Après une petite pause la semaine dernière, le spectacle reprend sur la grande scène du capitalisme.
Principalement basée sur quelques déclarations rassurantes de responsables politiques qui n'y peuvent rien, des injections des banques centrales qui ne résolvent rien et quelques chiffres datant du mois de juillet (sic !), la remontée des indices boursiers aura semble-t-il été de courte durée.

Les milliards de dollars des banques centrales ont réglé temporairement une crise de liquidités, or, il va bien falloir s'y résoudre, nous avons affaire à une crise du crédit. C'est assez différent, et la confiance des investisseurs a de nouveau foutu le camp.
Il faut croire que les injections en dollar souffrent des mêmes travers que leurs cousines en silicone : ça fait illusion au début, mais ces choses qui tiennent en l'air toutes seules ont un je-ne-sais-quoi d'artificiel qui fait, que, que vous voulez vous, le coeur n'y est plus.

Tout celà est donc en train de retomber cruellement, et, si les logements de 3 à 4 millions de ménages modestes n'étaient pas en jeu, je vous avoue que ça me ferait plutôt rigoler. Bref, l'occasion de constater une nouvelle fois que ce système, avec tous ses experts, ses analystes et ses spécialistes, ses courbes, ses moyennes et ses prévisions, ne repose finalement que sur la confiance et qu'elle est parfois bien fragile.
On notera au passage que parler de "confiance des investisseurs" est assez cocasse ; leur métier n'est-il pas précisément, de prendre des risques ?

Personne ne sait évidemment comment ça va tourner maintenant, mais, si les choses devaient s'aggraver, le bouc émissaire est déjà désigné : notre bon Ben Bernanke a en effet fait l'objet d'un lynchage médiatique dans les règles de l'art et il ne reste plus qu'à l'immoler sur l'autel de l'argent pas cher.

Mais, comme je vous le disais dans un post récent, la Fed et son débonnaire de patron, ne servent, en gros, plus à rien.
Les investisseurs ont beau hurler qu'il faut baisser les taux, la marge de manoeuvre de la Fed est quasi inexistante. L'inflation est déjà sortie des limites officiellement acceptables et une baisse des taux risquerait de la voir s'envoler.
Bien pire, je crois que le spectre de l'inflation (c'est comme ça qu'on dit pour faire pro, le "spectre de l'inflation", ne me demandez pas pourquoi) n'est jamais qu'un épouvantail.
Car ce ne sont pas que quelques millions de ménages qui vivent à crédit, mais l'économie américaine toute entière !
Et une baisse des taux aux US pourrait avoir comme conséquence d'assécher dangereusement la pompe à pognon en provenance de l'étranger. Autant vous dire que dans ce cas là, ce ne sont pas que quelques millions de pavillions de banlieue qui trinqueraient, mais qu'il faudrait songer sérieusement à vendre la Maison Blanche...

Du coup, de nombreuses voix réclament plutôt aujourd'hui des mesures fiscales en faveur des ménages endettés. Ce ne serait certes pas la première fois que les "libéraux" fermeraient les yeux sur une intervention de l'état pour sauver leur beau marché censé se réguler tout seul, mais, cette fois, ce serait, pensez donc, en faveur... des pauvres !

Outre le fait que ça ne ferait que transférer la dette à l'Etat, autant dire, qu'au pays du "libéralisme", ça ferait doublement mal au cul.