Ah, les pauvres gens. Les Pau-Vres-Gens. Toute la journée, ils ont trimé, sué, flippé, brassé des milliards et des milliards sur toutes les places boursières de la planète, et tout ça pour quoi ?
0,00%
pointé.
Et si on cherchait la petite bête (ou alors, juste pour le symbole) on
pourrait même dire -0,00%, puisque le Dow Jones est passé de 11 824 .69, hier à
11 842.36 ce soir. Avouez que c'est rageant quand même.
Merde, alors ça sert à quoi de faire Sup de Co Quimper, suivi d'un MBA à
Colombey, de s'asseoir 12h par jour dans une tour en verre avec une cravate
ridicule, de mettre un poster de Jérôme Kerviel dans sa chambre et de brasser
toute la journée des milliards que d'autres ont créé si c'est pour pas ramasser
un centime à la fin ?
Alors quoi ? On peut plus gagner sa vie à rien à foutre dans ce patelin ou
quoi ?
C'est quoi cette embrouille ? alors, ça y est ? c'est fini ?
l'argent, ça travaille plus ?
ben merde...
Ben qu'est ce qu'ils vont pouvoir faire alors les traders maintenant ?
quoi ?
Travailler ?
Wouah, l'autre hé ! travailler ! et pi quoi encore ?
Ben si.
Citigroup devrait mettre 10% d'entre eux par la fenêtre à partir de demain.
Soit 6500 personnes, quand même. Et Goldman Sachs aussi.
Et s'il n'y avait que ça...
En plus des licenciements, toutes les banques ont annoncé de nouvelles
dépréciations à n'en plus finir. 3 Mds par ci, 12 Mds par là, il en pleut des
dépréciations. Et c'est pas fini.
Pourquoi donc ?
Parce que les agences de notation ont ENFIN lâché nos amis de Ambac et MBIA.
Vous vous souvenez ? les fameux "réhausseurs de crédit", les gus dont le
métier est de changer des emprunts en plomb en couilles en or.
Début mars, l'une de 3 grandes agences de notation (Fitch) les avait "dégradé".
Mais les deux autres (Moody's et Standard & Poors) leur attribuaient
toujours le sacro-saint "AAA", qui comme pour les andouillettes, permet de
faire la différence entre le fin du fin et un vague boudin qui sent un peu le
caca.
Et bien ils ont lâché aussi. Allez hop, dégradé, circulez, y a plus rien à
voir.
Du coup, les "titres, jusque là "réhaussés" reprennent tout à coup leur vraie
valeur dans les bilans des banques : rien.
Et il y en a pour un sacré pacson. Les gens de Ambac sont en train de faire
le tour des popotes histoire de refiler le bébé et l'eau du bain à tout le
monde et autant vous dire que c'est pas gagné : Ils en ont pour... 125
Milliards de dollars !
Dis proprement, ça donne ça :
"Le rehausseur de crédit américain Ambac serait en discussions avec plusieurs
banques au sujet des contrats de swaps de défaut de crédit portant sur 125
milliards de dollars de produits de dette titrisés risqués, selon le «Financial
Times». L'objet de ces rencontres serait de limiter l'impact de la crise du
crédit."
hé hé...
Bon courage, les gars.
Pendant ce temps là, donc, après un décrochage de 10% en un mois et des
pertes de plus de 20% depuis le début de l'année, les indices boursiers,
revenus à leurs plus bas annuels, se sont arrêtés aujourd'hui.
-0,00
%
24 heures de sursis, 24h de silence dans un monde de thunes, assommé,
hébété, comme suspendu dans ce terrible instant où le passé luit comme un
éclair sur le sombre abîme de l'avenir...
NB : oui, bon, alors la dernière phrase, "dans ce terrible instant..." n'est pas de moi. C'est de Goethe dans Les souffrances du jeune Werther. ça ne sert à rien, mais c'était pour faire une boucle avec le titre. Voilà.