Crise : quels pouvoirs ont réellement les "pouvoirs publics" ?
Par Aureliano Buendia le mardi 15 juillet 2008, 23:29 - Lien permanent
Depuis maintenant un an, l'onde de choc déclenchée par l'explosion des
subprimes se propage à toute l'économie.
Immobilier, finance, banque, automobile, industrie, demain assurance, services,
l'assèchement du crédit et de la confiance se répand comme une trainée de
poudre laissant de plus en plus rarement aux investisseurs le temps de
reprendre leur souffle avant d'attaquer un nouveau secteur, un nouvel
épisode.
Cette crise du crédit, moteur du capitalisme à l'américaine, conjuguée à
l'envolée des prix du pétrole, des matières premières en général et de
l'alimentation, provoque des turbulences telles que tous les regards se
tournent peu à peu vers le dernier rempart du libéralisme : les pouvoirs
publics.
Un comble, sans commentaire.
Le patron de la Fed, Ben Bernanke, que sa bonne bouille faisait encore
passer l'année dernière pour un bon père de famille un peu mollasson, n'a
jamais eu autant de pouvoir, jamais concentré autant d'espoirs et d'attentes
fiévreuses, jamais eu autant d'yeux rivés à ses lèvres, à l'affut du moindre
mot, de la moindre inflexion dans le ton, qui sera ensuite commentée à l'envie
par les haruspices de la finance, analysée, décortiquée, relayée à l'infini par
les media financiers du monde entier et fera valser les milliards pour
construire finalement la "tendance" du jour. Ou pas.
Ou pas,
parce que ce bon Ben n'est jamais que ce à quoi il ressemble : un nain de
jardin perdu dans la jungle financière mondiale.
Il va bien falloir se l'avouer : Ben est déjà à fond, depuis plusieurs
mois, et avec lui tous les pouvoirs publics US.
En plus de la Fed, sur tous les fronts depuis un an, la faillite de Indymac
a vu l'entrée en scène d'un nouvel acteur, la FDIC (Federal Deposit Insurance
Corporation). Un organisme, né de la crise de 1929, chargé de garantir les
dépôts jusqu'à 100 000$ en cas de faillite bancaire.
Quels sont donc les pouvoirs réels de ses surveillants de baignade
du capitalisme ?
Ont-ils vraiment autre chose dans leur joli maillot rouge que les poumons
gonflés à l'hélium de Pamela Anderson ?
Avant le striptease, quelques ordres de grandeur.
Les
subprimes et leurs conséquences ont d'ores et déjà couté plus de 300 Milliards
de dollars de dépréciations en tous genres aux banques.
La note complète pourrait bien être plus proche de 1 600 Mds, voire 3 000 Mds
selon certaines estimations.
L'ensemble des crédits hypothécaires US représente 12 000 Mds, dont environ
40%, soit 5 000 Mds, "portés" par les désormais célèbres "Fannie" et "Freddie",
en grande difficulté.
En face, nos glorieux sauveteurs de Alerte à Malibu Wall-Street
alignent :
- quelques dizaines de milliards pour la Fed. (40 environ)
- 60 milliards pour la FDIC.
Le "sauvetage" de Bear Stern a déjà engagé 30 Mds de la Fed. La faillite de
Indymac devrait couter entre 4 et 8 Mds à la FDIC, soit en gros 10% de ses
réserves, pour une seule faillite, certes grosse, mais on en attend de 100 à
200 dans les mois qui viennent !
On le voit, les "réserves" en question ne passeront peut-être même pas
l'arrivée du tour et il va falloir une sacrée dose d'EPO pour atteindre
Noël...
Alors il reste quoi ?
Il reste LE super pouvoir en carton : la confiance. La sacro sainte
confiance dans la super puissance de l'Etat américain.
Et ça sert à quoi la confiance dans ces cas-là ? ça sert à dire : "si
les banques sont en difficulté, moi, l'Etat, je leur prêterai des thunes. Donc
elles ne feront pas faillite. ite missa est."
Car c'est une évidence, c'est écrit (entre les lignes) dans la Bible: l'Etat
américain ne PEUT pas faire faillite.
L'armée US ne PEUT pas perdre au Vietnam, ni en Irak, ni en Afghanistan,
General Motors ne PEUT pas faire faillite, on ne dira pas demain "l'emprunt
américain" comme on a dit hier "l'emprunt russe". Ce n'est pas POSSIBLE.
voilà. Puisqu'on vous le dit,
...à la télé...
Plus sérieusement, avant qu'on en soit là, il est donc déjà certain que le
seul pouvoir réel des pouvoirs publics US est en réalité de garantir qu'ils
prêteront un argent qu'ils n'ont pas aux établissements en
difficulté.
ça parait dingue, et pourtant, ça marche ; mais ce ne sera pas sans
conséquences : ça revient en gros à augmenter la quantité de dollar en
circulation (la fameuse "planche à billet"), donc à voir assurément s'envoler
une inflation qui est déjà sortie des limites.
Il n'est pas du tout impossible qu'on revoit rapidement une inflation de
plus de 10% annuels ; Jusqu'au jour où le reste du monde sera fatigué de
placer ses réserves dans une monnaie qui perd plus de 10% de sa valeur chaque
année.
L'aube de ce jour là est en train de se lever. Le soleil se couchera sur un champ de ruine.
Commentaires
Quel texte! BRAVO, 1000 fois BRAVO! Tu devrais le publier sur agoravox… Très bonne idée les photos, ça met un peu de couleur et de vie dans la morosité. J'aime beaucoup le rappel de la couleur rouge (et des courbes) - passion, amour, sang - sur les deux grands moteurs des sociétés humaines: le cœur et la raison, le sexe et l'argent, l'amour et l'égoïsme, la courbe et la ligne. D’où te viens une telle prose et inspiration avec autant de références chiffrées? Franchement tu m'épates! Raffa et toi, vous faites la paire...
Je t'invite, toi et tous ceux que cela intéresse à vous inscrire a l'excellent groupe de discussion "Europe & Euro" http://groups.google.be/group/alter... Il a été crée par Junon Moneta (nom d'emprunt pour 3 économistes) auteur du site http://www.alter-europa.com et de 2 publications qui m'ont LARGEMENT inspiré. L'inscription au groupe de discussion peu se faire sur la page d'accueil du site http://www.alter-europa.com.
Pat ou plus exactement Patrick, auteur du blog http://ploutopia.over-blog.com Mon blog abonde dans la même direction mais est plus hétéroclite et moins pointu en matière économique et financière.
Concernant les marges de manoeuvres des pouvoirs public, il y a eu aujourd'hui mardi une parade de la Securities and Exchange Commission.
http://www.cnbc.com/id/25698166
J'ai du mal a comprendre les tenants et les aboutissants, mis a part que ca doit limiter la speculation a la baisse.
Ca a l'air de faire son effet... me trompes-je? Un commentaire, aureliano?
Plus d'infos sur cette magouille : http://www.pauljorion.com/blog/?p=6...
En gros, les principes réglant les paris à la baisse possèdent des failles permettant de créer des actions virtuelles, et de mettre encore plus la pression à la baisse.
La SEC a interdit ces pratiques...
sur Fannie Mae, Freddie Mac, Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgan Stanley et Lehman Brothers seulement :-)))
Ce qui signifie que ces banques (pas les fonds qui sont nationalisés désormais) peuvent mettre la pression à la baisse sur d'autres sociétés, sans risquer de subir des opérations du même genre en retour. Dans la débacle général, elles s'en sortiront (peut être) un peu mieux...
C'est n'importe quoi, mais ce n'est que ce qu'ils leur restent pour tenter de sauver LEURS meubles (pas ceux des américains moyens, faut pas rêver).
Super document, Harry potter.
Merci bien, ça m'avait échappé.
Le but est effectivement de limiter la spéculation à la baisse. Et, pour ce que j'en comprends, ils n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère...
Petit préambule à l'explication de texte : je ne connais pas précisément la signification de l'expression "short seller" qui est pourtant le sujet principal de cette nouvelle règle. Je la traduirais littéralement par "vendeur à court-terme", mais ça a peut-être un sens plus précis. Enfin, je ne connais pas bien les règles techniques de la bourse de New-York, ne retenez donc de ce qui suit que l'esprit du truc.
Donc : comme vous le savez, on peut acheter des actions en bourse. et puis, un jour on les revend.
Mais on peut aussi faire l'inverse. c'est à dire commencer par vendre une action (qu'on n'a pas, donc) et on s'engage à la racheter dans un certain délai (souvent moins d'un mois, mais on peut aussi pratiquer ce genre d'opération en quelques minutes).
Je prends un exemple, c'est plus sur :
J'ai 0€ et 0 actions au départ.
Je VENDS ce soir 100 actions BNP (que je n'ai pas, donc) au cours du jour, soit 55€. (ma banque enregistre cette "vente"). J'ai alors 30 jours pour acheter les 10 actions que je viens de vendre.
Mettons que, dans 15 jours, l'action BNP soit descendue à 40€. Je décide d'acheter à ce moment là. ça me coute donc 400€, et j'encaisse simultanément les 550€ de la vente préalable.
j'ai donc gagné 150€.
Vu ?
(la nouvelle règle de la SEC cible le "naked" short selling, c'est à dire, comme dans l'exemple ci-dessus, le fait de le faire à partir de 0€, c'est à dire potentiellement sans disposer de la somme que vous êtes en train de "jouer". Si vous faites ça dans la journée, vous pouvez alors engager des sommes faramineuses, vous ne risquez que la différence entre les cours de vente et d'achat).
Il est bien évident que, les achats d'action font monter le cours et que ce genre d'opérations, qui sont donc des ventes, exercent, à l'inverse, une pression à la baisse.
Et bien la SEC (le gendarme de la bourse US, équivalent de notre COB) vient d'interdire ça sur certaines valeurs (les plus grosses valeurs financières, précisément celles qui sont en danger en ce moment).
Le but du jeu affiché est de contrer certaines "manipulations" à la baisse de la part des "vendeurs".
Relativement simple en effet, en ce moment, de déclencher un mouvement de panique sur une valeur en faisant courir certaines rumeurs alarmantes. Le temps que tout le monde reprenne ses esprits, vous avez déjà racheté les milliers de titres que vous aviez préalablement vendus avant de lancer la rumeur.
et hop.
Bref, cette mesure part plutôt d'un bon sentiment, mais a, à mes yeux, deux défauts majeurs :
- elle ne protège que les 19 grosses valeurs de la liste. Elle crée donc une "distorsion" de concurrence entre ses valeurs là et les autres.
- elle limite la spéculation à la baisse, mais pas la spéculation à la hausse ! et, ça c'est tout pourri.
La plupart des vendeurs argumentent d'ailleurs là dessus, en disant qu'ils jouent un rôle important dans le fonctionnement du marché en évitant que certaines valeurs soient trop surévaluées.
et ça se tient pas mal...
Si la SEC avait vraiment voulu limiter la spéculation, elle aurait simplement créer un "délai" minimum entre une opération d'achat et de vent sur une action.
(ne serait-ce que d'une journée, ça réduirait déjà énormément le trading "intraday".)
On a donc bien là, sous couvert d'une règle destinée à limiter la manipulation des cours à la baisse, une autre manipulation, mais à la hausse...
La SEC ne doit d'ailleurs pas être bien fière de sont truc, puisqu'elle en a fait une mesure "éphémère" débutant le21 juillet et prenant fin le 29, mais pouvant être étendue 30 jours. ça ne m'étonnerait pas qu'elle soit encore en vigueur dans 6 mois...
Il me semble que c'est interdit en France depuis quelques années non ? Cela ne s'appelle pas "vader" dans le jargon ?
Wow! Très bon billet.
Je viens de découvrir ton blogue. Bravo!
J'ai aussi publié des articles sur le même sujet. Je t'invite à les lire: http://pourquedemainsoit.wordpress....
Je t'ajoute à ma blogoliste.
Au plaisir.
« Short selling » : vendre à découvert, consiste à parier non pas sur la hausse d’un prix mais sur sa baisse. Pour parier à la hausse, on commence bien sûr par acheter et on revend plus tard après que le prix a monté et on empoche la différence des deux prix. Pour parier à la baisse, il faut faire l’inverse : d’abord vendre et ensuite acheter. C’est plus facile à réaliser qu’on ne pourrait l’imaginer : on commence par emprunter des actions de la firme dont on suppose que son cours va baisser et on les vend aussitôt, après quoi on attend que le prix baisse, puis on rachète le même nombre d’actions que l’on retourne à celui à qui on avait emprunté : le prix à la vente était plus élevé que celui à l’achat, et le tour est joué.
extrait d'une analyse de P. Jorion, ici : http://contreinfo.info/article.php3...
Mais que de magouilles !!! Pff ce monde m'est décidément totalement étranger (et qu'il le reste)...
)
(des fois je dois m'accrocher pour comprendre tout ce que tu dis Aureliano, entre les sigles qui ne me disent rien et les logiques qui me dépassent lol enfin ici j'ai tout compris
Et pour ce qui est des répercussions dans les autres régions du monde ? Pour ce qui est de l'Europe ici http://www.irishtimes.com/newspaper...
un long interview de Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne...
Aureliano, tu as vu "Le sucre" ? Ce vieux film français avec Depardieu, Carmet et Piccoli (si ma mémoire est bonne)...
C'est tout ça, la spéculation, hausse ou baisse, avec le mode humoristique en plus. A revoir.
D'apres wikipedia, le sucre traite d'une bulle de 1974... on a quand meme change de dimension depuis 15 - 20 ans ^^
http://finance.google.com/finance?c...
Sinon, quelquechose qui m'intrigue pas mal ces derniers jours, c'est de voir l'heureuse coincidence entre la chute du petrole et les resultats bien moins catastrophiques que prevu de, par exemple, JPM ou C... Les 2 veilles des 2 resultats: boum, le petrole perd 2 fois ~10 $ ... Est-ce que les banques n'ont pas profite/alimente la bulle du petrole jusqu'au dernier moment pour vendre en masse et limiter les degats? Si c'est le cas, c'est plutot bien joue... Une sorte de taxe privee sur le carburant.
Et qu'est-ce qu'on fait Docteur ?
Je veux dire : les conclusions qui découlent de ces analyses économiques nous échappent complètement (à part militer à ATTAC je vous l'accorde mais les résultats ne sont pas encore au RDV).
D'où une indifférence généralisée pour la macro-économie...
Je vous propose de "changer de paradigme" pour trouver une riposte : localement et collectivement à la fois. Ce n'est pas facile, mais...
Pour ma part, à la suite de nombreux RDV obtenus auprès d'élus locaux divers et variés, j'ose caresser l'espoir d'être reçu bientôt par le président du Conseil Général de là où que je crêche.
à vous
mon mail ? même racine que mon blog, sur hotmail.fr
Grace aux nouvelles regles provisoires de la SEC, la speculation a la hausse sur les bancaires est repartie,
Mais d’apres l’article ci dessous c’est la Grande Bretagne et la Commission Europeenne qui ont precedé fin juin, la SEC sur les ventes à découvert (short selling) :
Torpeur estivale ou été à risque ?
Nicolas Véron | 11 juillet 2008 | Crise mondiale
La torpeur de l’été n’est pas une garantie contre les affolements financiers, comme on a pu le constater l’an passé. Lorsque le marché s’est brutalement déréglé au début du mois d’août, financiers et banquiers centraux ont dû apprendre à gérer la crise depuis la plage par Blackberry interposé. Depuis, les saisons se suivent et ne se ressemblent pas. Après une fin de l’hiver marquée par la chute dramatique de Bear Stearns, le printemps a été plutôt calme. Mais les tensions remontent en ce début d’été, alors même que les marchés interbancaires ne sont jamais revenus à leur état normal depuis bientôt un an. On ne se hasardera pas ici à un pronostic sur les prochains développements en matière de coût du risque, de cours du baril ou de points de croissance.
Mais, dans le paysage des risques, il en est un qui semble s’aggraver à vue d’oeil : celui de décisions publiques contre-productives prises sous forte pression politique. Même si le pire n’est jamais sûr, ce risque politique pourrait bien devenir un redoutable facteur aggravant dans les prochaines étapes d’une crise financière qui est bien partie pour durer. Deux cas récents illustrent cette nouvelle dynamique, impliquant l’un comme l’autre des acteurs publics que les marchés n’auraient guère soupçonné jusqu’à récemment de postures idéologiques.
Premier exemple : le 13 juin, la Financial Services Authority (FSA) britannique a introduit de manière inattendue et sans consultation préalable de nouvelles obligations déclaratives visant à limiter les pratiques de vente à découvert (short selling) pour les actions de sociétés procédant à des augmentations de capital, à effet quasi-immédiat dans un contexte marqué par des tensions sur le capital des banques britanniques et notamment du plus gros acteur local du crédit immobilier, HBOS.
Trois jours plus tard à Dublin, le commissaire européen en charge de la réglementation financière, Charlie McCreevy, a annoncé de manière toute aussi inopinée sa décision de soumettre les agences de notation financière à une régulation européenne qui n’existait pas jusque-là, contre l’avis de différents groupes d’autorités de régulation boursière et en mettant en cause ces dernières avec des mots d’une violence inhabituelle.
Ces deux initiatives peuvent sembler anodines, notamment en France où les hedge funds, qui réalisent l’essentiel des ventes à découvert, incarnent un « capitalisme de spéculateurs » décrié par la quasi-totalité de la classe politique, et où les agences de notation sont également régulièrement accusées de tous les maux. Mais elles représentent un retournement de doctrine surprenant pour deux des principaux acteurs actuels du marché financier européen et notamment de son centre désormais incontestable, la place de Londres.
En 2002, le président de l’époque de la FSA indiquait expressément ne pas voir de raison valable pour restreindre la vente à découvert. Le commissaire McCreevy, quant à lui, avait jusqu’à présent fait du minimalisme, en matière de réglementation, sa marque de fabrique. Les deux initiatives ont d’autres traits communs. Toutes deux émanent d’autorités affaiblies, la FSA par son bilan désastreux dans l’affaire Northern Rock et le commissaire par la faiblesse de son bilan après quatre années d’un mandat désormais proche de sa fin.
Surtout, toutes deux visent avant tout à donner au public et aux médias le sentiment que les autorités « font quelque chose » mais ne semblent pas s’appuyer sur une expertise technique. Si ces décisions sont effectivement conçues pour la galerie plutôt que fondées sur une évaluation sérieuse de leurs effets futurs, elles n’auront sans doute guère d’effets positifs sur le fonctionnement des marchés.
Cette évolution est préoccupante, non pas tant pour ses conséquences directes à ce stade que pour le changement d’état d’esprit qu’elle signale. La régulation des marchés est fondamentale pour assurer leur bon fonctionnement : comme le notait dès l’époque victorienne le grand journaliste et essayiste londonien Walter Bagehot, « l’argent ne se gérera jamais tout seul », et le marché à besoin d’une surveillance publique pour être efficace au service de l’économie. Mais, pour que cette surveillance remplisse son objectif, il est nécessaire qu’elle soit crédible et ciblée, faute de quoi elle ne peut pas contribuer à la confiance et n’assure plus son rôle de protection. Si les initiatives de régulation donnent le sentiment d’être plus démagogiques que réfléchies, elles n’auront que des effets négatifs. En période de crise tout particulièrement, les autorités doivent éviter de donner le sentiment qu’elles cèdent à la tentation de modifier les règles du jeu à chaud, soit pour aider indirectement des acteurs spécifiques comme la FSA avec HBOS et d’autres banques aux fonds propres tendus, soit pour répondre à la pression de l’environnement politique en désignant des boucs émissaires comme dans le cas des agences de notation......
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Article publié dans La Tribune du 7 juillet 2008 et reproduit avec l’aimable autorisation de son auteur. Nicolas Véron est économiste au sein du centre de réflexion européen Bruegel, associé de la société de conseil ECIF.
http://www.betapolitique.fr/Torpeur...
Et qu'est-ce qu'on fait, Docteur ?
Je veux dire : les solutions suggérées par ces analyses économiques nous échappent complètement (à par militer à ATTAC je vous l’accorde, mais pour le moment on n’en voit pas le résultat).
D’où une indifférence répandue à propos de la macro-économie.
Je vous propose de « changer de paradigme » : trouver des ripostes locales et collectives à la fois. C’est sur http://gorgerouge.over-blog.com
Pour l’heure, après de nombreuses rencontres avec des élus locaux divers et variés, j’ose caresser l’espoir d’être reçu bientôt par le président de Conseil Général de mon département (27)
À vous.