Allez hop, deux posts en deux jours, c'est la fête.

D'abord un petit exemple en live de ce que j'évoquais dans mon post précédent, à savoir, "tout le monde le sait, mais tout le monde se tait". Voici, via contreinfo, la traduction d'une tribune de Martin Wolf, dans le FT. Comme vous pouvez le voir, il aborde, à la fin et en quelques lignes, le sujet principal de ce blog.

je cite :
"Le déficit de la balance courante doit également être réduit. Le secteur privé US n’est plus en mesure de vivre à crédit pour compenser les déficits de la balance extérieure, et le gouvernement ne pourra se le permettre que quelques années. A long terme, l’économie mondiale doit être rééquilibrée. C’est un défi politique international gigantesque, mais indispensable pour assainir la situation."

Comme vous le voyez, il est conscient du truc, mais il ne déroule pas. Et comment on fait garçon ?
Et les conséquences si ça ne marche pas ? Et si ce n'était tout simplement pas jouable ? ou pas dans le timing ?

Mais bon, ce qui a motivé ce mini post est un autre article, des Echos cette fois.

On y lit que Mme Parisot aurait déclaré : "Il faut que le grand public comprenne que c’est par l’entreprise qu’on trouvera la solution vers la croissance, pas par les Etats, pas même par la coopération des Etats".
Je vais peut-être vous étonner, mais je ne suis pas loin d'être d'accord. Je suis même tout à fait d'accord. (à part sur l'appellation "croissance", mais c'est un autre (immense) sujet).
Là où on diverge, Laurence et moi, c'est qu'elle reste dans une vision du monde totalement dépassée, obsolète, et étonnamment, la même que celle des syndicats ou de ce qu'il reste de la gauche. Une vision du monde où il n'y aurait que le secteur privé capitaliste et le secteur public.
Ben faut sortir Laurence. Sortir et se taire. Et regarder, sentir. Et réfléchir.

Oui, je crois aussi que l'entreprise (et au delà, l'initiative humaine) est un formidable moteur. Oui, je crois qu'il faut miser là dessus. Mais si on veut mettre ce moteur splendide au service de la planète et de l'humanité, il va falloir le libérer. Car il est aujourd'hui totalement soumis à un seul maitre, un seul objectif : la rémunération du capital. Ce qui n'était qu'un moyen est devenu un but. Et nous avons là un gros bug.
Heureusement, Laurence, (et les autres), vous vous plantez.
Parce qu'il n'existe pas que du privé capitaliste et du public. Il y a aussi du privé non-capitaliste. ou "post-capitaliste". Il n'y a même quasiment que ça. Et si on souhaite réellement libérer l'entreprise, alors c'est de cet esclavage là qu'il faut la libérer : la rémunération du capital. Autrement dit, le vol. Le capitalisme est un dévoiement, un parasitage de l'entreprise.

L'entreprise moderne et libre, celle du 21eme siècle, se situe "après le capitalisme".
Your kingdom is doomed, guy's...

Pour finir, un autre extrait du même article, où le Parisot allemand, Mr Jürgen R. Thumann, estime qu'il est crucial de ne pas autoriser les gens qui ont des priorités politiques très différentes à exprimer leur opinion pour dire que +le capitalisme, c'est fini, le libre échange, c'est fini+".

On le voit, le libre-échange, chez ses gens là, ce n'est en tout cas pas celui des idées ! :-)

hé. tu sais quoi, Thumann ? On t'emmerde.