Il se passe trop de trucs, j'ai du mal à suivre. Zappons les détails
techniques, voilà, en vrac et à mon avis, "ce qu'il faut en retenir" (comme on
dit sur les chaines d'infos...)
- Les injections de milliards par les banques centrales correspondent,
grosso modo, à de la création monétaire. C'est donc très rapidement l'infation
qui va trinquer.
- Ces injections de pognon donnent un petit coup de fouet à court-terme et
ont le mérite d'arrêter les mouvements de panique, mais elles ne règlent rien
du tout à long-terme.
- Bien au contraire, elles ne font que différer, donc aggraver, la crise qui
suivra.
En résumé, ce sont de toutes façons (et évidemment, et une fois de plus) les
"petits" (les particuliers, les humains, quoi) qui vont trinquer. Tous ces
mouvements ressemblent beaucoup plus à une tentative pour différer la crise et
laisser le temps aux investisseurs institutionnels de réagencer leurs
portefeuilles sans trop de casse, qu'à autre chose.
Mine de rien, nous venons, tous ensemble, de filer des milliards à nos banques
qui avaient fait des placements risqués, ont perdu, et... se tournent donc
indirectement vers nous pour qu'on leur redonne de quoi continuer à faire
mumuse...
(étonnament, on n'entend plus beaucoup les libéraux, d'un coup...)
On notera au passage qu'un choix lourd de conséquences (celui de faire
porter la casse sur les particuliers et pas sur les profits des entreprises
responsables) vient d'être fait.
Par qui ? Au nom de qui ?
Surement pas par les pseudo représentants du peuple qui reviennent
tranquillement de vacances et n'y peuvent de toutes façons pas grand
chose...
NB1 : oui, bon, le titre est discutable. C'est une double private joke,
désolé.
NB2 : pour ceux qui souhaitaient "travailler plus pour gagner plus",
vous commencez à en voir là la vraie couleur : il faudrait que vous
travailliez encore un peu plus, svp, because votre banquier a joué les sous du
loyer au PMU et a tout perdu. Vous inquiétez pas, vous n'y verrez que du feu...
vous allez juste tout payer un peu plus cher dans quelques mois (c'est ça le
secret, le décalage de quelques mois). A ce moment là, vous n'aurez qu'à
accuser les fonctionnaires, les retraites, la sécu, l'euro ou la Chine... OK
?
ça tombe bien d'ailleurs, parce que, à propos de votre retraite, justement,
euh... comment vous dire ? ça vous dirait de gagner plus ?
Alors que tous les regards de la finance
internationale sont tournés vers le subprime et le risque de "credit crunch",
il se peut qu'ils ratent, du coup, une menace bien plus importante encore. Car
tout au bout de ce gigantesque système de crédit, il y a... l'économie US dans
son ensemble, et le financement de sa dette, en particulier par la Chine.
Il se trouve que cette petite chose est
aussi, à bien y regarder, le ciment ultime du système capitaliste. Vous allez
bosser le matin parce que vous pensez que vous serez payés à la fin du mois.
Vous laissez vos thunes sur un compte en banque pare que vous avez confiance
dans le fait qu'elles y seront toujours si vous venez les cherchez. Vous pouvez
payer avec des bouts de plastique ou de papier parce que le commerçant a
confiance. Et les banques prêtent des thunes (qu'elles n'ont pas) à tout le
monde parce qu'elles ont confiance.
Là où s’affrontaient hier encore la
force de mollets, la finesse des stratégies et le courage des acteurs, c’est
aujourd’hui le débit de la transfusion qui devient la condition principale pour
sortir du peloton.
Prenez ces prédecesseurs, c'était autre
chose ! des gars péchus. Volcker, c'était Darth Vader. Le mec qui soigne
le mal par le mal, voyez. Pas fin, le garçon. L'homme qui a fait monter les
taux au-delà de 20% pour abattre l'inflation. Même pas peur. Et Greenspan...
Ah ! le regretté Greenspan, un poète Greenspan, le yoda de la finance
internationale, plus de 18 ans à la tête de la Fed ! un mythe... mais
passons.
