La plus grosse caisse d'epargne US en faillite
Par Aureliano Buendia le vendredi 26 septembre 2008, 09:38 - Lien permanent
Les autorités US ont procédé il y a quelques heures à la mise en faillite de Washington Mutual, sixième banque US et première caisse d'épargne, en faisant ainsi, et de loin, la plus grosse faillite bancaire de l'histoire des Etats-Unis. WaMu, c'était 188 milliards d'actifs. Ce triste record était détenu jusque là par la faillite de la Continental Illinois National Bank & Trust, en 1984, avec 40 Mds d'actifs. Je n'ai aucune idée à ce stade du degré d'exposition des autres banques du monde à WaMu. Mais ça ne va évidemment pas arranger les choses.
Petit détail : "d'habitude", les autorités US annoncent les mises en faillite le vendredi APRES la clôture. (histoire de disposer du WE pour amortir la panique). Là, elles l'annoncent avant. Si on n'en restait là, ce serait une très sale journée à Wall Street. Sauf si l'annonce du plan de sauvetage de Paulson est prévue pour aujourd'hui, histoire de faire oublier très vite cette faillite monumentale...
Commentaires
un domino de plus.. combien celui-ci peut-il en faire tomber? Combien de temps ça va encore durer? Combien de personnes vont se retrouver au chômage? Combien de faillites de plus? Pourquoi l'argent ça ne travaille pas tout seul? Sur quoi repose le système? Comment on arrête de croire à tout ça?
Que de questions intéressantes..
Il est temps de passer au futur.
Même si ce système s’effondre, il ne fera pas place par magie à un autre meilleur. Il se remettra, mais ce sont certes les pauvres et classe moyenne qui passeront à la caisse et – pas mieux - les bases de la vie sur terre !
Voilà…Petit rappel.
Autre banalité mais dont il faut se souvenir: nos bouffons politico-médiatiques pleurnichent, promettent mais se gardent bien de remettre en question le fondement du système.
On jette (si tout va bien) des salaires de misères en pâture aux salariés, on les dépouille de tout pouvoir, on les humilie…Une grosse somme de souffrances infligées aux populations et dont on connait le but : permettre aux riches de devenir encore plus riches.
Alors c’est bel et bien le rapport entre exploiteurs et exploités qui doit être transformé. Nos gouvernements ne le feront pas. Eux sont là pour protèger les hyper riches qui sont leurs copains ou ,comme le font parfaitement les socialistes, patronner les bien nantis,
Donc tout ira encore plus mal sauf… si les exploités résistent, ripostent et se constituent en force sociale capable de construire une alternative.
Ce qui n’exclue pas bien sûr pleins d’autres façons individuelles ou associatives de changer les choses au quotidien.
Un «un monde meilleur est encore possible» Mais il ne viendra pas tout seul.
Aureliano ! Dire que le communisme c’est du passé...Heu… la prudence ne serait-elle pas plutôt de ne pas jeter bébé avec l’eau du bain ? Toutes les expériences et les idées sont bonnes à prendre…
Billet un peu court pour une fois ! Faut dire qu'avec un tel suspens économique ...
le plan sera peut-être connu ce soir pendant le débat OBAMA-MC CAIN sans MC CAIN (qui veut pas y aller il parait). Je suppose que ce serait bon pour John mais je ne suis malheureusement pas un fin analyste des campagnes électorales.
J'ai une petite question sur des sujets qui n'ont jamais été abordé dans les billet précédent. Qu'en est-il des LBO et des fonds de pension ? Sont il vraiment une menace de plus ou juste une supercherie de quelque alarmistes ?
Enfin, il est possible de connaître la véritable histoire de ces 200 dernières annéees, en fait depuis l'indépendance des USA du joug anglais, dont les visions sont diamétralement opposées. 3 vdo stupéfiantes nous aident à comprendre ce qui s'est vraiment passé au 20e siècle (dont les deux guerres mondiales) et qui se trame actuellement aux USA. Dans la série : Incroyable mais vrai, voici : le rideau se lève...
http://www.dailymotion.com/Solidari...
http://www.dailymotion.com/popular/...
http://www.dailymotion.com/CHOIX-RE...
Oui, vous avez bien vu ! Le rideau se lève sur un groupe de personnes dont la conscience a été obscurcie à l'extrême par l'appât de gain et de pouvoir à tout prix, au détriment de l'humanité et de la planète. Nous nous libérons actuellement de ces chaînes, de cet aveuglement, pour que naisse la Nouvelle Terre.
Deniz
Vive Vanille!
elle a mis le doigt sur CE QUI est important (la vie, donc le ùonde ça se vit à la première personne du singulier! il n'y a que ça de respectable normalement) sur l'analyse de bon sens, et sur les pistes pour une véritable sortie de crise;.
Cette faillite consacre la fin des politiques néolibérales, le déclin de la droite et peut-être aussi la chute du capitalisme sous sa forme actuelle.
Lisez mon billet là-dessus: http://pourquedemainsoit.wordpress....
Une reflexion possible à conduire, en dehors des invectives populistes prononcées par Sarkozy à Toulon, est la distinction entre un capitalisme états-unien, interventionniste et souvent protectionniste pour soi, libéral, à marche forcée, pour autrui, et un capitalisme européen, à réiniventer.
Il ne faut pas se leurrer, l'économie française fonctionne sur un mode capitalistique depuis l'"enrichissez-vous" prononcé par Guizot devant la chambre des députés en 1843. Jamais nous n'avons basculé dans une économie administrée. Le débat n'est donc pas de savoir si l'on est pour ou contre le capitalisme dans son acception première : un fonctionnement de l'économie fondé sur la production et l'accumulation de richesses.
A mon sens le vrai et l'unique débat qui doit sortir de l'actuelle crise est : l'Europe sera-t-elle capable, sous l'impulsion de la France notamment, de promouvoir un capitalisme "à l'européenne", comme nous en avons si longtemps développé un, distinct de la doxa américaine. Le capitalisme européen est par nature - c'est une donnée historique - plus familial (actionnariat familial), prudent, fondé sur une large épargne des particuliers, moins dominé par les financiers que par l'état et le politique. Des pratiques comme les golden parachutes n'ont pas dix ans sur notre continent, ils viennent des Etats-Unis.
Clairement, l'Europe laisse aller à la dérive un "modèle" capitalistique qui n'est pas pensé comme tel mais que l'histoire permet d'identifier, au profit des pratiques états-uniennes qui peuvent mener aux pires excès. C'est d'indépendance, d'abord intellectuelle, qu'il s'agit : bref, le politique doit reprendre ses droits et, à nouveau, concevoir l'économie comme une force, nécessaire, au service du progrès humain.
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L'Europe ? Quelle Europe ?

Celle qui s'est précisément interdit tout ça par ses différents traités ?
Sérieusement, je crois que cette crise est d'une ampleur telle qu'elle nous invite à nous interroger sur les racines les plus profondes du capitalisme.
Nous n'en sortirons pas par un retour en arrière (capitalisme "paternaliste" à la sauce 19eme siècle), ni par une fuite en avant (libéralisme), ni surtout par une main mise de l'Etat sur l'économie (du modèle actuel "renforcé", version Sarko ou la "gauche" plan-plan, jusqu'au communisme).
Je crois qu'il est grand temps de comprendre que l'économie est aujourd'hui mondialisée. Les capitaux vont grosso modo où ils veulent, et ils iront là où le couple risque/rentabilité sera le plus performant. Point Barre. Aucun Etat au monde, y compris les US, n'a les moyens de changer ça.
Mais nous, nous les avons.
Le temps des différents capitalismes (modèles japonais, rhénans, anglo-saxons, etc.) est révolu. Cette lutte a déjà eu lieu dans les années 80-90 et ce sont clairement les modèles les plus libéraux qui sont sorties vainqueurs. Il ne sert à rien de vouloir refaire ce match en ressortant des vieux modèles.
Il n'y a plus qu'un modèle, et il y aura un "avant" et un "après" ce modèle.
Il ne s'agit déjà plus à mes yeux de sauver le capitalisme mais bien de construire, dès aujourd'hui, l'après-capitalisme.
Tout à fait ! Et je propose de le nommer :
"T'es pas cap'italisme".