On l'évoquait ici le 7 mars dernier, ce sont probablement près de 200
banques, rien qu'aux US, qui devraient ne pas voir la fin 2009.
Cette crise est en train de prendre doucement, tranquillement, sa pleine
ampleur. Et nous vivons en ce moment ses toutes premières conséquences dites
"réelles".
Même le FMI, d'habitude rassurant, pour ne pas dire aveugle, estime enfin que
le plus gros de la crise est sans doute DEVANT nous !
Indymac est donc considérée par les medias comme la première grosse banque à
boire la tasse, même si le "rachat" de countrywide financial par Bank of
America et le "sauvetage" de Bear Sterns par JP Morgan (aidé par 30 Mds de $ de
la Fed) étaient également des situations de faillite.
Tous ces petits gars étant liés les uns aux autres, il se prépare un joli jeu
de domino auquel pas grand chose ne devrait résister.
ça a mis quelques mois, le temps que tout le monde utilise ses maigres réserves
et marges de manœuvre pour faire face. Mais on arrive donc au moment où tous
les acteurs sont maintenant à plat.
Tous, y compris l'État, vers lequel tout le monde se retourne en ce moment dans
une espérance quasi religieuse.
Peu de monde ose se l'avouer, mais la Fed est déjà à bloc. Elle e engagé
l'essentiel de ses très maigres réserves (quelques dizaines de milliards) dans
le sauvetage de Bear Sterns et ne pourra pas le faire deux fois. Pire, elle
s'est engagée à garantir certaines créances foireuses des banques pour, en
gros, remplacer les réhausseurs de crédit, alors qu'elle n'en a pas une demi
seconde les moyens. Et je ne parle même plus du dilemme Taux/inflation,
l'affaire étant pliée depuis plusieurs mois.
Quant à l'Etat fédéral lui-même... son petit chèque de 800$ a fait rigoler
tout le monde en mai. (150 Mds cramés pour gagner un mois et ne rien régler,
chapeau). Et les rumeurs de "mise sous tutelle" des deux fameux spécialistes du
refinancement hypothécaire, Fannie Mac et Freddie Mae, semblent bien
optimistes, dans la mesure où celà reviendrait à doubler, d'un coup, la dette
de l'Etat !
Bref, c'est le début du carnage à tous les étages et de la panique à
bord.
D'autant que, outre ses petites histoires techniques, le seul chiffre
important, celui du déficit commercial est obstinément ancré dans la zone
insoutenable des 60 Mds de dollars mensuels (59.8 pour le mois de
mai).
Comme le faisait très justement remarquer un commentateur du post précédent,
une crise d'une telle ampleur ne peut que conduire à des bouleversements
politiques majeurs. (Souvenez vous de 1929 et de ce qui a suivi. ça parait
peut-être dingue, mais nous en sommes là, il est grand temps de se réveiller
!)
Côté gouvernements, les dérives sécuritaires protectionnistes, nationalistes
voire xénophobe sont en cours.
Reste à savoir quelle sera l'ampleur de la réaction des peuples.