Après le capitalisme
Par Aureliano Buendia le mercredi 11 juillet 2007, 14:00 - Lien permanent
Je parle de fin du capitalisme depuis de nombreux mois maintenant. Et les critiques ou moqueries, si elles n’ont pas encore cessé, passent peu à peu de « Boarf » ou « Meuuhh non ! » à « Bon ok, mais qu’y a-t-il après ? ». En d’autres termes, existe-t-il des alternatives ?
Alors à force de répéter la même chose, je me suis décidé à l’écrire. Il y en a plein, des alternatives au capitalisme. Des tonnes. L’embarras du choix.
N.B : Je ne rentrerai pas ici dans l’éternel débat « qu’est-ce que le capitalisme ? », en quoi peut-on dire qu’une activité est capitaliste ou pas ? etc. et je me contenterai de lister des initiatives existantes qui remettent en cause de façon fondamentale certaines de ces caractéristiques. La plus cruciale à mes yeux étant la recherche du profit comme moteur principal de l’activité (et plus exactement, la course sans fin à la rémunération du capital).
NB2 : A mon avis, le capitalisme ne sera pas remplacé par un « dogme », par un système prépensé et prémaché. (il en existe pourtant, par exemple, le « Parecon » de Michael Albert). Personne n’a d’ailleurs jamais imaginé le système actuel. Il s’est construit comme il est en train de s’effondrer, peu à peu, par petits touches avec parfois des ruptures de phase, beaucoup plus marquées. Le capitalisme subit aujourd’hui les assauts multiples et divers d’une véritable « guérilla économique ». Comme toute guérilla, elle est menée par des petits groupes, très mobiles, très différents, souvent autonomes, qui tissent peu à peu des liens (non hiérarchiques) entre eux et constituent peu à peu un véritable réseau de résistance(s).
Logiciel libre
On commence par le secteur le plus
développé, le plus puissant et aussi le plus discutable : le logiciel
libre. Dire que le logiciel libre est (ou n’est pas) anti-capitaliste n’a
évidemment aucun sens. Le logiciel libre est le logiciel libre et
basta.
De nombreuses entreprises capitalistes traditionnelles en ont même fait leur
cheval de bataille. Reste quand même que les multiples structures, réseaux,
communautés qui l’animent :
- expérimentent de nouvelles formes d’organisation et de travail en commun
(donc de nouvelles formes d’entreprise au sens large)
- rémunèrent souvent le travail, mais pas le capital
- ont largement contribué, en redéfinissant les contours des droits d’auteur, à
diminuer la main mise du capitalisme sur la propriété intellectuelle.
Et pour ceux qui auraient encore l’impression que « ok, mais bon c’est
« virtuel » (si, si, il y en a) on parle tout de même ici d’un marché
annuel de 400 Mds de dollar, sonnant et trébuchant. Parmi les stars de ce
secteur, citons rapidement Firefox, Thunderbird, Open Office, Linux, Apache, My
SQL…
En bref, si le secteur ne peut en aucun cas être qualifié dans son ensemble d’anti-capitaliste, il contient indéniablement de nouvelles formes d’entreprise qui constituent des alternatives concrètes. Enfin, la proximité de l’organisation générale du secteur avec l’autogestion, chère à certains altermondialistes, voire avec certains concepts de base de l’anarchie ne peut que sauter aux yeux.
Connaissance libre
On en arrive tout naturellement à Wikipedia. Peut-être l’un des projets les plus importants au monde, 7,5 millions d’articles rédigés par plus d’un million de gens en 253 langages, qui n’est pas sans rappeler l’encyclopédie de Diderot et D’Alembert… et ses conséquences politiques. La plus grande base de connaissance au monde n’est pas une entreprise capitaliste. Libre, gratuite, pas de profit, pas d’accumulation du capital, des problèmes à tous les étages… « et pourtant, elle tourne ».
Culture libre ?
On reste sur Internet pour glisser vers les très controversés réseaux peer-to-peer… certains diront qu’en détruisant le business des majors (-25% de CA en quelques années, -17% sur les ventes de CD uniquement sur le premier trimestre 2007 !), ils mettent en danger la création artistique. Je ne le crois pas, au contraire.
Les coopératives
On passe dans ce que certains appellent encore le « monde réel »
pour un survol rapide des SCOP. En très gros, les SCOP sont des SA ou SARL
:
- Qui plafonnent la rémunération du capital
- dont les employés sont « propriétaires » (il détiennent au moins
55% du capital)
- démocratiques (les employés détiennent au moins 65% des droits de vote et
choisissent donc les dirigeants)
- et dans lesquels les plus-values sont impossibles (les parts sont remboursées
à leur valeur nominale).
Et bien les SCOP, rien qu’en France, ce sont plus de 1600 entreprises, 36 000 employés et 3,1 Mds d’euros de CA ! En Europe, on parle de 65 000 entreprises et 1,3 millions d’emplois !
La banque...
On poursuit la plongée vers le cœur de la bête, pour arriver là où ça fait mal… Petit passage, d’abord, par l’énergie pour saluer l’arrivée d’Enercoop, fournisseur d’électricité 100% renouvelable et qui est… une coopérative !
Et puis on arrive au centre. Au cœur du réacteur. Le secteur bancaire et…
les medias.
Vous ne connaissez peut-être pas encore la NEF.
La NEF, c’est, en gros, une banque. (coopérative, évidemment). Mais surtout, la
NEF rend à ses clients le pouvoir de décider de ce qui sera financé avec leurs
thunes ou pas. (NB : pouvoir que vous n’avez pas dans votre banque
actuelle ; en ce sens, en augmentant la liberté ET la responsabilité de
chacun, la NEF est étonnamment plus près des idéaux de base des libéraux que
n’importe quel autre organisme financier…). A ce jour, vous avez le choix entre
le financement de projet dans l’agriculture bio, le développement social et
solidaire, les énergies renouvelables, la culture, etc.
Alors ok, la NEF, ce n’est pas encore la puissance de la BNP. Mais on y va. Au
départ, la NEF, c’est plutôt une bande de potes. Aujourd’hui, ce sont déjà près
30 millions d’euros d’épargne collectée auprès de plus de 16 000 sociétaires,
et, surtout, près de 20% de plus chaque année… et là, la BNP… ils ne peuvent
plus s’aligner.
...et les medias
Et je termine par les medias. Les medias, ce sont non seulement le quatrième
pouvoir, les contenus, les actus, l’info, l’influence, mais aussi le pub, la
consommation… Là aussi, le capitalisme, hier omniprésent, omnipotent, est
assailli par des nuées d’initiatives individuelles (blogs, medias
collaboratifs, réseaux, lettres d’infos) qui lui arrachent peu à peu du
« temps de cerveau disponible ».
Et si hier encore ça faisait sourire, ça commence à faire mal… Libé est au bord
du gouffre, Le Monde n’est pas frais, et (et c’est un comble) les deux temples
que sont les Echos et La Tribune commencent à battre de l’aile, obligeant les
véritables « donneurs d’ordre » du monde médiatique (Marchands
d’arme, fonds d’investissements, Etats…) à sortir de l’ombre pour voler au
secours de leurs petits soldats. Je n’aborde pas ici des secteurs « alliés
», le bio, l’équitable, etc. faute de place. Mais ils existent aussi.
Aujourd’hui, ce sont donc des millions de gens qui montent et participent à des
initiatives de toutes sortes, dans le monde entier, qui grignotent peu à peu du
terrain et contribuent à construire, pas à pas, l’après capitalisme.
"Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme"
Certains considéreront qu’il ne s’agit pas ici de « fin » du
capitalisme, mais plutôt de mutations. Si ça peut les rassurer, tant mieux. Je
considère (mais c’est une question de point de vue) que des entreprises qui ne
rémunèrent plus ou plafonnent la rémunération du capital, dans lesquelles
plus-values et spéculation deviennent obsolètes et qui redéfinissent
complètement la propriété et la gouvernance des moyens de production ne
sauraient être considérées plus longtemps comme « capitalistes
».
S’ils faisaient sourire hier encore, ces mouvements sont en train de taper de plus en plus fort, jusqu’à s’attaquer au cœur même d’un système dont les partisans ne sont pas du genre à plaisanter. On commence même à murmurer que, dans l’ombre, sans faire les gros titres, « la quatrième guerre mondiale a commencé ».
Commentaires
Beau lifting. Le fond était déjà séduisant, la forme devient des plus alliciante.
Ma réflexion actuelle sur l'avenir du capitalisme, les modes alternatifs etc se fondent bcp sur ce que je peux lire ici, merci bcp.. on se sent moins seul.
Mais comme on a raison...
: )
Il viendra bien ce temps ou l'on trouvera delirant qu'un riche aie pu acheter des droits de decision sur une communaute de travailleurs.
Et en restant le cul dans son fauteuil.
Et en prelevant le fruit du travail d'autrui.
Apres tout, il fut une epoque ou le tiers Etat n'etait qu'une voix, ca parait fou aujourd'hui.
Preparons le changement de paradigme tandis que la crise de legitimite fermente.
Pour voir ce qu'en pensait des hommes libres des années 30 voir ici ( à imprimer, copier-coller, graver dans le marbre ou dans cette matière molle qui nous sert de cerveau ):
http://henrialberti.blogspot.com/20...
merci auréliano pour cet article, ça met les idées au clair, ça encourage, et comme le dit le précédent commentaire : on se sent moins seul !
ps : j'ai vu valentin ce week end et j'en ai profité pour lui parler de ton initiative. je lui ai posé la question de savoir si Gandi était viable. ll m'a répondu que de toute façon l'on ne pourra pas empêcher les nouveaux propriétaires de Gandi de rémunérer le capital s'ils le veulent.
à+ auréliano
Merci Josette.
Evidemment, l'idéal serait que gandi se transforme en SCOP ou assimilée. Ou s'engage statutairement à plafonner la rémunération du capital. Ce serait tout à fait cohérent avec l'esprit du truc.
Bref, en attendant, il n'y a qu'à rester vigilant et décamper vers lautre.net ou ouvaton.org si gandi se met à déconner.
C'est quand même la classe : même pas encore de problème, et déjà des solutions...
Les coopératives, bon! (c'est un peu comme la fameuse "autogestion" d'ailleurs, je crois que si on avait essayé, ça aurait connu la même évolution, d'ailleurs le grand champion de l'autogestion de 1970, la CFDT, est devenue depuis le super syndicat "JAUNE"!!! main dans la main avec le patronat flexibiliseur!) il faut voir les problèmes après (je crois d'aileur qu'il y a une "pesanteur" pour tout, c'est peut-être pour ça que les "néo-libéraux" disent que le capitalisme "c'est naturel") outre que des fois ça se casse la geule; mais celles qui réussissent, il faut voir ce qu'elles ont devenues depuis. Je ne sais pas si vous avez travaillé dans le secteur agricole, mais je vous assure que la différence qu'il y a entre les "Coopératives agricoles" et les négociants privés, c'est simplement que les négociants sont plus petits! Tandis que les coops sont les plus grosses structure (et elles grossissent encore! et elles ont des stratégies à l'international comme tout un chacun en Capitalie sauvage! Et l'ambiance de travail (rationnalisée par des cabinet d'audit minuteurs de travailleurs et licencieurs de "ressources humaines" j'te dis pas! il y a des patrons "privés" plus sympas. J'ai une fois entendu parler d'un directeur commercial de chez l'Avenir Rural, qui le matin était à son poste, le midi il était viré! Quand aux "coopérateurs" ce ne sont jamais que des travailleurs à domicile ! des sous-traitants (et en plus la souscription de parts sociales, c'est fictif, on nous a fait une fois tout un cours là-dessus, et sur la latitude de ne pas tout payer) bref. ça se comporte EXACTEMENT comme n'importe quel grosse entreprise capitaliste, y compris envers ses "coopérateurs".
Ajouterais-je que l'avantage de cette "vague" [un tsunami politique ?] c'est qu'on peut tous y participer. Passer et faire passer notre entourage au logiciel libre, manger bio en provenance des AMAP, fouiner dans les catalogues des éditeurs alternatifs...
Page de pub : http://www.syllepse.net/lng_FR_srub...
C'est aussi ça la coopération ou l'autogestion : c'est une forme de responsabilisation, d'engagement de celles et ceux qui n'attendent pas tout de l'Etat mais construisent, chaque jour, d'autres modèles.
@ Roland : pareil pour le secteur agricole. Il y a de petites coop qui fonctionnent très bien. La question de la taille me semble importante, mais surtout, c'est un secteur où la concurrence et l'interventionnisme étatique rendent quasi obligatoirement capitaliste [les pratiques de vampire de la grande distrib aussi d'ailleurs].
contente d'avoir trouvé ce site.
qui est le barbu?
quid de la " décroissance"?
lolita : c'est Richard Stallman, le fondateur du mouvement du logiciel libre, plus d'info sur wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Richar...
Aureliano : j'en déduis que tu as trouvé quelqu'un pour te faire découvrir La NEF :). Pour moi (sociétaire depuis quelques années) le point principal n'est pas le choix par les sociétaires des projets (qui est marginal) mais l'effort constant de transparence (de loin le plus important, la liste des projets financée est publiée pour les sociétaires) et de pédagogie de l'équipe de La Nef sur ce qu'est une banque.
BNP Paribas (qui est mon employeur par ailleurs - je parle a titre personnel ici bien sur) n'est puissante que parceque nous déponsons de l'argent sur nos comptes courant.
Et une des plus grosses coopérative du monde est le .... Crédit Agricole, et oui. Le statut de coopérative ne garanti pas grand chose malheureusement même s'il reste un peu meilleur que celui d'une société classique. Ce que rappelle Roland.
Une question : ou as-tu trouvé les chiffres pour les SCOP ?
PS: j'ai mis a jour les liens sur mon blog :).
> Lolita : bienvenue. le barbu est donc ce bon Richard Stallman. Bonne bouille non ? il fait partie de ces "fous" utopistes, qui ne se demandent pas si c'est possible ou non avant de faire ce à quoi ils croient. Ils le font. et souvent ça marche...
La "décroissance"... vaste sujet. Je rois qu'il y a un peti souci de vocabulaire... Pour moi, la croissance (celle du PIB) est une connerie obsolète. Mais ça ne veut pas dire qu'il faille se donner comme objectif la décroissance (du PIB, toujours). Je crois qu'il faut simplement changer d'objectif. Rensigne toi sur les nouveux indicateurs de richesse (ou de progrès), si ça t'intéresse.
> Roland, Laurent : Tout ça est juste. Je ne cherchais pas à dire que les coopératives, c'était le paradis. Juste que ça existe et qu'on peut tout à fait imaginer et faire fonctionner des entreprises qui sortent du système capitaliste actuel. (même si toutes ne le font pas, certaines le font, c'est suffisant pour ce que je voulais dire).
--> C'est possible. CQFD.
> Laurent : oui, j'ai enfin officiellement un compte à la NEF !
J'applaudis des deux mains et des deux pieds.
Tres bon blog que je suis depuis des mois, très bon billet synthetique.
Vous savez quoi ? J'envisage de monter une coop dans le secteur du logiciel libre et de la culture libre. Pour l'instant, je code dans mon coin...
"Petit passage, d’abord, par l’énergie pour saluer l’arrivée d’Enercoop, fournisseur d’électricité 100% renouvelable et qui est… une coopérative !"
Ouais... L'énergie y est 30% plus cher et l'abonnement 90% plus cher que chez EDF.
Ils appellent ça "réappropriation démocratique"... Moi, je veux bien, mais sans moi.
"Mais surtout, la NEF rend à ses clients le pouvoir de décider de ce qui sera financé avec leurs thunes ou pas. "
Banque et démocratie sont incompatibles.
En vrac et rapidement :
Après la crise de 29 et toute la misère qu'elle a provoquée, le capitalisme a t il disparu ? NON
"Le Capitalisme" Que recouvre cette expression ? N'est ce pas four tout ?
C'est une manière binaire de voir le monde, avec une limite bien marquée entre le bien et le mal, adaptée à nos sociétés dominées par la pensée chrétienne ; De l’autre côté, y aurait il la vérité ?
Ce besoin d’idéal et d’absolu n’engendre t il pas des horreurs ?
Ne rêvez-vous pas de l’apocapitalisme, dans l’espoir d’une reprogrammation de l’humanité ? Car il faudra bien les reprogrammer tous ces humains que ne pensent qu’à consommer !
Il faudra commencer pour le con de voisin qui ne pète pas de la même manière. Faut-il qu’il est survécu ainsi que nous même d’ailleurs.
N’assistons-nous pas plutôt à une redistribution des pouvoirs avec le début de la fin de la domination du capitalisme américain ? C’est très probable que cela va nous faire très mal, comme en 29.
Merci pour votre blog
A Lolo:
Quand on parle de la crise de 29 sans penser à l'après guerre, la guerre, et l'avant guerre 14-18, cela reste superficiel et tronqué. La crise de 29 a été, au minimum, accompagné et aider par le capitalisme pour le capitalisme.
Pour ce qui est de la reprogrammation de l'humanité ( ne pas oublier 1/3 de l'humanité "programmer" à survivre ), c'est à se de demander à quoi peut bien servir une propagande massive et intensive, permanente chaque seconde et mondiale pour nous pousser individuellement et collectivement à consommer sauvagement !
Tu rêves mon amis avec la NEF,
J'ai voulu y rentrer il y a trois ans, je me suis donc rendu à l'agence d'Avignon.
J'ai donc ouvert un compte, signé un chèque d'ouverture de compte comme celà se pratique dans toutes les banques.
La Nana m'a demandé si j'avais des antécédents ?
Je lui ai demandé si je pouvais lui dire la vérité. Elle m'a dit que OUi.
Etant donné que j'étais persuadé que c'était une Banque vraiment différente... Je me suis dit, tu ne risque rien, autant lui dire la vérité... C'est un bon départ...
Le lui ai donc dit que oui. Que j'étais un ancien commerçant qui avait procédé à une liquidation judiciaire. Mais que tout avait été réglé depuis !
Elle m'a dit qu'elle allait voir avec son responsable et que tout était ok.
Une dizaine de jour plus tard j'ai reçu par la poste un chèque du même montant que pour mon ouverture de compte et en me notifiant qu'ils n'étaient pas ok pour que j'ouvre un compte chez eux...
Pour moi la NEF est une banque comme les autres... C'est à dire sans état d'âme !!!
Je ne te parles pas non plus de la BNP !!!
Amitiés à toutes et à tous
ps ) Et les amis revenez sur terre : "Une banque sera toujours une banque !!!"
Et bien après avoir lu toutes ces belles choses qui me vont droit au coeur. Moi, je constate que le capitalisme est loin d'être mort et je dirais même plus qu'il continue farouchement à mordre. Même si de ci de là, nous savons que son existence n'est pas éternelle. Pour parler coopérative, je crois qu'un très bel exemple est le système coopératif qui s'est créé dans la région de Bilbao en Espagne. J'ai lu un nombre important d'articles sur le net à ce sujet. Il est montré la multitude de l'ensemble du secteur coopératif dans cette région et ce que cela a put apporter pour l'ensemble de la population de cette région. Ce qui est étonnant, c'est que ce fut à l'initiative d'un prêtre sous l'époque de Franco que la première coopérative de la région a vu le jour alors que quelques années plus tôt notre célébre personnage éradiqua totalement le secteur coopératif en Espagne. Mais les résultats sont là et dans la principale entreprise du secteur, les ouvriers sont parmi les mieux payés d'Espagne. Le directeur est nommé non pas pour réaliser la politique des actionnaires, mais pour réaliser la politique qu'ont décidé l'ensemble des coopérateurs (ouvriers ou employés de l'usine). Un directoire de contrôle est élu par l'ensemble de ces derniers pour contrôler la politique de la direction. Bien sûr la part revenant aux coopérateurs est bien plus importante, puisque ce sont eux les actionnaires. Une part des bénéfices vont soit aux coopérateurs ou une partie est réinvestie dans la production. De même cette entreprise à permis le rachat d'autres entreprises (mais là je ne sais pas si le principe coopératif est appliqué partout). Toujours que nos ouvriers n'ont pas l'intention de délocaliser, évidemment ce serai suicidaire. Pour cette région, bien sûr dans le même esprit, a été promu des banques coopératives et beaucoup d'autres choses. Cela dit ces coopératives doivent évoluer dans un monde de rapports capitalistes. Mais vous avouerez que l'esprit est bien différent d'un certain nombre d'entrepreneurs et d'actionnaires qui ne pensent qu'à réduire la masse salariale, à accroître par tous les moyens le profit au détriment de la santé. Malheureusement comment construire un monde différent aujourd'hui et des entreprises avec une mentalité différente si nous restons dans un rapport capitaliste qui détruit sans cesse les rapports sociaux et humains pour en construire d'autres sur des bases qui poussent toujours plus à l'exploitation. Quand tu cites l'entreprise d'électricité qui vient en concurrence d'Edf, je ne peux pas être d'accord avec toi. Cette concurrence que l'on va imposer (dans le cadre ou cela est fait) cela va aller à l'encontre des gens qui travaillent dans cette entreprise (réduction des droits des salariés) et en même temps des clients. Tout le monde le sait. De plus nous savons tous que c'est un secteur extrêment sensible ou le nucléaire est présent et ou la sécurité est beaucoup plus importante que la concurrence. S'il y a une entreprise publique auquel il ne fallait pas toucher c'est bien celle-là. Même Dupont Aignan (l'homme controversé) critique la privatisation rampante d'Edf et la mise en concurence dans ce secteur et il souligne à juste titre que alors que l'humanité va devoir à faire face au défit climatique, se séparer de cet outil, c'est une absurdité sans nom. De plus pour répondre au défit énergétique, il fallait garder absolument la maîtrise de celui-ci. Les investissements à réaliser sont énormes et on sait que en général (le capital) d'aujourd'hui cherche la rentabilité immédiate donc pas les investissements sur le long terme. Le chaos d'Airbus est là pour le prouver. On peut souhaiter certes un dèveloppement du secteur coopératif qui correspondrait pour un certain nombre d'entreprises à ce que les producteurs (quels qu'ils soient) puissent retrouver des pouvoir de décision. Mais cela ne peut pas s'appliquer partout. Il ya une différence entre produire des machines à laver et produire de l'énergie. Les prises de décision ne doivent pas appartenir qu'aux producteurs, mais aussi aux élus de la nation. Puis une dernière chose, il est d'une évidence qu'il faut modifier les rapports au sein de la société et cela passe inévitablement par des lois à l'inverse de ce que fait notre héros national actuel. Donc oui, à la promotion de l'idée coopérative, mais oui aussi pour de nouveaux droits des salariés dans l'entreprise à de nouveaux pouvoirs de decision.