Compte-à-rebours
Par Aureliano Buendia le lundi 4 août 2008, 10:46 - Lien permanent
"Cette situation n’est pas « la fin du pétrole » ou « la fin
des énergies fossiles », c’est la fin de l’énergie bon marché et,
conséquemment, la fin du monde tel que nous le connaissons, c’est-à-dire, avant
quinze ans, la fin de la croissance économique, la fin du
capitalisme, la fin de l’Union européenne, la fin de l’aviation
commerciale de masse, la fin de la grande distribution… Les transitions
énergétiques des siècles passés - du bois au charbon, du charbon au pétrole -
étaient graduelles et adaptatives, le pic de Hubbert sera brusque et
révolutionnaire."
Petit extrait d'une tribune de Yves Cochet, à lire intégralement sur son
blog.
(C'est moi qui ai mis en gras "la fin du capitalisme", of course)
J'en profite pour faire une petite remarque. Nous parlons souvent de fin de
ceci ou de cela et passons donc souvent pour des "prophètes de malheur". C'est
pourtant loin d'être le cas. L'ampleur des transformations nécessaires rend en
effet possible aujourd'hui une évolution profonde de nos sociétés, que je vois
beaucoup plus comme une chance que comme une sanction. Comme d'habitude, seule
une poignée de gens ont un intérêt direct et à court terme à ce que "rien ne
change". Ceux là freinent des quatre fers et y arrivent assez bien dans la
mesure où ce sont évidemment eux qui détiennent aujourd'hui les principaux
pouvoirs.
Bref, ce n'est pas parce qu'on parle de "fin de..." qu'on est forcément
pessimiste, grincheux, etc.
Aurait-on dit la même chose de celles et ceux qui parlaient, en leur temps, de
"fin de la monarchie", de fin de l'esclavage" ?
Commentaires
"Le capitalisme du désastre", c'est le sous titre du livre de naomi klein "la stratégie du choc".
Naomi klein démontre par de multiples exemples extrêmement documentés, comment ce capitalisme depuis 30 ans a su établir une stratégie pour prospérer sur les désastres :
"Qu'y a-t-il de commun entre le coup d'état de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l'effondrement de l'Union soviétique, le naufrage de l'épopée Solidarnösc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l'Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri-Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l'année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux - Abou Ghraib ou Guantanamo, aujourd' hui ? Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l'avènement d'un 'capitalisme du désastre'. Approfondissant la réflexion entamée avec son best-seller, No logo Naomi Klein dénonce, ici, documents à l'appui, l'existence, depuis plus d'un demi-siècle, de stratégies concertées pour assurer la prise de contrôle de la planète par les multiples tenants d'un ultralibéralisme qui a systématiquement mis à contribution crises, désastres ou attentats terroristes - et qui n'a pas hésité, du Chili de Pinochet à Guantanamo - à recourir à la torture sous diverses formes pour substituer aux acquis des civilisations et aux valeurs de démocratie la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation."
Sur cette page j'ai rassemblé ce que j'ai trouvé au sujet du livre de naomi klein : http://ballonsonde.org/wikiSonde/vi...
Ma question est la suivante : cette fin annoncée, ne serait-elle une nouvelle occasion pour ce capitalisme de se métamorphoser en une nouvelle tyrannie ?
Naomi klein a écrit ce livre pour que nous ayons connaissance des mécanismes, pour qu'en cas de choc (hyper inflation par exemple) nous ayons connaissance de qui nous arrive, pour ne pas être complètement désorienté.
En tout cas je vous conseil vivement de lire son lire, c'est remarquable et très instructif. J'en suis à l'Afrique du sud : malgré la victoire de la démocratie et de Nelson Mandela aux élections, malgré la fin de l' apartheid, la population est devenue prisonnière des intérêts financiers tenus par les mêmes acteurs de cet apartheid.
autre source d'info : un cours dispo de Jean-Marc Jancovici sur le site Mines ParisTech sur tout ce qui concerne l'énergie et les changements climatiques...
ici : les videos du cours : http://www.ensmp.fr/ingenieurcivil/...
j'aime bien ton blog, je le lis régulièrement, mais si tu pouvais éviter de dire des conneries sur la monarchie (à laquelle tu ne connais rien PUISQUE si tu connaissais tu n'aurais pas dit ce que tu as dit), ça serait bien?
lingane : mettre fin au capitalisme pour le remplacer par la monarchie ? ca pour le coup ce serait plutot une sanction qu'une chance...
> Josette : Salut ! oui, il est clair que les situations de crise représentent aussi des opportunités. Ce sont des périodes très particulières dont les pouvoirs en place ont appris à profiter. Mais ça représente aussi un risque non négligeable pour eux. Bref, il est clair que si on les laisse faire tranquillou, ils en sortiront une fois de plus renforcés. Et ce serait bien fait pour notre gueule.
A nous de savoir être plus rapide et plus précis qu'eux.
> lingane :
???

m'enfin ?
Je n'ai strictement rien dit sur la monarchie
Je dis juste que parler de la fin d'un truc, de l'effondrement de ceci ou celà, ça donne souvent un caractère négatif et grincheux au discours. Or la fin d'un truc, c'est parfois, souvent, toujours peut-être, aussi le début d'un autre.
Voilà...
Après si tu es monarchiste, ça te regarde, et c'est pas le sujet. (mais si tu veux en parler, welcome !)
Bonjour,
On parle beaucoup d'essence chère, de fin du pétrole, de crise énergétique, etc...
Mais quid des schistes bitumeux, du procédé Fischer-Tropsch, de Sasol, etc ?! Je n'explique pas plus, Wikipedia le fera mieux que moi...
Je crains malheureusement que le règne de la bagnole et du flux tendu soit loin d'être achevé... avec des conséquences toujours plus dramatiques pour l'environnement, la faune et la flore !
Cordialement,
SK
Les changements ne sont pas seulement nécessaires, ils sont inévitables : http://pourquedemainsoit.wordpress....
Prophètes de malheur nous accuses-t-on? Non. Nous sommes des prophètes des réalités à venir.
Les périodes de libre échange généralisé ont toujours été suivies de phases protectionnistes. Le déclin de cette économie néolibérale a pourtant déjà été annoncé : http://pourquedemainsoit.wordpress....
La fin du capitalisme? Peut-être. Mais ce sera surtout une remise en question de l’économie sous sa forme actuelle devant les défis socio-économiques et environnementaux qui pointent à l’horizon pour l’humanité.
Aureliano, j'aime beaucoup ton blog et j'ai décidé d'en faire l'éloge dans un dernier article sur mon blog PLOUTOPIA: "Subprime: l'étincelle d'un gigantesque brasier financier" http://ploutopia.over-blog.com/arti...
A propos du pétrole, j'ai également publié un article: "La mort du pétrole, c'est l'occasion d'une nouvelle naissance": http://ploutopia.over-blog.com/arti...
Avé lieutenant !
Ouille ! Ouille ! Ouille et ail !
http://www.boursorama.com/infos/act...
Il n'en reste pas moins que pour qu'un monde finisse vraiment (la monarchie française, l'esclavage, la toute puissance étasunienne, ...), il faut un événement symbolique, c'est-à-dire d'une portée historique suffisante pour qu'il entame de manière irrémédiable la crédibilité et le fondement du système déjà moribond (la prise du Fort de la Bastille, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, l'attentat du World Trate Center, ...).
Quel événement marquera suffisamment les esprits pour emporter la crédibilité du capitalisme néo-libéral ? Il est probable que cet événement, maintenant hautement probable, décide de l'orientation de nos vies de manière plus évidente que nos puissantes analyses...
La vraie question est de savoir qui saura provoquer ce "coup de tonnerre" et de savoir quelle conscience de la portée de l'acte nos contemporain-e-s exprimeront-il-le-s ?
Un site qui me semble assez pertinent de ce point de vue : http://www.ecotheurgie.com/
J'ai toujours eu la faiblesse de croire qu'un changement radical ne pouvait être que libertaire (de gauche ou de droite, peu importe...). Saurions-nous dépasser la simple posture pour nous en tenir à une stratégie inconsciente laissant libre cours à nos individualités conflictuelles...
Pourvu que ça dure... pour que ça cesse
!!!