Elle commence à bien me plaire, à moi, cette crise. Si, si, une crise aux petits oignons. Ce que je préfère en fait, c'est qu'elle ne ressemble à rien de connu jusqu'à maintenant. Du coup, les jargonneux en perdent leur latin et on commence à enfin pourvoir en parler à la cool sans être repris en permanence par un prophète des mécanismes d'ajustements ou un docteur ès "meuh non, ça s' peut pas, passque".

Les plus marrants en ce moment étant (une fois de plus) les boursicoteurs. J'adore regarder ces mecs. (oui, ben c'est rarement des femmes, que voulez vous). Non contents d'être déjà champions du monde du troupeau de moutons, ils jouent tous en ce moment à la mouche débile qui se cogne 12 fois entre l'ampoule et l'abat jour. Le CAC descend à 4500 et pan, ça remonte à 5000, vlan, on repart dans l'autre sens, etc. et la moindre news les fait tous changer de direction à une vitesse à faire palir un MIG29 et de façon totalement aléatoire.

Ben ouais, c'est la foire.

grave.

Pour les explications techniques, je vous recommande la traduction du papier de Martin Wolf du Financial Times (NB : je n'ai pas vérifié personnellement si la trad était conforme à l'original) ou , en version plus soft mais quand même, cette vidéo d'une chef économiste à la SoGé.

En très très gros, pour les flemmards : le gros des problèmes des subprimes ne va arriver que dans deux ou trois mois, le truc est déjà en train de se transférer aux crédits à la consommation en général ; du coup, les réhausseurs de crédit en prennent plein la tronche, ce qui accroit encore les difficultés des banques, qui ne prêtent plus aux entreprises; qui se cassent donc la gueule, virent tout le monde, donc les gens ne consomment plus, et hop, vous revenez à la case départ (mais sans gagner 20000 francs) et vous refaites un tour.

ouala.

Les quelques optimistes qui comptaient sur la vigueur de la croissance chinoise ou des théories fumeuses de découplage pour soutenir tout ça sont tous en train de se gratter le nez en regardant vaguement leurs pompes... et tout le monde se rend compte que la joyeuse bande "Ben Bernanke and the coconuts" ne sert plus à rien. Bref, y a de la joie.

Ah si , denier truc, la star du moment, c'est l'inflation. Le "SPECTRE de l'inflation", comme ils disent tous (j'adore cette expression, on voit tout de suite mieux l'inflation avec un drap sur la tête et sa faux à la main, qui erre dans des couloirs obscurs en se prenant les pieds dans ses putains de chaines. ça doit pas être facile tous les jours comme boulot, inflation). En fait, on s'en tamponne un peu de l'inflation.

Maintenant que le truc est enclenché, tant que les US n'auront pas résorbé leur gigantesque déficit commercial, leur économie entière continuera à s'effondrer lentement, entrainant dans sa chute l'ensemble du système économique mondial.

Prenez vos places, le film a déjà commencé.