Petite réaction à chaud à la faillite de Lehman Brothers.

Elle illustre parfaitement le sujet des deux posts précédents : la marge de manœuvre des pouvoirs publics US s'est considérablement réduite l'année dernière, sans pour autant régler quoi que ce soit. Résultat : ils sont aujourd'hui quasiment à bloc et ne peuvent plus fournir, alors que les choses réellement sérieuses commencent !

Il est clair que s'ils avaient pu trouver un petit arrangement pour Lehman, comme ça avait été le cas pour Bear Sterns, ils l'auraient fait. S'ils ne le font pas, c'est tout simplement parce qu'ils ne peuvent plus !
Plus exactement, c'est un constat d'échec et un changement de stratégie auxquels on assiste là.
Jusqu'à présent, les efforts de la Fed et du Trésor semblaient s'être concentrés sur les "gros", afin d'éviter un mouvement de panique qui aurait emporté à coup sur tous les petits. (90 banques en difficultés aux US en ce moment même !)
Jouable, mais dangereux. C'est un peu du "quitte ou double", car si les gros tombent quand même (ce qui est précisément en train de se passer), on se retrouve avec la vague de panique mais sans les moyens pour y faire face !
(bon éclairage sur la marge de manoeuvre US chez Tropical Bear, blog "atlantiste et libéral".

Il semble donc que les pouvoirs US aient jeté l'éponge sur cette stratégie afin de conserver en urgence la maigre marge de manœuvre restante pour faire face à ce qui ne manquera pas d'arriver maintenant : une crise économique généralisée, avec baisse générale, des actifs, des prix, de la monnaie, des emplois, etc.

A partir de maintenant, on ne rigole plus. C'est un jeu de domino terrible qui va commencer.
Personne à ce stade ne mesure l'ampleur de l'onde de choc qui vient de se déclencher.
D'autant que le contexte est assez désastreux : le déficit du commerce extérieur US, (le vrai "indicateur" à mon sens) est reparti à la baisse avec un bon -62,2 Mds annoncé vendredi dernier pour le mois de juillet.
Il va falloir surveiller de près la structure des entrées de capitaux, demain, 14h.

En attendant, c'est sauve qui peut à tous les étages sur les marchés financiers aujourd'hui. A tel point, la faillite de déguisée de Merril Lynch, (une nouvelle qui, à elle seule, aurait provoqué une panique il y a quelques mois), passe presque inaperçue.

En quelques mois, ce sont donc 3 des fleurons de la finance américaine qui viennent de mordre la poussière : Bear Sterns, Lehman Brothers et Merril Lynch. Le pire étant que tout le monde commence à comprendre que ce n'est en réalité que le début...