Encore désolé, je poste très rarement, ces temps-ci. Je suis en train de monter une boite, ça me prend un peu de temps.

Et pourtant, il s'en passe des trucs ! Je ne m'éternise pas sur les records à la hausse du pétrole (on flirte avec les 90$), ni ceux à la baisse du dollar, y a des news partout, ça fera juste un peu plus de bruit quand on passera les 100$ le baril et les 1,50$ pour un euro.

Pas de pronostics non plus sur la pseudo fin de la crise du subprime, tellement il est évident, malgré la remontée des marchés, que ces conséquences réelles ne font que commencer.

Non, je voudrais vous parler d'un chiffre qui a fait beaucoup moins de bruit que les sujets précédents et qui est pourtant autrement plus inquiétant. C'est ce dont je vous parle ici depuis 2 ans. Vous vous souvenez, l'économie US dans son ensemble paume environ 60 Mds de $ par mois et a donc besoin d'attirer des capitaux étrangers, dont elle dépend de plus en plus, pour la financer. Jusque là, il rentrait effectivement aux US à peu près cette somme, des fois un peu plus, des fois un peu moins.

Le 16 octobre ( avant-hier) le département du Trésor US a annoncé les chiffres du mois d'août. Et là... Le déficit commercial est de 57,6 Mds, classique, même légèrement mieux. Il aurait donc fallu des entrées de 60 mds de capitaux environ, comme d'hab...

- 163 Mds !!!!

Oui, il y a bien un "moins" devant. Des "entrées négatives" ! Il est SORTI 163 Mds de dollars des US en un mois, ce qui est, dixit Brad Setser, un rythme comparable aux sorties de thunes en Argentine au plus fort de la crise de 2001, qui les a laissé à genoux. Alors évidemment le mois d'août, c'était un peu spécial, et cette donnée est particulièrement sujette aux soubresauts.

Mais si on regarde les tendances sur un an, toujours d'après les calculs de Brad, les entrées de long-terme (celles qui sont censées couvrir le déficit) s'établissent à 594 Mds, ce qui est nettement insuffisant pour couvrir le déficit. La dette US n'est plus financée. Les journaux économiques (pas un mot dans la Tribune, par exemple) ne s'en rendront sans doute compte que dans quelques mois, mais il va bien falloir se rendre à l'évidence : l'économie US n'est pas seulement endettée, elle est en train de flirter avec la faillite.