Salut tout le monde,
Finalement, j'avais besoin d'une bonne pause. Presqu'un an, c'est pas mal...
et ce n'est pas fini.
Je repars tout de suite, je suis pressé.
Ci-dessous, en quelques mots :
- Où j'en suis, qu'est ce que je deviens, tout ça.
- mon point de vue en trois phrases sur l'économie aujourd'hui
- l'avenir de ce petit blog.
Alors, ma pomme :
En gros, j'ai décidé de mettre ce que je fais en cohérence avec ce que je
pense.
Oui, une idée bizarre.
Et ça m'occupe pas mal, parce qu'il y avait du boulot !
Comme certains ici le savent, notamment parce que je ne l'ai jamais caché,
j'étais il y a encore un an ce qu'on appelle un "entrepreneur". J'avais créé et
je dirigeais une agence de communication sur Internet. Et depuis un an, je suis
en train de devenir... tintintin...
Agriculteur bio.
Si.
Maraîcher bio pour être précis.
J'ai bientôt terminé ma formation (BPREA) et j'enchaine cet été sur un stage de
plusieurs mois. J'ai acheté le mois dernier une propriété avec un peu de
terrain, je déménage fin juin et je devrais m'installer officiellement comme
maraîcher au printemps prochain. Voilà.
C'est ça aussi (d'abord ?), la fin du capitalisme : des gens qui arrêtent
petit à petit de nourrir la bestiole.
Mais on y reviendra.
L'économie; maintenant :
Pour les quelques uns qui sont arrivés pendant la pause, je n'ai jamais pensé
que le capitalisme allait s'effondrer tout seul, comme par enchantement.
J'envisage plutôt un processus dynamique, fin, complexe et souvent
imperceptible, de décrépitude du système économique en place (que j'appelle
"capitalisme" pour simplifier) et son remplacement graduel par un ou plutôt des
autres, qui ne vont pas tomber du ciel et encore moins d'une théorie
pré-pensée, mais qui seront au contraire le résultat de ce que beaucoup de
monde est déjà en train de construire, petits bouts par petits bouts, sans que
personne ait une idée de ce que donnera l'ensemble au final. Bref, où en est
notre bonne crise ?
Le processus qui est décrit dans ce blog depuis le tout premier post en 2005
est toujours à l'oeuvre. Ce beau système capitaliste, que beaucoup prennent
pour une splendide machine de guerre, championne de l'efficacité et capable
d'absorber tous ces concurrents, et qui n'existe en réalité que parce qu'il est
subventionné, perfusé en permanence par les Etats, est en train de scier la
branche sur laquelle il est assis (ou la main qui le nourrit, comme vous
voulez).
On se dirige tranquillement vers ce qui était encore impensable il y a quelques
années (et qui l'est toujours en théorie économique) : la faillite des
Etats.
Avec un an de recul, ça se voit déjà aujourd'hui beaucoup mieux. En Grèce
évidemment (et la Grèce, économiquement, c'est pas le Bangladesh), mais aussi
dans toute l'Europe du Sud, y compris l'Italie (une des 10 premières économie
mondiale, quand même !) et globalement un peu partout, jusqu'à la locomotive
ultime, les US.
Les désormais célèbres agences de notation ont déjà envoyé plusieurs alertes
sur une possible révision de la note de la dette des US. Traduction : le
remboursement est "moins sur" qu'avant. Et avec cette idée, c'est un tabou
gigantesque qui se brise. Demandez à n'importe quel économiste :
Théoriquement, les US ne PEUVENT PAS faire faillite. Là, c'est écrit et c'est
tout.
Ils ne pouvaient pas non plus perdre la guerre du Vietnam.
Avec cette idée, c'est le socle ultime qui se fissure : celui de la
confiance, et donc de la possibilité de l'existence du crédit. Car c'est bien
là l'unique carburant du capitalisme : le crédit. Le capitalisme ne crée
pas de valeur : il emprunte. Il "fabrique" du crédit.
Que va devenir ce blog ?
Sincèrement, pour l'instant, je n'en sais rien. J'ai très, très peu de temps et
ça risque de ne pas s'arranger.
J'essaierai de refaire quelques passages de temps en temps, peut-être à partir
de cet été. On verra.
J'ai envie d'aborder la construction des alternatives par du concret. Peut-être
en vous racontant en live ma petite aventure personnelle. En en décrivant
d'autres, différentes, et qui s'inscrivent pourtant dans la même
dynamique.
Le plus important aujourd'hui, c'est la petite pierre que chacun de nous va
apporter à la construction de ces nouveaux systèmes.
Le capitalisme disparaitra simplement parce que nous n'en n'aurons plus besoin.
Parce qu'on ne s'en "servira" plus.
ça ne se voit pas encore, depuis les palais, mais l'empire est en pleine
déchéance. Ses élites sont gangrenés, certains n'y croient déjà plus.
Et les "barbares" sont aux frontières. A toutes les frontières, intérieures,
extérieures, celles des idées, celles des réalisations. Le dynamisme,
l'évolution ont changé de camp.
Bon, assez parlé pour cette fois.
Et vous, ça va ?
