Les critiques visant le système économique actuel ne sont désormais plus l'apanage de quelques milieux avant-gardistes, mais sont en train de se répandre jusqu'au coeur du capitalisme.

Ce week-end a Aix-en Provence, un joli parterre de grands patrons et d'économistes ont mis la bête sur le billard, pour tenter de comprendre ce qui buggait là dedans. Les critiques ont apparemment fusé de toutes parts. Si tout celà semble encore manquer singulièrement de cohérence, on ne peut que noter l'amplification de la crise de confiance qui atteint aujourd'hui, et enfin, les acteurs eux-mêmes.

"On ne voit pas les pilotes qu'il y a dans l'avion où nous sommes" face aux enjeux climatiques, à la raréfaction des richesses naturelles et à "l'accroissement intolérable des inégalités entre Nord et Sud", s'est désolé le patron du groupe bancaire franco-belge Dexia, Axel Miller, en dénonçant le "veau d'or du capitalisme".

Comme on le notait ici-même la semaine dernière, les 3 plus grandes institutions de diffusion du capitalisme mondial sont aujourd'hui en crise. De nombreux économistes, Stiglitz en tête, tirent la sonnette d'alarme depuis déjà plusieurs années. Ce sont aujourd'hui les grands patrons qui commencent à douter...

burning dollar La peur a changé de camp et seuls quelques dinosaures des milieux politiques semblent désespérément s'accrocher, telle la moule à son rocher, au mythe du siècle dernier, celui d'un capitalisme "humain", régulé, cadré.

C'est aujourd'hui non pas un des éléments du capitalisme qui s'effrite, mais son ciment principal : la confiance.