Les bourses européennes se comportent ce matin comme des animaux blessés. A Paris, une première tentative de rebond a avorté vers 11h, la seconde, encore plus timide, n'a duré que 45mn, on entame la troisième sans conviction, en attendant la marche à suivre de la part de Wall Street. Tout celà n'est pas bien brillant...

Et pendant ce temps là, à Mexico...

Marcos "Nous avons donc, d’une part, un exode dans les campagnes mexicaines (migration vers la ville et vers l’étranger, surtout les États-Unis) et un repeuplement (injection d’ouvriers agricoles, principalement d’indigènes dépossédés de leurs terres, dans les nouvelles grandes propriétés et dans l’agro-industrie, et d’autre part une destruction (de la nature, de la terre, des forêts, de l’air, de l’eau et de la faune, mais aussi des relations communautaires) et une reconstruction (des terres auparavant cultivées sont remplacées par des terrains de golf, des centres commerciaux, des hôtels et des parcs d’attraction).

Le tout sous un nouvel ordre, celui du marché mondial capitaliste.

Si je ne m’abuse, c’est exactement ce qui se passe dans une guerre de conquête : il s’agit de conquérir, de détruire, de dépeupler, puis de reconstruire, de repeupler et de réorganiser.

Nous avons parlé de la campagne dans notre pays, le Mexique, mais aujourd’hui nous voyons, nous entendons et nous apprenons qu’il est en train de se passer la même chose sur les cinq continents. Ce qui nous permet d’affirmer qu’il s’agit d’une guerre de conquête concernant l’ensemble de la planète : une guerre mondiale, la Quatrième Guerre mondiale.

Que l’on choisisse de voir « l’arbre » ou « la forêt », la conclusion est la même.

Il y a cependant quelque chose, pour nous, les zapatistes, qui fait de cette guerre quelque chose de spécial. C’est que les effets qu’elle entraîne sur la terre et sur le territoire, c’est-à-dire sur la nature, sont définitifs et irréversibles. C’est donc la planète tout entière qui est en train d’être détruite alors que nous n’avons pas d’autre endroit où vivre, de sorte que c’est au bout du compte l’espèce humaine tout entière qui est victime de cette guerre.

C’est pour cette raison que nous disons que c’est une guerre contre l’humanité."

Sous-commandant insurgé Marcos. Mexique, juillet 2007.

(texte intégral ici) (autre extrait là)