La fin du capitalisme

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Tag - credit crunch

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jeudi 23 août 2007

Déjà fini ?

Alors voilà, 3 déclarations de responsables politiques qui n'y peuvent rien ou presque, quelques injections de silicone, et nos bons investisseurs repartent comme en 40, la poitrine et le moral gonflés à bloc...

Mouais, mouais, mouais...

Permettez-moi un petit parallèle avec la saison cyclonique, le premier ouragan est passé, mais ce n'était que le premier. Plus de 40 000 personnes ont été licenciées ces dernières semaines dans le secteur financier aux US, les faillites et "gels" de fonds continuent, les banques centrales sont toujours obligées d'injecter à fond les ballons...

... et l'économie US dépend tous les jours un peu plus de l'extérieur...

Dans l'Atlantique, la prochaine tempête s'appellera Felix. En bourse, je ne sais pas, mais c'est pas fini.

lundi 20 août 2007

Arrêtez de jeter des chevals !

Il se passe trop de trucs, j'ai du mal à suivre. Zappons les détails techniques, voilà, en vrac et à mon avis, "ce qu'il faut en retenir" (comme on dit sur les chaines d'infos...)

- Les injections de milliards par les banques centrales correspondent, grosso modo, à de la création monétaire. C'est donc très rapidement l'infation qui va trinquer.

- Ces injections de pognon donnent un petit coup de fouet à court-terme et ont le mérite d'arrêter les mouvements de panique, mais elles ne règlent rien du tout à long-terme.

- Bien au contraire, elles ne font que différer, donc aggraver, la crise qui suivra.

En résumé, ce sont de toutes façons (et évidemment, et une fois de plus) les "petits" (les particuliers, les humains, quoi) qui vont trinquer. Tous ces mouvements ressemblent beaucoup plus à une tentative pour différer la crise et laisser le temps aux investisseurs institutionnels de réagencer leurs portefeuilles sans trop de casse, qu'à autre chose.
Mine de rien, nous venons, tous ensemble, de filer des milliards à nos banques qui avaient fait des placements risqués, ont perdu, et... se tournent donc indirectement vers nous pour qu'on leur redonne de quoi continuer à faire mumuse...
(étonnament, on n'entend plus beaucoup les libéraux, d'un coup...)

On notera au passage qu'un choix lourd de conséquences (celui de faire porter la casse sur les particuliers et pas sur les profits des entreprises responsables) vient d'être fait.
Par qui ? Au nom de qui ?
Surement pas par les pseudo représentants du peuple qui reviennent tranquillement de vacances et n'y peuvent de toutes façons pas grand chose...

NB1 : oui, bon, le titre est discutable. C'est une double private joke, désolé.

NB2 : pour ceux qui souhaitaient "travailler plus pour gagner plus", vous commencez à en voir là la vraie couleur : il faudrait que vous travailliez encore un peu plus, svp, because votre banquier a joué les sous du loyer au PMU et a tout perdu. Vous inquiétez pas, vous n'y verrez que du feu... vous allez juste tout payer un peu plus cher dans quelques mois (c'est ça le secret, le décalage de quelques mois). A ce moment là, vous n'aurez qu'à accuser les fonctionnaires, les retraites, la sécu, l'euro ou la Chine... OK ?
ça tombe bien d'ailleurs, parce que, à propos de votre retraite, justement, euh... comment vous dire ? ça vous dirait de gagner plus ?

mardi 14 août 2007

Gaïa contre l'empire : saison 2

Je viens de lire exactement le post que je voulais écrire. En gros feignant, je vous le ressers donc ici intégralement. (Je me suis juste permis de corriger une petite faute d'orthographe ds le titre. Il est écrit par quelqu'un de chez ABN, qui a une plume rare que j'avais déjà repéré deux ou trois fois précédemment).

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Après la tempête financière, la tempête tout court ?

Le vent semble retomber quelque peu – l'œil du cyclone – sur des marchés financiers passablement dévastés. Il faut dire qu'à la vitesse où les rotatives des banques centrales impriment des billets de banque. Songez-y, 200 milliards d'euros, 64 milliards de dollars, sans parler des devises plus ou moins périphériques, tout cela en quelques dizaines d'heures.Il faut dire que les banques centrales se retrouvent dans une position franchement inconfortable, un peu comme des pharmaciens dont l'officine aurait soudainement été investie par une bande de drogués en manque ; et les junkies (du crédit à haute dose) menaçant de tout casser, ils n'ont d'autres choix que de leur fournir des produits de substitution. Mais, même si elles regrettent aujourd'hui de ne pas avoir suffisamment investi dans une bonne campagne de prévention, peut-être ont-elles fermé les yeux pendant trop longtemps. Notez que le surréalisme financier commence à prendre des proportions qui ne sont pas sans évoquer la fin de la République de Weimar : Goldman Sachs vient ainsi de déclarer qu'ils allaient « injecter » 3 milliards de dollars dans l'un de leurs fonds en difficulté ; se prennent-ils pour une banque centrale ? Remarquez, cela expliquerait tout...

Au final, tous ces paradis artificiels alimenteront, encore et encore, la hausse tendancielle des cours des matières premières, lesquelles ont très bien résisté dans la tourmente, contexte dans lequel une maison rustique mais aux fondations solides est beaucoup plus appropriée qu'une cabane/clapier en papier (même avec lounge et balnéothérapie !). En tout état de cause, on ne peut se battre contre les forces de la nature : le pétrole s'est stabilisé, les opérateurs scrutant désormais anxieusement la formation potentielle d'un cyclone – un vrai – dans l'Atlantique ; le gaz naturel s'est d'ailleurs apprécié de 15 % depuis la fin juillet, très discrètement.

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Je me permets simplement d'ajouter ce lien vers le National Hurricane Center, si vous voulez suivre l'évolution des choses dans la zone Atlantique/Caraïbes. Pour l'instant, la saison est assez classique (4eme dépression tropicale en cours depuis le début "officiel" le1er juin). La NOAA vient de renouveler sa prévision d'une saison au-dessus de la normale, avec une probabilté de 85%. On va maintenant rentrer dans les choses sérieuses pour au moins deux mois. En ce moment, pas grand chose, une dépression tropicale très au large, et un "système de basse pression au-dessus du Yucatan, qui pourrait évoluer). Rapports en live ici.

Voilà. On se retouve à 14h30 pour la publication de la balance commerciale US de juin.

vendredi 10 août 2007

Les mouches ont changé d'âne

train Alors que tous les regards de la finance internationale sont tournés vers le subprime et le risque de "credit crunch", il se peut qu'ils ratent, du coup, une menace bien plus importante encore. Car tout au bout de ce gigantesque système de crédit, il y a... l'économie US dans son ensemble, et le financement de sa dette, en particulier par la Chine.

Les récentes déclarations de He Fan (de l'académie chinoise des sciences sociales) suggérant que la Chine pourrait vendre ses bons du Trésor US et de Xia Bin (Directeur du centre de recherche sur le développement), traitant au passage les sénateurs américains d'idiots, ont provoqué une vague de réactions, (articles dans des blogs spécialisés et jusqu'au Washington Post) allant jusqu'à une intervention du secrétaire d'Etat au trésor, Paulson, et du président Bush.

C'est qu'on ne parle plus ici de quelques "pour cent" de plus ou de moins en bourse, mais bien du financement de la première économie au monde.

Comme le fait très justement remarquer Brad Setser, "une des leçons de la théorie des jeux est qu'une menace n'est couteuse que si elle échoue". Peu importe, dès lors, de disserter sur la probabilité que le gouvernement chinois mette ou pas cette menace à exécution. Le fait est qu'elle existe et qu'elle aboutit, de mon point de vue, à une redistribution majeure des cartes de la puissance mondiale.

La vraie nouvelle, dans cette histoire, n'est en effet pas la dépendance croissante de l'économie US vis-à-vis des financements étrangers (qu'on suit sur ce blog depuis près de deux ans), ni même le risque (qui existe pourtant) qu'un des créanciers ne cesse d'alimenter la pompe. La vraie nouvelle, c'est, aussi fou que ça puisse paraitre, que les pouvoirs publics US commencent à s'en rendre compte !

En quelques lignes, Xia Bin vient juste de démontrer au monde entier (quelques "silly senators" en tête), que les Etats-Unis n'étaient plus en mesure de réclamer quoi que ce soit à la Chine, que le gouvernement chinois les tenaient, en gros, par les c..., et que leur leadership mondial était, de fait, terminé.

Chine

Il va sans dire que les conséquences de cette prise de conscience sont immenses. Je vois mal, par exemple, les Etats-Unis se lancer dans un conflit avec l'Iran, fournisseur de pétrole à la Chine, sans l'accord de leur banquier... Nul doute aussi, que le capitalisme vient là de se trouver un nouveau maitre, et qu'il semble finalement prospérer beaucoup plus vite dans une bonne vieille dictature que dans nos pseudos démocraties occidentales. Dès lors, ceux qui rêvaient encore d'un alignement "par le haut" des conditions sociales, sanitaires, environnementales peuvent revoir leur copie.

On ne s'aligne que sur le leader, et il vient de changer.

jeudi 9 août 2007

Ceci n'est pas un exercice

ça chauffe sévère sur les marchés. Je passe rapidos sur les montagnes russes des indices boursiers ces derniers jours, le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne sont pas franchement sereins les p'tits gars !

Aujourd'hui, les freins crissent suite à une annonce de la BNP (Ouais !! cocorico, un truc français à la télé mondiale !). La bande à Pébereau qui avait annoncé qu'elle n'était pas vulnérable à la désormais célèbre crise du subprime, a finalement suspendu 3 fonds. ça fait désordre, grave.

Dans les news rigolotes du jour, d'abord l'intervention conjointe de la BCE et de la Fed. La BCE a injecté 94,8 Mds d'euros, soit un montant supérieur à leur intervention après le 11 septembre ! quand je vous dis que c'est la foire ! On notera au passage que les boss de la Fed ET de la BCE avaient annoncé, eux aussi, il y a quelques jours, que "Ouais, pas grave, c'est rien, aucun risque, tout ça". Et paf, intervention !

Enfin, une dépeche AFP, repérée par Carnets de nuit (merci !). descente dangereuse

Bush et Paulson mettent en garde la Chine contre toute vente de Bons du Trésor US. Elle est bien bonne... Moi je lis : "La Chine pourrait donc bien vendre des bons du trésor US et c'est le branle-bas de combat à la maison Blanche, qui ne trouve rien d'autre à dire que "Hé ! euh... non, faisez pas les cons les gars !". Tout ça parce que des petits gars chinois ont estimé que si ils voulaient faire chier, ils pouvaient.

Alors où est la vraie news là-dedans ? Que des gens, dont des chinois, le pense, c'est pas nouveau, c'est évident. Qu'ils le disent, ok ; qu'un canard anglais décide de le relayer, pourquoi pas... mais qu'on mobilise un président US et son secrétaire d'Etat pour répondre à un "responsable de l'académie chinoise des sciences sociales", voilà qui est étonnant ! Surtout s'ils se déplacent pour dire que c'est "absurde" !

Mais alors pourquoi une telle mobilisation, messieurs ? Ne serait-ce pas précisément parce que ce n'est pas du tout aussi absurde, que vous voulez bien le dire ? J'en connais une qui doit bien se fendre la poire en ce moment.

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