2008 vous a plu ? Vous allez adorer 2009...

Bon, meilleurs voeux à tout le monde, santé et bonheur et... et c'est déjà pas mal, parce que question pognon, ça va être coton. On rentre direct dans le vif du sujet avec le déficit commercial américain, publié hier.
- 40,4 Milliards de dollars pour le mois de Novembre.
C'est une réduction énorme (26% en un mois ! ça fait près de 5 ans qu'on n'était plus passé en-dessous de 50 Mds/mois) qui, théoriquement, pourrait annoncer que le vrai rééquilibrage vient de commencer. Et que les US vont donc être, enfin, contraints d'adopter un train de vie plus en adéquation avec leurs moyens ; ce qui ne signifierait en aucun cas la fin de la crise, mais au moins, le début de la disparition des causes réelles de la crise.

Sauf que... je sais pas, y a un truc qui ne me plait pas dans ce chiffre.
Déjà, c'est beaucoup, beaucoup trop rapide. Le timing est un truc essentiel en économie (la vraie, pas dans les livres). Il est crucial que les différents acteurs aient le temps d'adapter leur comportement à la nouvelle situation. Là c'est trop rapide. Un peu comme en plongée, en fait. Si vous remontez comme une balle après avoir passé 5 ans à -50m, c'est l'accident de décompression assuré. Et là, le corps, c'est toute l'économie US.
Ensuite, si on regarde dans le détail, la majeure partie de la baisse du déficit est due à l'effondrement du prix du pétrole. Très fragile donc. Pour le reste, on constate surtout une chute violente de l'ensemble des échanges (importations et exportations). Bref, tout ça donne l'impression que le retour sur terre, après des années de vie à crédit, risque d'une part d'être assez violent et d'autre part de laisser quand même subsister des déséquilibres profonds. Ni le beurre, ni l'argent du beurre, en somme.

Voilà pour les courants de fond, maintenant retour en surface, où la tempête fait rage.
Je réitère ma prévision d'une vague de faillites sans précédent et dans tous les secteurs dès le premier semestre 2009. Rien qu'aujourd'hui, 2 chaines de magasins US, ainsi que la multinationale Nortel ont fait faillite. Citigroup, la plus grosse banque américaine, semble en très mauvaise posture. HSBC aurait besoin d'une recapitalisation de 27 Mds. L'industrie automobile US est dans le coma, etc.
C'est assez dingue à imaginer, mais tout le monde sous-estime encore l'ampleur du merdier. Un petit exemple : même très bien informés, vous avez du entendre parler de 3 ou 4 faillites de banque aux US l'année dernière. (Une californienne, la retentissante de Lehman, et puis quelques faillites déguisées par des arrangements d'urgence). Nous en sommes pourtant déjà à 40 faillites bancaires ! Je pense que l'ordre de grandeur est le bon : tout le monde a l'impression qu'on est dans une merde noire, mais ce qui nous arrive est en fait 10 fois pire !

On ne devrait donc pas tarder à voir les premiers signes de la dernière phase de l'effondrement du système dans son ensemble : la faillite des Etats. (une agence de notation a d'ailleurs dégradé aujourd'hui la note de "sécurité" des emprunts de la Grèce. Suivants en Europe : l'Irlande, l'Espagne et le Portugal...)
Le plus hallucinant dans cette histoire est sans doute à quel point c'est gros comme une maison et à quel point tout le monde continue la fuite en avant en faisant semblant de ne pas le voir. ça ressemble comme deux gouttes d'eau à la bulle Internet ou à la folie financière des dernières années. Les lecteurs de ce blog sont bien placés pour savoir que, même sans être économiste, on pouvait annoncer la crise actuelle il y a 3 ans. Là, c'est pareil : Les Etats inondent les marchés de thunes qu'ils n'ont pas, (le déficit budgétaire US vient, en 3 mois seulement, d'exploser le record historique de toute l'année 2007), même un gosse se rendrait compte qu'il y a un truc qui cloche, et tout le monde, mis à part quelques économistes perdus et quelques zouaves dans mon genre) s'applique à regarder ailleurs, en se disant, sans doute, que la main invisible va nous régler ça comme le reste. Ben, je vous le dis, y a des claques invisibles qui se perdent.

Une note d'optimisme pour finir ?
Dans l'histoire comme dans la nature, la pourriture est le laboratoire de la vie...