les remèdes, pire que le mal.
Par Aureliano Buendia le mercredi 24 septembre 2008, 14:53 - Lien permanent
A l'heure où il devient évident que nous vivons une crise "unique à
l'échelle d'une vie" (Alan Greenspan), il est assez cocasse de constater que
l'immense armada de ceux qui n'avaient rien vu venir se dispute la lumière des
projecteurs pour faire généreusement don au monde entier de SA
solution.
Il est tout aussi cocasse de constater que malgré la diversité (revendiquée)
des intervenants, la fameuse solution est absolument partout la même.
Mais ce qui est encore plus étonnant, c'est que cette solution miracle n'est
ni plus ni moins que... le problème lui-même.
Quittons donc un instant les tribunes où se bousculent les puissants et
revenons un instant sur terre.
Nous avons un système économique, une sorte de "capitalisme régulé par des
pouvoirs publics", qui vit actuellement une crise majeure et peut-être
définitive.
Que nous propose-t-on comme remède ? du "capitalisme régulé par des
pouvoirs publics".
Waouh ! ça a du carburer sec des méninges, là haut...
Vous noterez au passage que tous ceux qui ont l'outrecuidance de l'ouvrir en
ce moment, sans même penser une demi-seconde à demander pardon avant, sont
également tous d'accord sur le fait qu'il faut précisément "plus de régulation
des pouvoirs publics".
Vous noterez aussi qu'ils sont tous, bien que parfois à des échelles
différentes, représentant des sus-cités "pouvoirs publics".
Vous noterez enfin avec moi que nous sommes proches aujourd'hui d'une espèce
"d'union sacrée" entre la gauche et la droite (ou les soi-disant telles),
puisque tous disent exactement la même chose (tout en revendiquant de le dire
mieux que l'autre et que l'autre ne le dit pas, ou avait dit le contraire
avant). Bref, pitoyable, sans plus et comme d'habitude.
Alors soyons clairs : ces gens là ne sont pas des abrutis et croient,
malheureusement, sincèrement à ce qu'ils sont en train de dire.
S'ils disent tous la même chose, c'est simplement qu'ils partagent, à quelques
détails près, une même vision du monde, une même échelle de valeur, disons une
même culture au sens large. Précisément celle qui est en train de s'effondrer
sous nos yeux.
Cette jolie union sacrée (qui n'est pas sans rappeler celle du référendum
sur la constitution européenne) accouchera au mieux, c'est écrit d'avance, à un
nouveau "Bretton Woods" à l'échelle internationale et à des pouvoirs de
régulation accru pour ceux qui en décideront aux échelles nationales.
En gros, des "patchs". Des "ad-on', des "plug-ins"...
Très bien, après tout, c'est leur taff ; mais les perspectives réelles de
sortie de ce système en faillite ne viendront que de l'extérieur du système
lui-même.
A ce stade, il n'existe que deux "grandes directions", qui ne soient pas du
"capitalisme régulé", l'une et l'autre étant ensuite extrêmement riches
d'applications diverses :
- le libéralisme
- l'altermondialisme
(je considère le communisme comme appartenant au passé, ok ?)
En gros, soit du "vrai" capitalisme, dérégulé (ou "libéré", c'est selon...),
soit une autre économie mondiale, non capitaliste.
Pour ma part, je considère que le premier n'est qu'une sorte "d'idéal
théorique", applicable uniquement dans un monde qui n'existe pas en pratique et
réservé, donc aux labo de recherche ou aux doux rêveurs.
"Mon" altermondialisme, au contraire, me semble extrêmement concrêt et
ultra-adapté, puisque déjà en œuvre.
Il s'agit de développer peu à peu, et sans usine à gaz ou dogme pré-établi, des
milliers d'entreprises à taille humaine, interconnectées à l'échelle planétaire
et qui ne rémunèrent pas le capital.
(ou plafonnent la rémunération du capital par celle du travail).
Il est clair que nos dirigeants officiels ne choisiront pas cette piste afin de
l'appliquer "d'en haut".
Et c'est tant mieux, ce serait dangereux.
Il nous appartient donc de la développer "par le bas". ça a déjà commencé, et tout le monde est bienvenu.
Commentaires
Je partage cette vision. Quelle surprise
Je pense aussi que le vrai libéralisme est un idéal théorique intéressant mais relativement inapplicable. Sauf à supposer que les humains naissent "responsables" d'eux des autres et de la planète et le restent (et encore). En tout cas nous ne pouvons pas le savoir, il n'a jamais vraiment été à l'œuvre (si ? si oui où/quand ?).
Pour ce qui est de l'autre alternative proposée ici, reste un problème de poids : le système actuel ne le laissera probablement pas se développer trop puisque, tout comme la gratuité, c'est une menace à son fonctionnement. Or nous le savons ce système, même s'il est relativement mis à mal à l'heure actuelle, même s'il fait clairement parti du passé aussi, est puissant, totalement lié aux systèmes politiques, y compris internationaux, et aux mains de personnes qui ne veulent pas le voir disparaître comme tu l'explique bien ici.
Il est par ailleurs fortement lié à l'économie disons illégale (mafias, cols blancs etc.) qui participe également à l'économie mondiale et pas qu'un peu... Là aussi ce sont des gens puissants (parfois les mêmes) et pas forcément prêts à voir se développer des alternatives si elles venaient à faire trop tâche d'huile...
Non ? Comment trouver le(s) moyen(s) de développer vraiment ces alternatives dans ce contexte (sans qu'on nous mette à un moment ou l'autre des battons dans les roues je veux dire) ? Ou alors le problème ne se pose pas et c'est moi qui me prend la tête pour rien (c'est tout à fait possible
) ?
En tout cas le changement de mentalité est en marche je le pense sérieusement
Et je pense aussi que c'est à nous effectivement, par le bas,
de changer le monde 
En un scrabble (qui rapporte du point qui plus est):
Waaouuw
Un grand merci pour tes derniers Posts :
efficace, concis, impactant (oui je sais ça n'existe pas), et tellement simple que même un ministre des finances aurait pu y penser (encore faudrait-il que les ministres pensent).
j'adhère à la quasi totalité de tes conclusions :
-oui, pour moi aussi, la seule chose qui maintient le "système" à peu prêt en place est la confiance.
-oui ce "système" se base sur des axiomes faux (du style 1+1=3)
-oui, c'est l'éducation (ou plutôt le manque d'éducation) qui fait de nos dirigeants les buses qu'il sont (comme tu le dis si bien c'est aussi le fait que si tu es rétribué lorsque tu es bon et que tu es aussi rétribué quand tu es mauvais, tu choisis rapidement d'être mauvais parce que ça te demande moins d'effort).
-Oui, il faut d'urgence changer de direction (voir sauter du véhicule), sous peine de se manger un bon gros mur bien massif (avec élan qui plus est).
Là ou je ne te rejoins pas, c'est quand à la possibilité d'éviter ce mur : je pense sincèrement que notre voiture n'a pas de volant et que les portes ont la sécurité enfant.
Je pense non moins sincèrement que la seule chose intelligente à faire est de relever nos tablettes, d'attacher nos ceintures et de mettre nos mains sur la tête pour nous préparer à l'impact.
Ce n'est qu'en sortant des décombres du crash que nous pourrons bâtir autre chose, et j'en suis persuadé, cet autre chose verra l'Homme reprendre la place qu'il n'aurait jamais dû quitter.
Mais en tout cas, c'est toujours un réél plaisir de lire ta prose illuminée et jubilatoire.
Dans l'attente d'un crash, krack, crunch ou autre clash, je te prie d'agréer l'expression de ma considération sans condition...
Ce matin pour la première fois, je suis d'accord avec les conclusions ci-dessus, celles de Raffa....On aura beau dire, comme Mafalda:" Stop, laissez-moi descendre"...On file droit contre le mur. Le système est vérouillé et défendu par des gangsters super armés. A moins que....Un sursaut de la population....Bof!! J'y crois pas trop mais on ne sait jamais.
En tout cas ce blogue est génial car réfléchir au krakc-boum etc...c'est déjà s'équiper pour un futur pour le moins incertain.
Le changement viendra d'en bas c'est certain. Tous les grands changements viennent d'en bas. Mais comme je l'ai déjà écrit sur le blog de Raffa, les lois, qui impliquent sanctions, sont écrites par ceux d'en haut. Ceux tout droit sorti du moule des hautes écoles d'économie et de management: les clones de la pensée UNIQUE DOMINANTE & DOCTRINAIRE. Pour changer cet état, il faut un changement de mentalité d'une majorité de personnes. Gorbatchev ne s'est pas fait tout seul, ce sont les mentalités qui ont fait Gorbi. Ce qui est unique aujourd'hui c'est le caractère mondial du phénomène et l'atteinte inéluctable d'un point de rupture, de non retour. Avant, il était toujours possible de tricher (de Trichet?) dans l'espace et le temps. Aujourd'hui, c'est encore possible (paradis fiscaux, sociaux et environnementaux) mais les limites matérielles et morales se font de plus en plus pesantes. Il faut 3 à 10 planètes pour un niveau de vie occidental, 24.000 personnes meurent de faim par jour dans le monde… En attendant, faute de rendement financiers dans les créneaux classiques, l'agrobusiness est le nouvel eldorado.
Pour que cela change, il faut changer notre relation à l'argent et surtout, apprendre à se connaître. Tant de prouesses technologiques et de connaissances et si peu d'introspection et de connaissance de soi. Dans ce cas, faut-il s'étonner de nos dérives? Qu'elles soient ou aient été religieuses, scientifiques ou économiques…
et oui depuis six mois on savait que cette crise allait éclater au grand jour dans le moi de septembre ... mdr, le monde de la finance n'est qu'une vaste fumisterie au service des escrocs des paradis fiscaux et des chambres de compensations au diable toutes cette M............. au diable tous ceux qui en profite ....
au diable les restaurants cinq étoiles et autres hôtels de luxe qui servent cette bandes d'enculer de service ...
vivement la fin du monde ....
au moins la on sera tous égo
bande d'enfoirée
Dieu
Tu as vu le texte de Denis Sieffert dans Politis qui lui ne croit pas du tout à la fin du capitalisme.
Le capitalisme avait survécu en 29, y'a pas de raison qu'il crève aujourd'hui, les enjeux étant trop grands.
par contre c'est toujours les même qui trinquent.
http://www.politis.fr/La-fable-de-l...
Salut Rob,
Je viens de le lire. Je vais peut-être t'étonner, mais je ne suis pas loin d'être d'accord avec l'essentiel.
Tous ceux qui "attendent" que le système capitaliste s'effondre tout seul vont au devant de sévères désillusions.
Là où je ne rejoins pas Sieffert, c'est qu'il n'est justement pas "tout seul" ce système.
D'accord avec lui aussi sur le fait qu'une partie de la réponse sera "politique". Par contre, s'il continue à vouloir la chercher dans l'arène politique "traditionnelle" (les partis, leurs media, etc.) il est clair qu'il ne la trouvera pas. Ce serait comme vouloir trouver les germes de la démocratie à la cour de Louis XVI...
La politique, la vraie, se fait aujourd'hui en dehors. Aux terrasses des cafés, dans certaines entreprises, sur certains blogs, etc.
"La sorcellerie capitaliste, pratiques de désenvoûtement", un livre de Philippe Pignarre et Isabelle Stengers (La découverte Poche ) qui aide à cheminer et à penser à des actions.
Ils y développent une pensée en faveur du "un autre monde est possible" de Seattle, ce qui sur le moment peut sembler désuet ou utopique (dans le mauvais sens du terme), mais avec le temps, quelque chose de nouveau se met en route dans la tête, d'où le choix du mot cheminement .
Il a peut-être déjà été question de ce livre ici, mais , je découvre votre site aujourd'hui grâce à une amie à qui je sais gré de m'avoir indiqué cette bonne adresse !
et oui si ça ne vient pas d'en bas ça ne viendra jamais.
En attendant il paraît que la population US se rebiffe devant le plan paulson, et se scandalise et inonde les représentants au congrés avec ldes courriers electroniques de protestation, eussi dan sles rues:
Washington 26 de septuembre de 2008.- Más allá del sentido de urgencia y de una intensa lucha partidista que se libraba en el Capitolio, el principio de acuerdo que permitirá rescatar a la banca y a Wall Street desataba ayer una oleada de protestas en varios puntos de EU.
Con concentraciones en más de 200 ciudades de 41 estados, una coalición de organizaciones han rechazado el plan de rescate que resolverá los problemas del gran capital, pero no de la inmensa mayoría de la población que hoy rechaza la inédita operación de rescate que la Casa Blanca y el Congreso han negociado a contrarreloj.
En las oficinas del Congreso, cientos de miles de llamadas y correos inundan las oficinas de los congresistas con las protestas de quienes se oponen a rescatar a “los gatos gordos de Wall Street”, mientras los contribuyentes sufren a duras penas para llegar a fin de mes.
“La gente en gran parte del país está indignada con este acuerdo y por eso hemos decidido sumarnos a la protesta”, aseguró David Elliot, portavoz de la organización UsAction, que se ha sumado a una amplia coalición de organizaciones para repudiar el plan de rescate que demócratas y republicanos buscaban acotar para impedir que el plan de rescate por un total de 700 mil millones de dólares se convierta en un cheque en blanco para Wall Street.
“La gente que depositó su confianza en la gente de Wall Street se siente frustrada y engañada”, aseguró Alam Chaney, uno de los muchos ciudadanos que ayer se dieron cita a las puertas de la Casa Blanca, al mismo tiempo que el presidente George W. Bush recibía a los líderes del Congreso y a los candidatos presidenciales demócrata y republicano, Barack Obama y John McCain.
“Ya no confiamos más en ellos para sacarnos de esta crisis”, añadió Chaney, inconforme con la posibilidad de rescatar a quienes han sido los principales causantes del desastre financiero, sin que las autoridades federales de EU hayan esclarecido responsabilidades.
También protestas por ‘e-mail’
A la protesta en calles de Estados Unidos se sumaba ayer la de la movilización concertada de millones de ciudadanos que se han volcado sobre sus representantes en el capitolio.
Cientos de miles de llamadas y correos electrónicos inundaban ayer las oficinas de los congresistas, para advertirles contra las consecuencias de un plan de rescate que podría traducirse en un importante voto de castigo en las elecciones del próximo 4 de noviembre.
source aporrea
Pfff, comment veux-tu que je te lise en gardant mon sérieux, maintenant je t'imagine toujours en train de taper sur ton clavier avec un couteau de cuisine entre les dents ! :-))