Les accros de la petite reine et ceux du roi dollar ont plus en commun que de regarder leurs héros monter et descendre depuis leur fauteuil, les yeux et les neurones collés sur un écran.

Les uns et les autres sont aussi en train de se rendre compte que leur favoris sont tous dopés et que ce qu’ils croyaient être une saine concurrence ressemble de plus en plus à un jeu de massacre où les gagnants ne sont jamais que ceux qui ne se sont pas (encore) fait choper.

Alors que le Dow Jones grimpe à l’assaut des 14000 points, que le dollar entame une descente à tombeau ouvert et que le pétrole atteint des sommets, on « découvre » peu à peu que, là où on croyait avoir à faire à quelques tricheurs (Armstrong, Enron, …), ce sont systématiquement tous les leaders qui semblent médicalement assistés… Que le secteur des prêts immobiliers à risque (subprime) a de la poudre plein le nez, qu’il coule dans les veines des Hedges Funds des substances plus que louches, et que le taux de globules « rouges » de l’économie chinoise est anormalement élevé. Pire que ça, c’est même le maillot jaune du capitalisme, l’économie américaine dans son ensemble, qui tourne en permanence sous perfusion de l’épargne mondiale.

A se demander s’il n’y aurait pas quelque chose de pourri au royaume de Rasmussen, certes, mais jusque dans la financiarisation de la course et la course à la financiarisation.

equipe Là où s’affrontaient hier encore la force de mollets, la finesse des stratégies et le courage des acteurs, c’est aujourd’hui le débit de la transfusion qui devient la condition principale pour sortir du peloton.

La financiarisation, c'est l'EPO de l'économie

Que dire alors d’un système d’où étaient censés émerger « naturellement » les meilleurs ? Et quand il s’agit d’occuper le mois de juillet des quelques campeurs bedonnant, passe encore, mais si on parle de l’un des moteurs principaux de l’innovation et du progrès humain, avouez que ça se complique…

Il apparaît donc toujours plus urgent de se rendre compte que la financiarisation, c’est l’EPO de l’économie.

Et il est probable que si, on souhaite que le spectacle continue, il faille non seulement effectuer un grand nettoyage, mais aussi revoir jusqu’à la logique même du système.

Faute de réponses, reste à pousser la logique au bout : D’une part, coter le Tour en Bourse et faire sponsoriser les coureurs par les labos pharmaceutiques et d’autre part, filmer et diffuser aux heures de grande écoute les ascensions, descentes, chutes, sprints et échappées des grandes valeurs du Dow Jones.

Alors la grande boucle sera, enfin, bouclée.