La grande trouille
Par Aureliano Buendia le lundi 6 août 2007, 13:35 - Lien permanent
Les milieux financiers ont aussi leurs modes. Taux d'intérêt, inflation,
croissance, déficits, l'une de ces nombreuses données focalise tout à coup
l'ensemble de l'attention, et les investisseurs ne regardent plus que ça. Je ne
sais pas s'il y a déjà eu des études de socio sur le comportement moutonnier
des investisseurs, mais je vous assure qu'ils sont sans doute champions du
monde de cette catégorie.
Bref, en ce moment, LE truc, le mot clé du moment, c'est "l'aversion au
risque". C'est balaise, non, comme terme, l'aversion au risque ? ça fait
tout de suite sérieux. En clair, ça signifie tout simplement... la
trouille.
Les investisseurs ont la trouille.
Les foies quoi, la pétoche...
Et comme ces braves gens ont des indices pour absolument tout (les chiffres, ça les rassure, ça parait tout de suite plus rationnel quand c'est chiffré), ils en ont aussi un pour ça ! Son nom savant, c'est l'indice Vix de volatilité du Chicago Board Options Exchange. A vos souhaits. Il est surnommé plus simplement "l'indice de la peur". Et il vient de bondir de plus 16,5% fin juillet !
Evidemment, vu d'ici, on ne peut que sourire de ces tentatives de
rationnalisation d'un des trucs les plus subjectifs qui soient : la
confiance.
Il se trouve que cette petite chose est
aussi, à bien y regarder, le ciment ultime du système capitaliste. Vous allez
bosser le matin parce que vous pensez que vous serez payés à la fin du mois.
Vous laissez vos thunes sur un compte en banque pare que vous avez confiance
dans le fait qu'elles y seront toujours si vous venez les cherchez. Vous pouvez
payer avec des bouts de plastique ou de papier parce que le commerçant a
confiance. Et les banques prêtent des thunes (qu'elles n'ont pas) à tout le
monde parce qu'elles ont confiance.
Or il y a évidemment des boites qui font faillite, des gens, voire des
entreprises, des banques ou des etats, qui ne peuvent plus rembourser,
etc.
Ce système ne fonctionne que parce que certains prennent (ou ignorent) le
risque.
Au bout de cette chaine, et en simplifiant à outrance, il y a l'économie US.
Elle fonctionne totalement à crédit et on lui prête parce qu'on a confiance.
Non pas qu'ils pourront rembourser hein, faut pas rêver, mais que quelqu'un
continuera à leur prêter pour qu'ils puissent continuer... à
emprunter.
Enlevez ce petit truc, la confiance, et tout s'effondre.
C'est dans une certaine mesure, ce qui est en train de se passer.
Commentaires
Bonne vulgarisation de ce qu'est l'utilisation abusive et de travers des notions de "probabilité et statistique".
Comme le disait Musil, ce sont les non mathématiciens qui parlent et présentent les mathématiques au monde.
Pour la dernière ligne, Colonel, il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir acheté soi-même au tueur.
Je ne vends rien du tout. J'observe sagement.
Et ça me fait rire d'entendre des financiers parler d'aversion au risque, alors que le risque est à la base de leur métier.
Ces gens se tirent des balles dans les genoux., les choux, les hiboux, et tout ça.
Je ne dis pas que ça VA partir en vrille, juste que ça PEUT partir en vrille.
Un grand président US, Roosevelt, disait dans un autre contexte "The only thing we have to fear is fear itself"...
pas mieux...
Il n'y a pas de second degré dans mon com. Cette blague sur la vente répète ce que tu racontes ( vendre, acheter, re vendre, sans parler de qui a fait ce que l'on vend ).
Je suis d'accord sur le danger de cataclysme, mais comme je le souhaite et suis pessimiste, alors....
Paradoxe ?
Les mathémaciens disent que ce sont les plus mauvais d'entre eux qui font de l'économie... car on peut faire dire aux chiffres n'importe quoi.
Eh bien moi , y en a pas confiance
mais des fois on me force (par la menace) a faire comme si j'avais confiance !
ca vous arrive à vous ?
comment on fait dans ces cas là (dictature ) ?
merci pour ce joli articte
juste une précision si seulement les diabète
et leur entourage etait très bien informé et apliquer rigoureusement leur
régime beaucoups de porbème dont souffert les diabétiques seront évités
comme disait notre cher chirac faut donner du temps au temps!