Cacophonie au coeur du système
Par Aureliano Buendia le lundi 9 juillet 2007, 11:56 - Lien permanent
Les critiques visant le système économique actuel ne sont désormais plus l'apanage de quelques milieux avant-gardistes, mais sont en train de se répandre jusqu'au coeur du capitalisme.
Ce week-end a Aix-en Provence, un joli parterre de grands patrons et d'économistes ont mis la bête sur le billard, pour tenter de comprendre ce qui buggait là dedans. Les critiques ont apparemment fusé de toutes parts. Si tout celà semble encore manquer singulièrement de cohérence, on ne peut que noter l'amplification de la crise de confiance qui atteint aujourd'hui, et enfin, les acteurs eux-mêmes.
"On ne voit pas les pilotes qu'il y a dans l'avion où nous sommes" face aux enjeux climatiques, à la raréfaction des richesses naturelles et à "l'accroissement intolérable des inégalités entre Nord et Sud", s'est désolé le patron du groupe bancaire franco-belge Dexia, Axel Miller, en dénonçant le "veau d'or du capitalisme".
Comme on le notait ici-même la semaine dernière, les 3 plus grandes institutions de diffusion du capitalisme mondial sont aujourd'hui en crise. De nombreux économistes, Stiglitz en tête, tirent la sonnette d'alarme depuis déjà plusieurs années. Ce sont aujourd'hui les grands patrons qui commencent à douter...
La peur a changé de camp et seuls
quelques dinosaures des milieux politiques semblent
désespérément s'accrocher, telle la moule à son rocher, au mythe du siècle
dernier, celui d'un capitalisme "humain", régulé, cadré.
C'est aujourd'hui non pas un des éléments du capitalisme qui s'effrite, mais son ciment principal : la confiance.
Commentaires
Au sujet du fantastique (à tous les sens du terme, youpie!) déclin du FMI (merci Nestor!) un article fait l'historique et le bilan:
http://risal.collectifs.net/article...
[RISAL] Mark Weisbrot : « L'influence du FMI ne cesse de décliner »
Il y a le dollar, son deficit qui noue tout le monde et son armee pour ceux qui doutent. Pour reguler le capitalisme, c'est deja pas mal...
Ils sont pas mal, Patrick Artus et d'autres, a decrire la senilite de ce systeme qui absorbe plus qu'il ne cree. On passerait a quel systeme, tiens ?
Encore une institution typique de "cette étrange dictature" , CIRPI, est maintenant non seulement dénoncée mais boudée, :
http://risal.collectifs.net/article...
Un petit mot histoire de faire récupérer ta place de leader!
Pour ma part, je pense que le système importe peu, il faut juste ne pas oublier que l'économie est un outil au service de l'Homme. Or, aujourd'hui, nous travaillons pour maintenir en place un système qui ne convient à personne ou presque! L'échange enrichit, certes, mais l'échange pour échanger, c'est idiot!
Il est nécessaire de s'attaquer au coeur du problème: quel projet de société voulons-nous?
A+
Gael.
> Roland : merci pour les liens très chouettes. Risal est assez inégal mais il ya parfois de vraiment bons trucs. En tout cas, c'est à peu près le seul moyen que j'ai trouvé pour avoir une idée de ce qui se passe en Amérique latine.
> O. et Gael : bougez pas de là, je prépare un post un peu long (pour demain normalement) qui essaiera d'apporter des éléments de réponse.