même continuer à emprunter environ 360 Mds de dollars par an au reste du monde... sous peine de faillite. Et les TIC data nous disent quoi ?
Il est entré 89 Mds aux US sur les 12 derniers mois (contre 500 l'année dernière).
Ben, le compte n'y est pas !
Voilà. C'est tout.
Vous voyez, l'économie, c'est fastoche. Le reste, c'est de la parlotte pour justifier les diplômes.

Bon, concrètement, vous vous en doutez, c'est un peu plus tortueux.
On va pas voir Obama à la télé demain matin dire à ces concitoyens : "Bon, les gars, j'ai une bad news, on a un peu merdé sur les prévisionnels, on ferme, tout le monde est viré. Yes, we can"
(et pourtant...)
Il est fort probable, déjà, que les maillons les plus faibles du système financier mondial lâchent les premiers (l'Europe de l'Est a une bonne longueur d'avance, le reste tombera par effet domino. C'est comme la grippe).
Ensuite, l'Etat US (qui emprunte en gros pour tout le monde en ce moment), arrive pour l'instant à fourguer à peu près bien ses emprunts (les Bons du trésor). Mais ça commence à se tendre sérieusement ; résultat, il est obligé d'offrir plus en échange (les taux "réels" remontent) ; ça lui coute plus cher et ça augmente encore le doute sur sa capacité à rembourser, donc la réticence des autres à prêter. Et c'est en fait là qu'est le vrai bug : le doute.
Parce qu'en réalité, ça fait maintenant des années que les US sont insolvables. La grosse, l'immense, différence, c'est que maintenant, on en parle.
Et le doute, pour le capitalisme, c'est mortel.

Alors on va où ? ben j'en sais rien moi, gros malin.
On devrait se situer quelque part entre ces deux scénarios, déjà abondamment décrits ailleurs :
- "l'optimiste" : grosse crise de merde qui dure 10 ans, explosion du chômage, effondrement du dollar et passage de l"hégémonie US probablement à la Chine.
- "le pessimiste" : ça part carrément en sucette.
Le premier est le plus probable (et à vrai dire, le seul) sur des critères UNIQUEMENT économiques. Mais c'est là que TOUS les économistes bugguent : il n'y a pas que des critères économiques. Le climat, évidemment, et plus généralement l'environnement, la biodiversité, voire une petite grippe et surtout ce putain d'impondérable facteur humain, tous ces éléments ne sont pas dans les équations des économistes.

Personnellement, vous le savez, je parie tout sur le dernier. Sur l'étonnante capacité des gens à ne pas vouloir, parfois, rentrer dans les tableurs Excel, même à coups de matraque.
A se parler, à imaginer, à créer, à lire, à écouter, à faire parfois des choses étranges (comme, je sais pas moi, poser des fers à béton sur des lignes TGV), bref à ne pas être là où ils auraient "du" être et a finalement passer à autre chose.

Laissons donc cette crise à qui elle appartient, et à bientôt, donc, pour parler...
d'autre chose ?
;-)

mardi 12 mai 2009

Un compas dans l'oeil du cyclone

Les marchés boursiers se reprennent un peu. Hésitent à y croire. Serait-ce le début de la fin ? ou juste une petite accalmie avant que ça reparte de plus belle ?

Les cyclones, comme les cyclopes, sont borgnes, certes. Mais au royaume des aveugles de la finance...
On se demande en effet comment tout ce petit monde arrive encore à espérer, voire à souhaiter, que "ça redevienne comme avant". Vous en voulez encore ? Vous voulez refaire un tour gratos, c'est ça ? ben vous n'avez qu'à choper la queue du mickey.

Je ne me lance pas dans un bilan, hein ; au point où on est...
Côté stars, c'est brillant :
L'épave d'AIG, ex-premier assureur mondial, a été d'abord renflouée, puis démantelée, puis ses cendres ont été dispersées aux quatre coins du pays du pentagone. AIG, c'est un peu le porte-avion Clémenceau de l'assurance, voyez : même son épave, on ne sait pas quoi en foutre. Pendant ce temps, des milliers d'entreprises ont été réduites en poussières, qu'on s'est empressé de glisser sous le tapis. Des dizaines de banques ont rendu l'âme, mais comme chacun le sait, elles n'avaient fait que l'emprunter et ne s'en étaient pas beaucoup servies. Chrysler, 3eme constructeur US, a déposé le bilan dans du coton, sans faire de bruit, et s'est immédiatement allié à FIAT, lui-même moribond. Un mariage, deux enterrements ? GM est en soins palliatifs et a retrouvé son cours de... 1933. (j'aime bien cette association entre GM et 1933, pas vous ? Manquerait plus qu'ils déposent le bilan à Nuremberg et on pourra dire qu'ils ont péri là où ils ont péché...)

Et la cerise sur le gâteau de la maison de retraite du capitalisme, ce sont les "stress tests", effectués par les autorités US sur ses 19 plus grosses banques.
Un "stress test", c'est quoi donc ? Officiellement, c'est une belle étude vachement balaise qui va faire une autopsie des banques encore vivantes. Le but est de savoir si elles ont assez de capitaux ou pas. (On se doute que les mecs qui font la belle étude sont les mêmes que ceux qui avait déjà dit, avant, de combien de capitaux elles devaient disposer pour éviter une crise et s'étaient donc plantés. Mais passons).
Donc le résultat, c'est quoi ? c'est que les banques US doivent encore trouver 75 Mds de dollars et après, hop, on est tranquilles.
Ah.
Et officieusement, comment ça marche ?
Alors, vous êtes le gouvernement US (oui, bon pas de bol, c'est sur vous que ça tombe). Vous vous mangez une crise du feu de Dieu (ça, vous êtes au courant). Vous passez donc à la télé, vous créez des "plans" et vous y mettez des milliards pour les refiler aux banques. des centaines. Genre 700 milliards. Un monstrueux tas de milliards comme on n'en a jamais vu. Vous laissez mijoter, confiant.
Quelques semaines plus tard, vous soulevez le couvercle.
Et là, c'est le drame.
Vos banques ont quasiment tout bouffé, et elles ne vont pas mieux du tout.
Vous venez de cramer 600 milliards, il vous reste au moins autant de chemin à faire et vous n'avez plus que... 100 milliards.
Vous êtes dans la merde.
C'est alors qu'un de vos conseillers entre :
Lui : j'ai une idée, on va faire des stress tests.
Vous (embrumé) : "gnein ? lé con lui ou koi ?"
Lui : mais si, pour dire aux gens combien il faut pour sauver le monde.
Vous (agacé) : t'as une idée de combien il faut, ducon ?
Lui : Euh... ça dépend, il nous reste quoi ?
Vous (dépité) : 100 milliards
Lui : ben voilà, on a qu'à dire 75 milliards.
Vous : (...)

Voilà, un stress test, c'est ça. ça marche assez bien. On va peut-être en faire aussi en Europe, du coup.

Bref... ça, c'était pour les stars.
Côté coulisses, je ne vous fait pas le topo, c'est pire. Le chômage explose partout, les déficits publics s'envoient en l'air, etc.

Alors la suite ? (hein dis Aureliano, la suite ?)
Si on regarde la cause des causes de cette crise, le déficit commercial US, on voit quoi ?
Il s'est réduit très violemment et très rapidement (de moitié environ en 6 mois). Mais il est toujours là, le bougre. Est ce qu'il va continuer à se réduire ou recommencer à se creuser ? on sait pas. Pendant ce temps, le problème continue donc de s'aggraver, les "bulles" de crédit continuent à enfler, même si elles crèvent les unes après les autres.
Et côté financement ? ben on voit plus rien.
Et sur le reste, c'est pareil. Prenez n'importe quelle courbe de n'importe quel indicateur économique au pif, vous verrez qu'il est parti violemment à l'inverse de sa tendance précédente il y a quelques mois. Et vous en tirerez quoi ?
quedalle.
Je vous le dit franchement, autant il y a quelques années, on voyait clairement (si on regardait hein !) qu'on allait se prendre un mur, autant là, on n'y voit plus rien.
déflation ou hyper inflation ? aucune idée. Peut-être bien les deux.
En 2010, croissance ou récession ? Pfffou... autre chose ?
Crise longue ou choc violent et court ? balala...
Attention hein, je ne dis pas "on ne sait pas trop, donc ça doit être entre les deux", je dis "la situation est bien pire qu'avant : avant, on voyait, maintenant on ne voit plus rien".

Un peu comme si on s'était lancé à 200 à l'heure à contre sens sur l'autoroute.
Avant, on voyait encore à travers le pare-brise. Là, on s'est déjà mangé un premier truc, c'est sur. On a probablement ralenti, du coup. On n'en sait rien, parce que tous les compteurs ont sauté et indiquent n'importe quoi. Le pare brise est en miettes, et on ne voit plus dehors. Mais on continue.
Alors vous dire si ça va mieux.. ben... à votre avis ?

Tout ça pour dire que l'économie, c'était bien sympa, on en a eu pour notre argent, on n'est pas déçu. Mais comme je le dis depuis des plombes sur ce blog, je crois que ça va maintenant se dérouler sur un autre terrain. La conjonction de ces crises (économique, énergétique, climatique, écologique, etc.) est en train de trouver sa petite soeur politique.
Et ça ne m'étonnerait pas que ceux qui regardent en permanence à gauche, à droite ou au milieu ratent l'essentiel, qui est en train de se dérouler partout ailleurs, en dessous, au-dessus, devant. Ailleurs.

Si vous avez raté le début, jetez donc un œil du coté de The Pirate Bay, du Earth Liberation Front ou de Tarnac.
Laissez trainer vos neurones du côté de Wikipedia, Indymedia, i-predator, de certaines SCOPs et quelques eco-villages.
Passez une tête à un G8, un sommet de l'OTAN, une AMAP, un SEL, une conférence sur les monnaies virtuelles...

Quel est le rapport entre tout ça ?
Si je vous dis "un drapeau noir", vous le voyez maintenant ou pas ?

lundi 16 mars 2009

Madoff, Obama : même combat ?

Pour ceux qui ne consulteraient pas régulièrement ce blog (6 milliards moins quelques centaines par jour environ), le point de vue qui y est développé depuis fin 2005 est celui de la survenue d'une crise économique d'une ampleur sans précédent, dont les conséquences, ajoutées à celles des crises climatiques, écologiques, sociales, culturelles et politiques en cours auront pour effet le passage d'un système économique (appelons-le "capitalisme" pour faire simple) à un autre. Notamment par la faillite pure et simple des Etats.

S'il y a maintenant un certain accord sur la crise (c'était moins le cas il y a 4 ans...), on est encore loin du consensus sur ses conséquences.

Notamment parce que beaucoup (souvent ceux qui considéraient l'été dernier que "le plus gros était dernière nous") s'obstinent à ne vouloir voir dans cette crise qu'un épisode, un accident de parcours, après lequel tout redeviendra comme avant. Ce serait bien mal comprendre l'ampleur des forces en jeu aujourd'hui. Ce serait fermer les yeux bien fort pour refuser l'évidence : les prochaines institutions à mordre la poussière seront... les Etats eux-mêmes, avec en point d'orgue la faillite de l'Etat US.

Alors évidemment, lorsque ce genre de choses est annoncé, comme depuis des décennies, par quelques écorchés isolés, ou, comme ici, sur quelques blogs irrévérencieux, ça fait sourire. Mais on vient de changer de braquet d'un coup avec la splendide comparaison, due à Nouriel Roubini, pas moins, entre l'arnaque Madoff (et les schémas de Ponzi) et le fonctionnement de l'économie américaine.
(pour les habitués, oui, je voulais le faire, je me suis fait griller par Roubini, c'est plutôt classe et ça m'apprendra à poster plus souvent)

Qu'a fait Madoff ?
Il a utilisé son nom, son aura, sa crédibilité, pour dire à un premier zozo "Prête moi 10 000 $, je te garantis 10%".
La première année, il verse effectivement 1000$ d'intérêts au zozo. Mais pas sur le résultat d'éventuels placements bien pensés... sur ces propres 10 000 $ !
Il lui reste 9 000.
Il trouve 9 autres zozos... "prête moi 10 000 blabla, 10%".
Il leur verse leur 1000 chacun, et paye les 1000 d'intérêts du premier sur les 90 000 qu'il vient d'encaisser.
Et ainsi de suite jusqu'à 50 Mds de dollars.
Et que fait-il si jamais le premier vient lui réclamer sa mise de départ ? Il lui rend l'argent... des autres.
ça fonctionne extrêmement bien tant que tout le monde ne vient pas retirer son pognon en même temps.

Que fait une banque ?
La même chose.
La MÊME CHOSE !
Les intérêts qu'on vous verse, l'argent qu'on vous prête, celui qu'on vous rend si vous réclamez le vôtre, c'est le capital des autres. Une banque a généralement en réalité moins de 10% des sommes qu'elle a engagé ailleurs. Et que fait-elle si vous retirez votre argent ? Elle les "emprunte" à quelqu'un d'autre. ça fonctionne extrêmement bien...
... tant que tout le monde ne vient pas retirer son pognon en même temps.

Que fait l'économie américaine dans son ensemble ?
La même chose.
Elle alimente une formidable bulle de surconsommation (dont elle se nourrit) avec de l'argent qu'elle n'a pas et qu'elle doit à d'autres. ça fonctionne extrêmement bien...
... tant que, etc.

Et que fait Mr. Obama en ce moment ?
La même chose.
Obama se retrouve tout en haut d'une gigantesque pyramide de Ponzi mondiale, qu'aucun cerveau humain n'a jamais imaginé (ni ne peut, de fait, contrôler) et il fait quoi ? Il trouve un premier zozo et lui dit "Prête moi 1 000 Mds, je te garantis 1%"... Il distribue alors des brassées de billets qu'il n'a pas et paye les intérêts du premier avec...le capital qu'il a emprunté à d'autres. ça fonctionne extrêmement bien...
etc.

C'est bien cette pyramide là qui est en train de s'effondrer sous nos yeux.
Et ce n'est pas la faillite de GM, Citigroup, Bank of America ou Nortel qui est en jeu, mais bien celle d'un système entier, basé sur un des plus gros mensonges de l'histoire humaine : le fait que "l'argent travaille".

NB : Le moindre étudiant en économie vous dira facilement "Pfff, c'est du grand n'importe quoi du début à la fin". Il n'a pas complètement tort. Mais en réalité, si. Le mieux est de répondre à chacune de ces affirmations "Ah, ok, je comprends mais alors d'où vient cet argent ?" (genre : "Mais, c'est les chinois qui prêtent !" Ah ok mais alors d'où vient leur argent ? "ben, des exportations !" Ah ok, mais alors d'où vient cet argent ? "ben, des consommateurs américains !" ah ok, mais alors...)
NB2 : Au-delà de l'étudiant, vous avez le prof d'éco. Lui s'intéressera peut-être un peu plus et dira "Mouais, ce serait nier qu'il y a quand même création de valeur". Bon, il a raison. Ok. Mais dans des proportions sans commune mesure avec l'augmentation de la valeur "factice" en circulation. Ce que certains appellent la "déconnection" avec l'économie réelle. (ça ne veut rien dire, mais bon c'est à la mode). Au-delà du prof, vous avez "l'économiste". Alors là, ça se complique. Vous en prenez normalement pour une heure (s'il daigne adresser la parole à un profane). Et ce qu'il dira dépendra très largement de "l'école" à laquelle il appartient. (écoles qui, soit dit en passant, ont toutes démontrées leur inefficacité notoire dans cette crise).
NB3 : Comme annoncé ici il y a quelques temps, les premiers signes de défaillance des Etats sont en cours. (abaissement des notes "souveraines" de plusieurs pays occidentaux, situation ultra complexe à l'Est et, dernier épisode en date, l'article de Roubini.

NB4 (et un peu plus sérieusement) : je vais peut-être vous étonner, mais nos gouvernants ont bien entendu conscience de l'énormité de ce qu'ils sont en train de faire. Il semble que le plan pour sortir de cet amoncellement de dettes sans précédents soit l'inflation. Quelques années de très forte inflation (plus de 10%) et hop, la valeur de la thune est laminée, donc la dette aussi.
Sur le papier, c'est bien mignon (et encore, avec une sacrée casse au passage). En réalité (mais quelque chose me dit que nous aurons malheureusement l'occasion d'en reparler longuement), il semble que :
- d'abord, on n'en est pas là. Pour peu qu'on passe carrément en déflation, on en sort pas en claquant des doigts.
- ensuite, les sommes en jeu sont telles, que vouloir "aplanir" ces montagnes par de l'inflation semble plus tenir de l'apprenti sorcier que la soi-disant "science économique".

Bonne nuit à tous et à toutes,
et à bientôt pour de nouvelles aventures.

mardi 10 février 2009

Système bancaire : le NPA démarre avec... un siècle de retard.

Je dois l'avouer, j'aurais bien aimé.
J'aurais bien aimé que ce Nouveau Parti Anticapitaliste, au-delà du nom le plus nul de l'histoire (après le Modem, peut-être) puisse faire un peu bouger les choses. ça parait mal barré...

A la question "Quel rôle votre parti donnerait-il aux banques ?", son médiatique porte-parole répond (sur rue89) : "On ne préconise pas simplement de nationaliser les entreprises bancaires qui sont en train de s'écrouler dans le cadre de l'économie de marché, mais de réunifier toutes les banques, qu'elles soient publiques ou privées, dans un seul et même service public bancaire, qui soit placé sous le contrôle des salariés, des consommateurs."

Et là, tout s'effondre.
Mais comment peut-on faire des propositions d'un tel archaïsme ? Merde, on est encore en pleine Union Soviétique là ! Centralisation, Etatisation, etc. Que de la daube.
Moi qui espérait qu'ils avaient un peu dépassé ça, ben non.

C'est trop nul.
Mais quand est-ce que tout ce petit monde va faire preuve d'un peu d'imagination ? ou ne serait-ce qu'ouvrir les yeux ?
Entre ceux qui veulent continuer comme avant en maquillant un peu mieux le truc, ceux qui nous ressortent Keynes (bientôt un siècle aussi, merci) et les drapeaux rouge du siècle dernier, on est aidés, tiens !
ça me fout les boules.

Ma banque, c'est la NEF (avec le soutien du crédit coopératif). Ses choix d'investissement me conviennent, sa gouvernance aussi ,c'est une coopérative. J'en suis super content. Et même presque fier, mais bordel, pour rien au monde je ne voudrais que ce soit la seule !

Et si je me trompe ?
Et si d'autres gens ont envie de faire d'autres choix ?
La standardisation, l'uniformisation, c'est dangereux ! comment faut leur dire ?
Dans un monde complexe, nous avons besoin de diversité.

Di-ver-si-té.

là.
On peut tout à fait avoir un système de banques coopératives (donc, à mes yeux, post-capitalistes) qui soient en concurrence entre elles, qui fassent des choix différents, chacune étant contrôlée par ses salariés et ses clients mais surtout pas par l'Etat !

Je sens qu'il va encore falloir se taper le boulot...

jeudi 22 janvier 2009

Ceci n'est pas une crise

Nouveau signe de l'évolution rapide vers la panique, des contrôles de plus en plus autoritaires de l'info : dernier épisode en date en Corée (du Sud, si, si...), où un bloggeur "qui avait prédit un marasme financier pour son pays a été inculpé pour propagation de fausses informations qui ont, selon l'accusation, porté atteinte à la monnaie locale, le won. Lorsque les marchés sud-coréens se sont effondrés à la fin de l'an dernier, ébranlés par la crise mondiale, les autorités ont fait savoir qu'elles réprimeraient les rumeurs malveillantes et certains analystes ont dit avoir subi des pressions afin qu'ils évitent d'exprimer des vues négatives sur l'économie." (Source Reuters)

Aucune idée de ce qu'a réellement raconté ce petit gars. Probable que Reuters fasse un peu mousser. Probable aussi qu'il n'arrive finalement rien à ce bloggeur, mais que le message gouvernemental passe quand même : "Tais-toi ou je te tape". Heureusement, c'est pas dans notre beau pays que ça arriverait...

jeudi 15 janvier 2009

Entreprise, capitalisme et économie de marché

Allez hop, deux posts en deux jours, c'est la fête.

D'abord un petit exemple en live de ce que j'évoquais dans mon post précédent, à savoir, "tout le monde le sait, mais tout le monde se tait". Voici, via contreinfo, la traduction d'une tribune de Martin Wolf, dans le FT. Comme vous pouvez le voir, il aborde, à la fin et en quelques lignes, le sujet principal de ce blog.

je cite :
"Le déficit de la balance courante doit également être réduit. Le secteur privé US n’est plus en mesure de vivre à crédit pour compenser les déficits de la balance extérieure, et le gouvernement ne pourra se le permettre que quelques années. A long terme, l’économie mondiale doit être rééquilibrée. C’est un défi politique international gigantesque, mais indispensable pour assainir la situation."

Comme vous le voyez, il est conscient du truc, mais il ne déroule pas. Et comment on fait garçon ?
Et les conséquences si ça ne marche pas ? Et si ce n'était tout simplement pas jouable ? ou pas dans le timing ?

Mais bon, ce qui a motivé ce mini post est un autre article, des Echos cette fois.

On y lit que Mme Parisot aurait déclaré : "Il faut que le grand public comprenne que c’est par l’entreprise qu’on trouvera la solution vers la croissance, pas par les Etats, pas même par la coopération des Etats".
Je vais peut-être vous étonner, mais je ne suis pas loin d'être d'accord. Je suis même tout à fait d'accord. (à part sur l'appellation "croissance", mais c'est un autre (immense) sujet).
Là où on diverge, Laurence et moi, c'est qu'elle reste dans une vision du monde totalement dépassée, obsolète, et étonnamment, la même que celle des syndicats ou de ce qu'il reste de la gauche. Une vision du monde où il n'y aurait que le secteur privé capitaliste et le secteur public.
Ben faut sortir Laurence. Sortir et se taire. Et regarder, sentir. Et réfléchir.

Oui, je crois aussi que l'entreprise (et au delà, l'initiative humaine) est un formidable moteur. Oui, je crois qu'il faut miser là dessus. Mais si on veut mettre ce moteur splendide au service de la planète et de l'humanité, il va falloir le libérer. Car il est aujourd'hui totalement soumis à un seul maitre, un seul objectif : la rémunération du capital. Ce qui n'était qu'un moyen est devenu un but. Et nous avons là un gros bug.
Heureusement, Laurence, (et les autres), vous vous plantez.
Parce qu'il n'existe pas que du privé capitaliste et du public. Il y a aussi du privé non-capitaliste. ou "post-capitaliste". Il n'y a même quasiment que ça. Et si on souhaite réellement libérer l'entreprise, alors c'est de cet esclavage là qu'il faut la libérer : la rémunération du capital. Autrement dit, le vol. Le capitalisme est un dévoiement, un parasitage de l'entreprise.

L'entreprise moderne et libre, celle du 21eme siècle, se situe "après le capitalisme".
Your kingdom is doomed, guy's...

Pour finir, un autre extrait du même article, où le Parisot allemand, Mr Jürgen R. Thumann, estime qu'il est crucial de ne pas autoriser les gens qui ont des priorités politiques très différentes à exprimer leur opinion pour dire que +le capitalisme, c'est fini, le libre échange, c'est fini+".

On le voit, le libre-échange, chez ses gens là, ce n'est en tout cas pas celui des idées ! :-)

hé. tu sais quoi, Thumann ? On t'emmerde.

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