Si l'économie n'est pas tout, loin de là, la puissance économique sert bien souvent de soutien à la puissance militaire et politique. Ainsi, la relative déconfiture actuelle de l'économie US s'accompagne de bugs de plus en plus nombreux dans leur leadership politique.

Après les camouflets successifs infligés par la dame de fer chinoise à Henry Paulson, secrétaure d'Etat US au trésor, c'était ce matin au tour de l'ambassadeur US au Japon d'être sèchement renvoyé dans les cordes. Le tout récent chef de l'opposition, Mr Ozawa, a en effet déclarer à propos de la participation du Japon aux opérations militaires US en Afghanistan :

"Si nous étions en mesure de prendre une décision (gouvernementale), j'ai le regret de dire que le Japon ne participerait pas à une opération conduite par les forces américaines", a carrément déclaré M. Ozawa à son hôte.

"Cependant, le Japon participerait activement à une opération de maintien de la paix autorisée par les Nations unies", a-t-il ajouté.

"Je crois que les Etats-Unis devraient d'abord faire des efforts pour obtenir le consensus de la communauté internationale. Ils ne peuvent pas agir tout seuls", a souligné M. Ozawa. (source : AFP)

Dur, dur, d'être diplomate américain quand on n'est plus soutenu par une économie triomphante... Du coup, ça donne lieu à quelques dérapages. Voici en effet en quels termes notre bon ambassadeur justifie l'intervention des forces US et essaie de persuader son interlocuteur :

"Nous croyons que le Japon peut non seulement contribuer à la sécurité internationale mais aussi à sa propre sécurité parce que 90% du pétrole qu'il utilise transitent à travers cette zone (l'Océan indien)".

De quoi éclairer d'une lumière nouvelle les motivations réelles de cette intervention, non ? Evidemment, on s'en doute, mais le voir ici, de façon aussi explicite dans la bouche d'un diplomate US en exercice, ça relève à mon avis de la bonne grosse gaffe !
De quoi donner franchement à réfléchir aux quelques-uns qui croiraient encore aux arguments du type "la démocratie", les "droits de l'homme", les "femmes afghanes", la "burka", etc.

Quand les US parlent d'un "monde plus sur", de "guerre contre le terrorisme", etc., il s'agit, non pas de la sécurité de l'humanité mais de celle de leurs approvisionnements en pétrole. Point barre.

Qui avait cru autre chose ?