La fin du capitalisme

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Tag - coopérative

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mardi 10 février 2009

Système bancaire : le NPA démarre avec... un siècle de retard.

Je dois l'avouer, j'aurais bien aimé.
J'aurais bien aimé que ce Nouveau Parti Anticapitaliste, au-delà du nom le plus nul de l'histoire (après le Modem, peut-être) puisse faire un peu bouger les choses. ça parait mal barré...

A la question "Quel rôle votre parti donnerait-il aux banques ?", son médiatique porte-parole répond (sur rue89) : "On ne préconise pas simplement de nationaliser les entreprises bancaires qui sont en train de s'écrouler dans le cadre de l'économie de marché, mais de réunifier toutes les banques, qu'elles soient publiques ou privées, dans un seul et même service public bancaire, qui soit placé sous le contrôle des salariés, des consommateurs."

Et là, tout s'effondre.
Mais comment peut-on faire des propositions d'un tel archaïsme ? Merde, on est encore en pleine Union Soviétique là ! Centralisation, Etatisation, etc. Que de la daube.
Moi qui espérait qu'ils avaient un peu dépassé ça, ben non.

C'est trop nul.
Mais quand est-ce que tout ce petit monde va faire preuve d'un peu d'imagination ? ou ne serait-ce qu'ouvrir les yeux ?
Entre ceux qui veulent continuer comme avant en maquillant un peu mieux le truc, ceux qui nous ressortent Keynes (bientôt un siècle aussi, merci) et les drapeaux rouge du siècle dernier, on est aidés, tiens !
ça me fout les boules.

Ma banque, c'est la NEF (avec le soutien du crédit coopératif). Ses choix d'investissement me conviennent, sa gouvernance aussi ,c'est une coopérative. J'en suis super content. Et même presque fier, mais bordel, pour rien au monde je ne voudrais que ce soit la seule !

Et si je me trompe ?
Et si d'autres gens ont envie de faire d'autres choix ?
La standardisation, l'uniformisation, c'est dangereux ! comment faut leur dire ?
Dans un monde complexe, nous avons besoin de diversité.

Di-ver-si-té.

là.
On peut tout à fait avoir un système de banques coopératives (donc, à mes yeux, post-capitalistes) qui soient en concurrence entre elles, qui fassent des choix différents, chacune étant contrôlée par ses salariés et ses clients mais surtout pas par l'Etat !

Je sens qu'il va encore falloir se taper le boulot...

jeudi 15 janvier 2009

Entreprise, capitalisme et économie de marché

Allez hop, deux posts en deux jours, c'est la fête.

D'abord un petit exemple en live de ce que j'évoquais dans mon post précédent, à savoir, "tout le monde le sait, mais tout le monde se tait". Voici, via contreinfo, la traduction d'une tribune de Martin Wolf, dans le FT. Comme vous pouvez le voir, il aborde, à la fin et en quelques lignes, le sujet principal de ce blog.

je cite :
"Le déficit de la balance courante doit également être réduit. Le secteur privé US n’est plus en mesure de vivre à crédit pour compenser les déficits de la balance extérieure, et le gouvernement ne pourra se le permettre que quelques années. A long terme, l’économie mondiale doit être rééquilibrée. C’est un défi politique international gigantesque, mais indispensable pour assainir la situation."

Comme vous le voyez, il est conscient du truc, mais il ne déroule pas. Et comment on fait garçon ?
Et les conséquences si ça ne marche pas ? Et si ce n'était tout simplement pas jouable ? ou pas dans le timing ?

Mais bon, ce qui a motivé ce mini post est un autre article, des Echos cette fois.

On y lit que Mme Parisot aurait déclaré : "Il faut que le grand public comprenne que c’est par l’entreprise qu’on trouvera la solution vers la croissance, pas par les Etats, pas même par la coopération des Etats".
Je vais peut-être vous étonner, mais je ne suis pas loin d'être d'accord. Je suis même tout à fait d'accord. (à part sur l'appellation "croissance", mais c'est un autre (immense) sujet).
Là où on diverge, Laurence et moi, c'est qu'elle reste dans une vision du monde totalement dépassée, obsolète, et étonnamment, la même que celle des syndicats ou de ce qu'il reste de la gauche. Une vision du monde où il n'y aurait que le secteur privé capitaliste et le secteur public.
Ben faut sortir Laurence. Sortir et se taire. Et regarder, sentir. Et réfléchir.

Oui, je crois aussi que l'entreprise (et au delà, l'initiative humaine) est un formidable moteur. Oui, je crois qu'il faut miser là dessus. Mais si on veut mettre ce moteur splendide au service de la planète et de l'humanité, il va falloir le libérer. Car il est aujourd'hui totalement soumis à un seul maitre, un seul objectif : la rémunération du capital. Ce qui n'était qu'un moyen est devenu un but. Et nous avons là un gros bug.
Heureusement, Laurence, (et les autres), vous vous plantez.
Parce qu'il n'existe pas que du privé capitaliste et du public. Il y a aussi du privé non-capitaliste. ou "post-capitaliste". Il n'y a même quasiment que ça. Et si on souhaite réellement libérer l'entreprise, alors c'est de cet esclavage là qu'il faut la libérer : la rémunération du capital. Autrement dit, le vol. Le capitalisme est un dévoiement, un parasitage de l'entreprise.

L'entreprise moderne et libre, celle du 21eme siècle, se situe "après le capitalisme".
Your kingdom is doomed, guy's...

Pour finir, un autre extrait du même article, où le Parisot allemand, Mr Jürgen R. Thumann, estime qu'il est crucial de ne pas autoriser les gens qui ont des priorités politiques très différentes à exprimer leur opinion pour dire que +le capitalisme, c'est fini, le libre échange, c'est fini+".

On le voit, le libre-échange, chez ses gens là, ce n'est en tout cas pas celui des idées ! :-)

hé. tu sais quoi, Thumann ? On t'emmerde.

lundi 13 octobre 2008

Le capitalisme bouge encore... achevons-le.

Je vous fiche mon billet qu'on va voir fleurir demain les articles de presse commençant, tout en restant très prudent, à parler de cette crise au passé. et pourtant...

Pourtant comme le résume bien José dans ses carnets de nuit, l'important n'a pas du tout, mais alors pas du tout été abordé.

Il est fort probable que tout ce petit monde reste prudent et modeste et dise maintenant vouloir s'atteler à cette fameuse "réorganisation" de la finance mondiale ; et qu'on voit donc refleurir les mots creux et les déclarations d'intention, "transparence", "régulation" et tutti quanti.

Fort probable aussi qu'on n'entende pas le moindre murmure sur la seule vraie cause de cette crise : le train de vie hallucinant des Etats-Unis, complètement insolvables, et financés (jusqu'à quand ?) par le reste du monde. Une situation qui n'a, à ce stade, pas évolué d'un pouce.

Encore plus probable enfin, qu'on cache très vite sous le premier tapie tapis venu les critiques jusque là virulentes du modèle capitaliste.

Toutes ces belles réunions à l'échelle mondiale seraient pourtant l'occasion, impensable jusqu'alors, d'accords internationaux sur une sortie en douceur de ce modèle obsolète, et désormais, quoi qu'on en dise, moribond.

Voici du coup, puisque ça va être la mode dès demain, mon top 3 personnel des réformes à mettre en œuvre :

- la limitation de la rémunération du capital par la rémunération du travail
Je ne détaille pas, c'est un point directement hérité des SCOP, ça fonctionne extrêmement bien, et ça permet de sortir en douceur de la course folle à la rémunération du capital. (NB : personnellement, je serai plutôt pour une abolition pure et simple de la rémunération du capital, mais passons...)

- la mise hors-la-loi des paradis fiscaux
Sur ce point, il y a 90% de chances qu'il soit évoqué, 50% de chances qu'il aboutisse à une déclaration "ferme" (et 5% à une action autre que symbolique)

- la fin du monopole de la création monétaire par les banques
Point crucial, finalement assez simple, et longuement débattu sur de nombreux blogs, mais pas du tout dans les medias traditionnels.

Le second est plutôt de l'ordre du "gadget important" comparé aux deux autres. Il y a donc une petite chance qu'on en entende parler. Pour le premier et le troisième, ne vous faites aucune illusion : il va falloir le faire tout seuls.

lundi 6 octobre 2008

Gouvernements du monde, jetez l'éponge !

avant qu'il ne soit trop tard...

Quels que soient les soubresauts, de plus en plus violents, de la bourse, les vrais indicateurs, les vraies causes, sont évidemment ailleurs.

Et chaque jour qui passe voit les gouvernements occidentaux jeter des milliards, puis des dizaines de milliards et maintenant des centaines de milliards dans la bataille, pour essayer de sauver quoi ? l'humanité ? la planète ? la biodiversité ? le climat ? les entreprises ? les gens ?
Non, le système bancaire.

Mais, de grâce, laissez tomber le système bancaire !
On s'en fout du système bancaire !
Ce n'est pas lui qui bosse, merde, le système bancaire !

Bon, ok, c'est vos potes, et c'est bien d'aider ses potes. Certes. Mais bordel, au rythme où vous y allez, là, vous allez y passer aussi ! et vous êtes bien mignon, mais vous, en l'occurrence, c'est nous. Alors, s'il vous plait,on vous le demande gentiment une seule fois, vous arrêtez les conneries tout de suite.

Je ne reparle pas des 700 Mds de Paulson, mais regardez vous deux secondes :

Le gouvernement irlandais vient de garantir l'intégralité des dépôts dans les banques. il y en a pour 400 Mds ! soit... 7.7 fois son propre budget !
L'Etat français met quelques milliards dans le sauvetage de Dexia et avoue le lendemain qu'il va probablement... les emprunter !
L'Etat de Californie, par l'intermédiaire de son musculeux gouverneur, fait savoir au Trésor qu'il n'aura pas de quoi payer ses flics et ses hôpitaux à la fin du mois et qu'il lui faut d'urgence 7 Mds.
En Corse, l'hôpital d'Ajaccio fait faillite et est placé sous administration provisoire ! etc. etc.
Rendez-vous compte : vous n'êtes pas de taille.

Et merci d'expliquer à ceux qui croient voir dans les mouvements actuels la "revanche des Etats sur le libéralisme" qu'ils se foutent le doigt dans l'oeil profond. Ce serait plutôt les finances publiques jetées en pâture aux marchés financiers !

Bref, au lieu de dilapider les thunes qui restent et celles des générations futures pour essayer de sauver vos potes, il serait de bon ton de bien vouloir organiser :
- le sauvetage et le rachat massif de toutes les entreprises qui vont se planter par leurs salariés
- le développement de banques alternatives, respectueuses de la planète et de l'humanité
- le développement d'outils modernes de microfinance et de microcrédit généralisés, afin de rendre aux citoyens le pouvoir qui lui a été volé pendant trop longtemps par les banques et les Etats.

Si vous ne le faites pas, ne touchez à rien, on s'en charge ; mais de grâce arrêtez de jeter par les fenêtres des thunes que vous n'avez pas.

Nous ne paierons pas vos dettes.

mercredi 1 octobre 2008

Changez le monde, changez de banque

C'est devenu une évidence : nous vivons une période charnière.
L'incroyable conjonction des crises financière, économique, politique, sociale, écologique et climatique va profondément bouleverser le monde actuel.
Or c'est précisément dans ces périodes de crise que s'esquisse le monde de demain.

Pour le pékin lambda que nous sommes tou-te-s, l'ampleur des forces en jeu pourrait paraitre inaccessible et encourager à se cantonner au statut d'observateur plus ou moins averti.
Ce serait une erreur tragique, car, au moment où tous les pouvoirs en place s'arcboutent pour sauver ce qu'ils peuvent d'un système déjà obsolète, au moment où leurs empires financiers,médiatiques et militaires s'enfoncent chaque jour un peu plus vers une déroute annoncée, c'est étonnamment celles et ceux qu'on ne voyait plus, qu'on n'entendait plus, auxquel-le-s on ne demandait même plus leur avis, qui émergent peu à peu de l'ombre et du silence et commencent tranquillement, humblement à construire l'avenir au milieu des ruines.
Les plus puissantes armées ne peuvent souvent rien face à un peuple libre et déterminé.
De la même manière, les centaines de milliards qui sont mobilisés aujourd'hui ne pèseront pas bien lourd face à un pouvoir tellement insignifiant qu'il a été oublié, un pouvoir que chacun de nous ou presque détient, un joli grain de sable dans une si belle mécanique : changer de banque.

ça n'a l'air de rien, c'est pourtant probablement l'acte le plus révolutionnaire qui soit aujourd'hui.

La façon dont est utilisé votre argent détermine ce qui sera financé ou pas aujourd'hui, donc ce qui existera ou pas demain. Ce pouvoir énorme, vous le confiez aujourd'hui à un intermédiaire, votre banque. Êtes-vous bien sur de, c'est le cas de le dire, partager les mêmes valeurs ?

Ce choix a un impact énorme, parce que, non, les banques ne sont pas "toutes les mêmes".
En France, deux d'entre elles sortent tellement du lot qu'on ne peut même pas dire qu'elles fassent partie du même monde. En tout cas, elles ne financent pas le même :
Ce sont la NEF et le Crédit Coopératif.

Très concrètement, la NEF (20 000 clients/sociétaires, environ 150 millions d'euros d'actifs) conviendra aux "activistes pour la planète et l'humanité", le Crédit Coopératif (200 000 clients, 1,5 milliards d'actifs) convenant mieux à toute personne "responsable", concernée par l'avenir du monde, mais souhaitant retrouver les mêmes produits et services qu'ailleurs (en réalité, vous en trouverez même un peu plus qu'ailleurs).

Si, pour des raisons qui vous regardent, vous avez quelques réticences ou difficultés à quitter purement et simplement votre banque actuelle, ouvrez un deuxième compte et basculez petit à petit. Mais faites-le, c'est fondamental.

Et le plus vite possible. Nous sommes à un moment clé : le secteur bancaire "destructeur" est en crise, les banques alternatives sont arrivés à un bon degré de maturité et développent des réseaux et synergies à toute allure. Chaque euro va compter double. Non seulement, vous le confiez à des gens bien, mais en même temps, vous l'enlevez aux autres ! En France, les Amis de la Terre viennent de sortir leur guide des banques, le Crédit Coopératif vient de lancer une campagne d'envergure et des hommes et des femmes libres ;-) commencent à disposer des média pour faire passer le message...

L'heure est venue,
à nous de jouer.

mercredi 24 septembre 2008

les remèdes, pire que le mal.

A l'heure où il devient évident que nous vivons une crise "unique à l'échelle d'une vie" (Alan Greenspan), il est assez cocasse de constater que l'immense armada de ceux qui n'avaient rien vu venir se dispute la lumière des projecteurs pour faire généreusement don au monde entier de SA solution.

Il est tout aussi cocasse de constater que malgré la diversité (revendiquée) des intervenants, la fameuse solution est absolument partout la même.

Mais ce qui est encore plus étonnant, c'est que cette solution miracle n'est ni plus ni moins que... le problème lui-même.

Quittons donc un instant les tribunes où se bousculent les puissants et revenons un instant sur terre.

Nous avons un système économique, une sorte de "capitalisme régulé par des pouvoirs publics", qui vit actuellement une crise majeure et peut-être définitive.
Que nous propose-t-on comme remède ? du "capitalisme régulé par des pouvoirs publics".

Waouh ! ça a du carburer sec des méninges, là haut...

Vous noterez au passage que tous ceux qui ont l'outrecuidance de l'ouvrir en ce moment, sans même penser une demi-seconde à demander pardon avant, sont également tous d'accord sur le fait qu'il faut précisément "plus de régulation des pouvoirs publics".
Vous noterez aussi qu'ils sont tous, bien que parfois à des échelles différentes, représentant des sus-cités "pouvoirs publics".

Vous noterez enfin avec moi que nous sommes proches aujourd'hui d'une espèce "d'union sacrée" entre la gauche et la droite (ou les soi-disant telles), puisque tous disent exactement la même chose (tout en revendiquant de le dire mieux que l'autre et que l'autre ne le dit pas, ou avait dit le contraire avant). Bref, pitoyable, sans plus et comme d'habitude.

Alors soyons clairs : ces gens là ne sont pas des abrutis et croient, malheureusement, sincèrement à ce qu'ils sont en train de dire.
S'ils disent tous la même chose, c'est simplement qu'ils partagent, à quelques détails près, une même vision du monde, une même échelle de valeur, disons une même culture au sens large. Précisément celle qui est en train de s'effondrer sous nos yeux.

Cette jolie union sacrée (qui n'est pas sans rappeler celle du référendum sur la constitution européenne) accouchera au mieux, c'est écrit d'avance, à un nouveau "Bretton Woods" à l'échelle internationale et à des pouvoirs de régulation accru pour ceux qui en décideront aux échelles nationales.
En gros, des "patchs". Des "ad-on', des "plug-ins"...
Très bien, après tout, c'est leur taff ; mais les perspectives réelles de sortie de ce système en faillite ne viendront que de l'extérieur du système lui-même.

A ce stade, il n'existe que deux "grandes directions", qui ne soient pas du "capitalisme régulé", l'une et l'autre étant ensuite extrêmement riches d'applications diverses :
- le libéralisme
- l'altermondialisme
(je considère le communisme comme appartenant au passé, ok ?)

En gros, soit du "vrai" capitalisme, dérégulé (ou "libéré", c'est selon...), soit une autre économie mondiale, non capitaliste.
Pour ma part, je considère que le premier n'est qu'une sorte "d'idéal théorique", applicable uniquement dans un monde qui n'existe pas en pratique et réservé, donc aux labo de recherche ou aux doux rêveurs.
"Mon" altermondialisme, au contraire, me semble extrêmement concrêt et ultra-adapté, puisque déjà en œuvre.
Il s'agit de développer peu à peu, et sans usine à gaz ou dogme pré-établi, des milliers d'entreprises à taille humaine, interconnectées à l'échelle planétaire et qui ne rémunèrent pas le capital.
(ou plafonnent la rémunération du capital par celle du travail).
Il est clair que nos dirigeants officiels ne choisiront pas cette piste afin de l'appliquer "d'en haut".
Et c'est tant mieux, ce serait dangereux.

Il nous appartient donc de la développer "par le bas". ça a déjà commencé, et tout le monde est bienvenu.

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