La fin du capitalisme

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mardi 23 septembre 2008

Plan Paulson : et si ça ne marchait pas ?

Quelqu'un a-t-il des news de Jérôme Kerviel ?

Non , parce que, souvenez-vous... le pataquès international qu'ils nous ont fait pour... combien ? 4 milliards ? Allez, je vous le fais à 5 et on n'en parle plus.
Non, mais franchement, 5 malheureux petits milliards de dollars !
Si quelqu'un le connait, faut lui dire de pas s'en faire au Jérôme, hein, parce que ça fait une paye qu'on a changé de braquet, là.
Aujourd'hui, pour 5 milliards, t'as plus rien !

700 milliards qu'il allonge, le Paulson !
Tiens je vous le fais comme ça :
700 000 000 000 US$ (essayez de taper ça pour voir, ça fait presque mal au pouce. On croirait le prix du pain dans les années 30 en Allemagne)
Z'imaginez ? non, hein ? Moi non plus. On n'est pas encore 7 Mds sur cette planète. On est en train de parler de 100$ par être humain.
Pour un "plan".
Un pauv' plan.

Et vous voulez que je vous dise le pire ?
Eh ben il me plait pas, à moi, ce plan. A ce prix là, avouez que c'est moche.
Henry Paulson doit être furax. "Quoi ? je mets d'un coup d'un seul ce que gagne un Smicard en 333 333 siècles (ouais, j'ai compté, ça nous amène en...beaucoup, vu qu'au 100eme siècle on serait en l'an 10 000) bref, un monceau de thunes incommensurable et Aureliano Buendia n'est toujours pas content ? mais qu'est ce qu'il lui faut ?"
... qu'il se dit le Paulson.
Eh bien je vais vous le dire tout de suite.

Mais d'abord, petit résumé de ce qui est reproché aujourd'hui à ce fameux plan (par "les gens qui savent")
En gros, le plan c'est donc : on creuse un grand trou. L'Etat achète tous les trucs foireux des banques (ils appellent ça des "actifs toxiques", c'est mignon, non ? un peu comme les déchets...), pour ça, il dispose de 700 Mds. On met tout dans le trou. Les banquiers ressortent de sous la table tout propres, débarrassés de leurs actifs toxiques, et reprennent le business en hurlant au monde entier " A y est ! j'ai fini !" (je le sais, ma petite fille fait pareil en sortant des toilettes). Quelques temps plus tard, Paulson descend dans le trou, ressort tout le bardas et essaie de le revendre discretos pour récupérer son pognon.

Quelques reproches sont donc déjà évoqués :
- "C'est pas son pognon". Bah ouais, c'est celui du contribuable. ça on s'en fout, ça fait longtemps qu'on le sait, le contribuable est un con.
- "à combien il les achète les "actifs toxiques" ?" là, c'est des malins : Si Paulson achète pas cher, les actifs étant encore dans les comptes des banques pour des montants parfois fantasques, il va falloir inscrire le prix d'achat dans les bilans donc encore annoncer d'énormes dépréciations ! ça ne résout donc rien. (s'il achète cher, il ne revoit jamais son pognon, et vous revenez au premier point)
- "d'où qu'il les sort donc les 700 milliards ?" Eh oui... je ne vous fais pas l'article, si ça vous intéresse, lisez les 250 posts précédents de ce blog.

Ce dernier point mériterait évidemment un post entier. J'ai la flemme, je ferai ça bientôt. Gros warning à ceux qui répondrait trop vite "la Chine", la planche à billet", etc. On est arrivé là à des hauteurs vertigineuses auxquelles même les énormes excédents chinois se sauraient suffire...

Bref, à part ça, pourquoi il ne me plait pas, ce plan ?
D'abord parce qu'il pourrait bien ne pas suffire... le but du jeu, le SEUL but du jeu à court-terme pour Paulson, c'est de taper fort pour "restaurer la confiance". Et c'est très très aléatoire, la confiance. Pas le genre de truc qui s'achète, même à 700 Mds... et à voir les soubresauts des cours du pétrole ou de la bourse ces derniers temps, c'est loin d'être gagné.

Enfin, et bordel de merde, parce que j'aimerais que ce bon Henry et ces amis reconnaissent enfin qu'ils sont fauchés ! qu'ils pourront redistribuer tous les milliards qu'ils veulent dans tous les sens, tant qu'ils n'auront pas mis un terme au train de vie pharaonique de l'économie US dans son ensemble, ils ne s'en sortiront plus ! J'aimerais que ce bon Paulson et sa clique disent enfin au monde entier et particulièrement aux gouvernants de ce pays qui leur collent au train :

"STOP !!! Arrêtez tout ! on s'est gaufrés !
Il faut de toute urgence stopper les dépenses militaires et la marchandisation de tout ce qui bouge et complètement "définanciariser" nos économies, sinon on va tous y passer"

Ce jour là, je pourrai enfin fermer ce blog et vous dire à tou-te-s :
Le capitalisme est mort, bienvenue au 21eme siècle.

jeudi 18 septembre 2008

Une page se tourne

Je ne vous l'apprends pas : ça s'accélère franchement.
Je zappe donc rapidement toutes les infos que vous pourrez trouver abondamment commentées ailleurs, on va tenter de filer direct à l'essentiel, évidemment beaucoup moins médiatisé.

Ces dernières heures : après la disparition de 3 des 5 empires financiers US qui faisaient encore la pluie et le beau temps dans le monde l'année dernière (Bear Stern, Lehman Brothers, Merril Lynch) et l'implosion du premier assureur US, AIG, il semblerait que le 4eme larron (Morgan Stanley) soit au plus mal. La dernière JP Morgan, ne passera sans doute pas l'hiver non plus. Une des plus grosses banques de dépôt, Washington Mutual (WaMu pour les intimes) chercherait un repreneur d'urgence. Bref, c'est la cata annoncée depuis longtemps sur ce blog et ailleurs.

Le "dernier rempart" d'un capitalisme à l'agonie est constitué d'un quatuor de choc : la Fed, le Trésor, la FDIC et la SEC.
Quatuor sur tous les fronts en ce moment et qui ne sait plus où donner de la tête... et du carnet de chèque.

Questions simples, presque naïves, mais ô combien légitimes et finalement pertinentes :
- "Mais d'où sortent donc ces milliards que les "pouvoirs publics" sont en train de distribuer en urgence ?"
- " je croyais que l'Etat US était lui-même endetté..., donc QUI paye ?"

D'où sortent les milliards en question ?
A ce stade, ils ont principalement été distribués par la "Fed".
Or l'impensable est en train d'arriver sous nos yeux : la toute puissante, la sacro-sainte "Fed ", l'ultime bastion, pourrait bien, à son tour, être au bout du rouleau.
Le trésor US vient, ce soir, d'organiser en urgence des enchères pour... renflouer la Fed !
Vous parliez de ça à un économiste il y a un mois, il vous prenait pour un fou...
Ces enchères sont donc des emprunts, contractés par le Trésor (l'Etat fédéral US) qui prête ensuite à la Fed, qui a elle-même prêtée aux banques, qui... etc. OK.
Mais qui prête donc au Trésor ?

Question beaucoup trop "bête" pour que nos têtes pensantes se la posent. Dommage.
Dommage, parce qu'ils se la posaient, ils pourraient constater, peut-être, une demi-seconde avant d'en crever, qu'elle n'a déjà plus de réponse...
Un économiste vous dira, en haussant les épaules : "Ben, les acteurs économiques !" (genre, il est con lui...)
Un journaliste du Libégaro vous dira, en écarquillant les yeux : "Ben, la Chine, les fonds souverains, tout ça !" (genre, il habite où, lui ?)
Les "acteurs économiques". OK. Mais les acteurs économiques US sont, dans leur globalité, endettés jusqu'aux yeux ! L'argent qu'ils sont en train de prêter au trésor, ils le doivent déjà à d'autres. Qui ?
"La chine, les fonds souverains, tout ça". Super. Est ce si sur ? Pour combien de temps ?

Un seul organisme, directement concerné, regarde un peu ce qui se passe : le département du Trésor US lui-même.
Et ça donne ça, les "TIC data".
Ce sont les thunes qui entrent aux US, sous une forme ou une autre et qui sont donc censées compenser les "pertes" (en très gros, le déficit commercial, soit environ 60 Mds de dollar par mois).
Ces données ont été publiées hier et concernent le mois de juillet. Le verdict est sans appel : -8.2 Mds (ligne 21)
Là où 60 Mds auraient du rentrer, juste pour pouvoir continuer la fuite en avant, non seulement rien n'est entré mais 8 Mds sont même sortis.
Attention, ces données sont très volatiles et d'une telle complexité qu'elles contiennent des marges d'erreur énormes.
(Pour les fans de ce sujet, voir le blog de Brad Setser au "Council on Foreign Relations". Attention, c'est extrêmement dur à lire) Une seule chose est sure : il y a un bug, un immense bug sur le financement de l'ensemble de la dette de l'économie américaine.

Et c'est à mon avis clairement là que ça se passe. Les faillites en tout genre, à côté, c'est quasiment de la rigolade.

Vu le délai de publication de ces données (un mois et demi), les chiffres du mois de septembre ne seront disponibles qu'à la mi novembre. Ils pourraient être encore à peu près potables dans la mesure où les financiers US semblent en train de rapatrier des fonds du monde entier. Mais derrière, c'est le gouffre et l'explosion du truc au grand jour : la faillite de toute l'économie américaine.

C'est donc une page de l'histoire du monde qui est en train de se tourner en ce moment même.
Ceux qui pensent que "bah ! la chine prendra le relais" devraient d'urgence lâcher leurs bouquins.
On ne remplace pas comme ça un "point de croissance" par un autre "point de croissance". On ne remplace pas la production américaine d'armement, de logiciels, de médicaments, de pétrole, etc. par des T-shirts et des jouets en plastique !
Je caricature, ok, mais c'est un système économique entier qui s'effondre, le capitalisme d'Etat chinois n'y survivra pas non plus !

Devant l'énormité du désastre annoncé, les prophètes se sont remis à prêcher.
Toujours les mêmes vieilles soupes :
D'un côté, les libéraux (les vrais, pas la droite pépère), pour lesquels toutes ces crises sont dues aux interventions de l'Etat.
De l'autre, les "interventionnistes" (disons la gauche, ou les "néo-keynésiens"), pour lesquels il faut au contraire plus de règlementation et un poids plus important de l'Etat dans l'économie.
ça fait un siècle que les uns et les autres nous bassinent avec leurs dogmes à deux balles.

Pendant ce temps, des milliers de gens, d'individus, loin de ces stériles querelles construisent, non pas une voie médiane (c'est précisément le système qui est en train de se vautrer) mais une "autre" voie :
Une économie privée ET non capitaliste.
Des dizaines de formes d'entreprises différentes, qui commencent à savoir presque tout faire, des grains de blé à la finance, mais SANS rémunération du capital.

Une page se tourne, et la prochaine est blanche.
A nous de l'écrire.

mercredi 10 septembre 2008

un scénario de rêve

Bon, j'espère que vos vacances se sont bien passées, que vous êtes revenu-e-s détendu-e-s, bronzé-e-s et reposé-e-s, parce que ça repart très fort.

(tiens, au chapitre "vacances", je ne sais pas ce que vous avez fait, mais je vous assure qu'on peut passer de super moments sans partir au bout du monde et dépenser des fortunes. Une bonne paire de godasses et un sac à dos et vous passez 15 jours dans un des plus beaux pays du monde avec à peu près tout ce que vous voulez au programme. Océan, montagnes, campagne, sports en tout genre, rando, spéléo, escalade, plongée, vélo, canoë, yoga, bonne bouffe, culture, festivals, visites, châteaux, grottes, détente, fêtes, massages, des régions splendides, des chouettes gens; la France, c'est top. Et c'est 100 fois mieux pour votre portefeuille, pour votre santé et pour la planète que le Club Med à perpette. Je le redis : un aller-retour à New York et vous avez immédiatement émis la quantité de CO2 "acceptable" par être humain pour une année entière...)

Revenons à l'économie...Je vous rassure, vous n'avez pas raté grand chose au mois d'août. Un vague espoir des boursicoteurs que "le pire soit passé", une bonne descente du baril de pétrole et une légère remontée du dollar, basta.
Et puis la rentrée et vlan, on repart dans le scénario catastrophe.

En très gros, malgré tous les efforts et les "coups" de la Fed et de l'administration Bush, la situation de l'économie américaine est bien pire qu'il y a un an et l'avenir plus sombre encore. La seule vraie différence, c'est que les pouvoirs publics ont maintenant tiré la plupart de leur cartouches et qu'ils vont bientôt arriver, à leur tour, au bout du rouleau.
Ils ont pour l'instant concentré leurs efforts sur, non pas des réformes de fond, qu'il faudra faire de toutes façons, mais sur le fait d'essayer de sauver la face, à défaut des meubles. Ce sont des centaines de milliards qui ont été engloutis pour éviter la faillite d'un "grand nom" qui aurait à coup sur provoqué une vague de panique. 30 à 40 milliards pour Bear Sterns, un chèque "conso" de 168 Mds, quelques gruges dans les règlements de la bourse et maintenant jusqu'à 200 Mds pour Fannie et Freddie et tout ça avec un déficit budgétaire qui explose à plus de 400 Mds, les américains sont en train de faire un très très joli cadeau à leurs enfants.
Et tout ça, comme je l'évoquais dans le post précédent, ne règle rien. ça ne fait que gagner un peu de temps en espérant sans doute décaler le pire jusqu'à... la prochaine administration.
A ce stade, 9 banques US ont déjà fait faillite. Mais 90 sont déjà officiellement en difficultés et certains estiment que 100 à 200 devraient tomber l'année prochaine.
Et tout ce que grille aujourd'hui l'Etat US pour essayer de masquer l'ampleur réelle des dégâts, c'est autant qui ne sera pas disponible demain pour régler les vrais problèmes !
Aujourd'hui même, Lehman Brothers, l'un des 5 plus gros établissements financiers, qui avait déjà perdu plus de 75% de sa valeur, vient encore de chuter de 45% et se retrouve au plus mal.

L'agonie va encore prendre de très longs mois, mais le capitalisme tel qu'on l'avait connu jusqu'ici a entamé son chant du cygne. D'autant qu'enfin, on commence à se rendre compte un peu partout qu'on avait des alternatives sous les yeux depuis déjà longtemps. Je vous le dis : "Les mouches ont changé d'âne".
Un peu partout, bien en-dessous de la ligne de mire des futurs ex-grands de ce monde, des réseaux se tissent, des liens se forgent, des projets naissent, des entreprises différentes se montent, de nouveaux modèles émergent, des nouvelles idées circulent. Le monde des assos, des ONGs, des coopératives, des réseaux, des PMEs bouillonne. Ils sont bio, éthiques, équitables, coopératifs, associatifs, responsables, durables, renouvelables ; ils font de la bouffe, de l'énergie, de l'info, des transports, des fringues, des logiciels, de la musique. Ils consomment moins et vivent souvent plus. Ils sont inclassables et souvent invisibles. Mais ils sont bien là et sont en train de changer le monde.

mardi 15 juillet 2008

Crise : quels pouvoirs ont réellement les "pouvoirs publics" ?

Depuis maintenant un an, l'onde de choc déclenchée par l'explosion des subprimes se propage à toute l'économie.
Immobilier, finance, banque, automobile, industrie, demain assurance, services, l'assèchement du crédit et de la confiance se répand comme une trainée de poudre laissant de plus en plus rarement aux investisseurs le temps de reprendre leur souffle avant d'attaquer un nouveau secteur, un nouvel épisode.

Cette crise du crédit, moteur du capitalisme à l'américaine, conjuguée à l'envolée des prix du pétrole, des matières premières en général et de l'alimentation, provoque des turbulences telles que tous les regards se tournent peu à peu vers le dernier rempart du libéralisme : les pouvoirs publics.
Un comble, sans commentaire.

Le patron de la Fed, Ben Bernanke, que sa bonne bouille faisait encore passer l'année dernière pour un bon père de famille un peu mollasson, n'a jamais eu autant de pouvoir, jamais concentré autant d'espoirs et d'attentes fiévreuses, jamais eu autant d'yeux rivés à ses lèvres, à l'affut du moindre mot, de la moindre inflexion dans le ton, qui sera ensuite commentée à l'envie par les haruspices de la finance, analysée, décortiquée, relayée à l'infini par les media financiers du monde entier et fera valser les milliards pour construire finalement la "tendance" du jour. Ou pas.

Ben Bernanke Ou pas, parce que ce bon Ben n'est jamais que ce à quoi il ressemble : un nain de jardin perdu dans la jungle financière mondiale.

Il va bien falloir se l'avouer : Ben est déjà à fond, depuis plusieurs mois, et avec lui tous les pouvoirs publics US.

En plus de la Fed, sur tous les fronts depuis un an, la faillite de Indymac a vu l'entrée en scène d'un nouvel acteur, la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation). Un organisme, né de la crise de 1929, chargé de garantir les dépôts jusqu'à 100 000$ en cas de faillite bancaire.

Quels sont donc les pouvoirs réels de ses surveillants de baignade du capitalisme ?
Ont-ils vraiment autre chose dans leur joli maillot rouge que les poumons gonflés à l'hélium de Pamela Anderson ?

Avant le striptease, quelques ordres de grandeur. pamela anderson Les subprimes et leurs conséquences ont d'ores et déjà couté plus de 300 Milliards de dollars de dépréciations en tous genres aux banques.
La note complète pourrait bien être plus proche de 1 600 Mds, voire 3 000 Mds selon certaines estimations.
L'ensemble des crédits hypothécaires US représente 12 000 Mds, dont environ 40%, soit 5 000 Mds, "portés" par les désormais célèbres "Fannie" et "Freddie", en grande difficulté.

En face, nos glorieux sauveteurs de Alerte à Malibu Wall-Street alignent :
- quelques dizaines de milliards pour la Fed. (40 environ)
- 60 milliards pour la FDIC.

Le "sauvetage" de Bear Stern a déjà engagé 30 Mds de la Fed. La faillite de Indymac devrait couter entre 4 et 8 Mds à la FDIC, soit en gros 10% de ses réserves, pour une seule faillite, certes grosse, mais on en attend de 100 à 200 dans les mois qui viennent !

On le voit, les "réserves" en question ne passeront peut-être même pas l'arrivée du tour et il va falloir une sacrée dose d'EPO pour atteindre Noël...

Alors il reste quoi ?

Il reste LE super pouvoir en carton : la confiance. La sacro sainte confiance dans la super puissance de l'Etat américain.
Et ça sert à quoi la confiance dans ces cas-là ? ça sert à dire : "si les banques sont en difficulté, moi, l'Etat, je leur prêterai des thunes. Donc elles ne feront pas faillite. ite missa est."

Car c'est une évidence, c'est écrit (entre les lignes) dans la Bible: l'Etat américain ne PEUT pas faire faillite.
L'armée US ne PEUT pas perdre au Vietnam, ni en Irak, ni en Afghanistan, General Motors ne PEUT pas faire faillite, on ne dira pas demain "l'emprunt américain" comme on a dit hier "l'emprunt russe". Ce n'est pas POSSIBLE.
voilà. Puisqu'on vous le dit,
...à la télé...

Plus sérieusement, avant qu'on en soit là, il est donc déjà certain que le seul pouvoir réel des pouvoirs publics US est en réalité de garantir qu'ils prêteront un argent qu'ils n'ont pas aux établissements en difficulté.

ça parait dingue, et pourtant, ça marche ; mais ce ne sera pas sans conséquences : ça revient en gros à augmenter la quantité de dollar en circulation (la fameuse "planche à billet"), donc à voir assurément s'envoler une inflation qui est déjà sortie des limites.

Il n'est pas du tout impossible qu'on revoit rapidement une inflation de plus de 10% annuels ; Jusqu'au jour où le reste du monde sera fatigué de placer ses réserves dans une monnaie qui perd plus de 10% de sa valeur chaque année.

L'aube de ce jour là est en train de se lever. Le soleil se couchera sur un champ de ruine.

mardi 8 juillet 2008

Puis vint Bertha...

Juste un petit post en passant pour vous annoncer l'entrée en lice d'un nouveau protagoniste dans notre grand jeu de massacre du capitalisme.

Alors que General Motors annonce des restrictions drastiques, envisageant au passage la vente de le fameuse marque Hummer, que FIAT met 4 de ces 5 usines au chômage technique une semaine sur 4 jusqu'en octobre, que les craintes de dépréciation n'en finissent plus, bref, que la crise financière est tranquillement en train de se transformer en bonne vieille crise économique (quelle surprise !), alors, enfin, que les 8 plus gros dirigeants de la planète sont encore allés se réfugier dans un hôtel de luxe gardé par une armée entière, pendant ce temps là, tranquille, un peu pataude, Bertha avance, Bertha souffle, Bertha enfle.

Bertha, c'est le premier ouragan de la saison dans l'Atlantique Nord.

Et c'est déjà un beau bébé, catégorie 3, s'il vous plait.

Bon, il est fort probable qu'elle rate les terres et se contente devenir gentiment léchouiller la côte Est. C'est le début, le tir n'est pas encore bien précis. Va falloir cadrer tout ça par la suite.

Objectif principal : les puits de pétrole du golfe du Mexique.
Et je ne vous fais pas le dessin des cours du brut si ça tape dans le mille.

Bertha

Ses petits copains s'appelleront, par ordre d'entrée en scène :
Cristobal, Dolly, Edouard, Fay, Gustav, Hanna, Ike, Josephine, Kyle, Laura, Marco, Nana, Omar, Paloma, Rene, Sally, Teddy, Vicky, Wilfred

Perso, je parierai bien sur Omar...

(sinon, la saison des résultats des entreprises commence demain. Pas encore trop de dégâts, à mon avis, ça viendra plus tard.. Mais la publication du déficit commercial US, en fin de semaine, pourrait être sympa)

jeudi 3 juillet 2008

Symboles

Il y a 15 jours, Chiquita, ancienne "United Fruit", perdait 28.6% en une journée. Depuis, les affaires de ce symbole de 50 ans de domination US sur l'Amérique latine ne se sont pas arrangées. Ils ont encore perdu près de 15% supplémentaires, dont 9% aujourd'hui...

Et ce n'est pas le seul grand symbole d'une splendeur passée qui ait du plomb dans l'aile, loin s'en faut.

La star de la semaine est assurément General Motors, bien connu pour ses gros pick-ups, ses Cadillac, Buick, GMC et autre Hummer, un peu moins pour sa généreuse contribution à la construction de la machine de guerre nazie ou ses non moins généreux financements d'une bonne part de l'extrême-droite européenne après-guerre. "De l'histoire ancienne" direz-vous. Pas tant que ça : General Motors, fleuron de l'industrie américaine, premier constructeur US, a perdu depuis octobre dernier la bagatelle de 76,6% de sa valeur, ce qui les ramène à leur cours de... 1954 ! C'était bien la peine de se donner tant de mal, tiens.

A tel point que Merrill Lynch (énorme banque d'investissements) estime aujourd'hui qu'une faillite de GM n'est pas exclue ! (Merrill qui, au passage, affiche aussi un resplendissant -66% depuis un an)

Toujours au chapitre "symboles en berne", Starbucks a annoncé hier la fermeture de 600 enseignes aux US. Enfin, Citigroup, première banque du pays, a déjà perdu plus de 70% de sa valeur boursière et ce n'est surement pas fini.

Voilà pour les bonnes nouvelles.

Bon évidemment, Exxon, Microsoft, Mc Do, Nike, Monsanto et Coca vont encore plutôt bien, (quoique, Coca commence à tirer la gueule), mais ça fait quand même une jolie tripotée de porte-drapeaux qui ont plus qu'un genou à terre.

Pour finir, le graphe de l'année : c'est le cours de bourse, depuis 1991, de mon chouchou, Ambac, réhausseur de crédit de son état et -98,79% depuis le 18 mai 2007, "sous vos applaudissements" !

ambac

Tout ça pour vous souhaitez, un peu en avance, un Happy Independance day ! ;-)

(merde, j'ai oublié de parler d'Ingrid Betancourt) Bon, à la place, une petite citation de Hugo avec le mot "symbole" : "le meilleur symbole du peuple est le pavé : on marche dessus jusqu'au jour où il vous tombe sur la tête".

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