Il y a quelques jours, on commémorait la fin de la première guerre mondiale. Il y a quelques mois, nous sommes entrés dans ce qui sera probablement la première crise mondiale.

La première, oui. Car il y en avait eu des guerres, avant. Des tas. Des guerres de Troie, des guerres puniques, des guerres des Gaules, des guerres de cent ans, des guerres de succession, des guerres civiles, des guerres de religion, des indiennes, des austro-turques et des russo-suédoises, des coloniales, des napoléoniennes, des napolitaines, mais rien qui, jusque là, avait mérité ce qualificatif : mondiale. Rien qui jusque là avait atteint en amplitude, en cauchemar, en nombre d'individus et de nations impliqués celle qui allait être, cette fois, la "der des der".

Cette crise est la première de l'ère de la mondialisation. Toutes les tentatives de comparaison avec les précédentes, en particulier celle de 1929, n'ont pas de sens. Celle-ci est d'une autre trempe. Et quand je dis trempe... je m'entends.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on n'entend plus trop parler de faillites depuis quelques temps. On a eu une bonne rafale à la fin de l'été et puis.. pffuit, plus rien. Depuis le mot clé, c'est plutôt "plan". Plan de sauvetage, de secours, de licenciement, de relance. Plan. Sur la comète...

Alors c'est joli les plans, ça occupe les medias, mais je vous assure qu'on se dirige vers une deuxième vague de faillites d'une ampleur sans précédent. Disons à partir de février-mars. Pourquoi donc ? Prenons une boite, grosso modo à l'équilibre, qui gagne 100 et dépense 100 tous les mois. Beaucoup de boites vivent avec deux mois de tréso devant elles, donc 200. Dans certains secteurs (genre l'automobile), la demande a chuté très fortement d'environ 30% (notamment parce que, pour acheter une voiture, il faut généralement un crédit. Plus de crédit, plus de bagnole) La boite qui gagnait 100 ne gagne plus que 70. Elle perd donc 30 par mois, avec 200 de "réserves" : 7 mois plus tard, c'est mort. Septembre --> mars. Évidemment, c'est très grossier, mais il y a de ça. (Pour General Motors, vous remplacez juste "100" par "10 milliards de dollars" et ça le fait assez bien) Pour les autres, vous pondérez avec la chute plus ou moins forte des ventes, les réductions d'effectifs plus ou moins rapides et drastiques, la tréso dispo, et vous obtenez un bel étalement des faillites sur tout le premier semestre 2009. Voilà.

Je sais, c'est pas marrant, mais qu'est ce que vous voulez que je vous dise ? ça va saigner.

Mais on vous le promet, on va tirer les leçons. On va même... euh... tiens, on va même "refonder le capitalisme". Ah ! ça a de la gueule ça non ? Et pi on va faire des plans. Plein de plans. Des plans Paulson, des plans Wilson... En 14 points on va les faire. Et comme ça, c'est sur, cette crise, ce sera la dernière.

La der des der.