Il y a 15 jours, Chiquita, ancienne "United Fruit", perdait 28.6% en une journée. Depuis, les affaires de ce symbole de 50 ans de domination US sur l'Amérique latine ne se sont pas arrangées. Ils ont encore perdu près de 15% supplémentaires, dont 9% aujourd'hui...
Et ce n'est pas le seul grand symbole d'une splendeur passée qui ait du plomb dans l'aile, loin s'en faut.
La star de la semaine est assurément General Motors, bien connu pour ses gros pick-ups, ses Cadillac, Buick, GMC et autre Hummer, un peu moins pour sa généreuse contribution à la construction de la machine de guerre nazie ou ses non moins généreux financements d'une bonne part de l'extrême-droite européenne après-guerre. "De l'histoire ancienne" direz-vous. Pas tant que ça : General Motors, fleuron de l'industrie américaine, premier constructeur US, a perdu depuis octobre dernier la bagatelle de 76,6% de sa valeur, ce qui les ramène à leur cours de... 1954 ! C'était bien la peine de se donner tant de mal, tiens.
A tel point que Merrill Lynch (énorme banque d'investissements) estime aujourd'hui qu'une faillite de GM n'est pas exclue ! (Merrill qui, au passage, affiche aussi un resplendissant -66% depuis un an)
Toujours au chapitre "symboles en berne", Starbucks a annoncé hier la fermeture de 600 enseignes aux US. Enfin, Citigroup, première banque du pays, a déjà perdu plus de 70% de sa valeur boursière et ce n'est surement pas fini.
Voilà pour les bonnes nouvelles.
Bon évidemment, Exxon, Microsoft, Mc Do, Nike, Monsanto et Coca vont encore plutôt bien, (quoique, Coca commence à tirer la gueule), mais ça fait quand même une jolie tripotée de porte-drapeaux qui ont plus qu'un genou à terre.
Pour finir, le graphe de l'année : c'est le cours de bourse, depuis 1991, de mon chouchou, Ambac, réhausseur de crédit de son état et -98,79% depuis le 18 mai 2007, "sous vos applaudissements" !

Tout ça pour vous souhaitez, un peu en avance, un Happy Independance
day ! 
(merde, j'ai oublié de parler d'Ingrid Betancourt) Bon, à la place, une petite citation de Hugo avec le mot "symbole" : "le meilleur symbole du peuple est le pavé : on marche dessus jusqu'au jour où il vous tombe sur la tête".
Voilà pour les commentaires
irrespectueux. Pour ce qui est de l'analyse, j'en sais rien. Il semble qu'on se
dirige de façon de plus en plus certaine vers une bonne crise économique
mondiale, dont l'entrée en récession de l'économie US donnera le départ
officiel et dont les pauvres du monde entier feront les frais.
Alors que tous les regards de la finance
internationale sont tournés vers le subprime et le risque de "credit crunch",
il se peut qu'ils ratent, du coup, une menace bien plus importante encore. Car
tout au bout de ce gigantesque système de crédit, il y a... l'économie US dans
son ensemble, et le financement de sa dette, en particulier par la Chine.
Il se trouve que cette petite chose est
aussi, à bien y regarder, le ciment ultime du système capitaliste. Vous allez
bosser le matin parce que vous pensez que vous serez payés à la fin du mois.
Vous laissez vos thunes sur un compte en banque pare que vous avez confiance
dans le fait qu'elles y seront toujours si vous venez les cherchez. Vous pouvez
payer avec des bouts de plastique ou de papier parce que le commerçant a
confiance. Et les banques prêtent des thunes (qu'elles n'ont pas) à tout le
monde parce qu'elles ont confiance.
"Nous avons donc, d’une part, un exode
dans les campagnes mexicaines (migration vers la ville et vers l’étranger,
surtout les États-Unis) et un repeuplement (injection d’ouvriers agricoles,
principalement d’indigènes dépossédés de leurs terres, dans les nouvelles
grandes propriétés et dans l’agro-industrie, et d’autre part une destruction
(de la nature, de la terre, des forêts, de l’air, de l’eau et de la faune, mais
aussi des relations communautaires) et une reconstruction (des terres
auparavant cultivées sont remplacées par des terrains de golf, des centres
commerciaux, des hôtels et des parcs d’attraction).