La fin du capitalisme

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mardi 16 juin 2009

Après le capitalisme

Salut tout le monde,

Quand j'ai commencé ce blog chez 20six, en... 2005 je crois, on n'était pas des millions à raconter comment et pourquoi on allait se prendre une crise économique d'une ampleur sans précédent.
Aujourd'hui, cette crise est avérée, des sites économiques de qualité sont nés, et l'actu de la crise y est parfois très bien traitée. Je vais donc me borner à vous donner mon point de vue, de temps en temps, et puis, si vous le voulez bien, on va surtout passer à autre chose. Et histoire de conserver un déclic d'avance, et bien on commencera (probablement vers Septembre, j'ai besoin de faire une pause) à parler, non pas de "l'après-crise" (il n'y en aura pas), mais de "l'après capitalisme". En espérant que ça vous plaira.

En attendant, voici mes commentaires sur les derniers développements.

La pompe à pognon des US est en train de caler. On arrive donc au stade ultime.
Petit Flashback (les habitués, vous pouvez sauter 10 lignes) :
La cause réelle de cette crise, c'est que l'économie américaine dans son ensemble (et pas uniquement l'Etat ou tel autre acteur) s'est endetté très largement au-dessus de ses moyens pendant de très longues années. La répartition de cette dette à l'intérieur des US, en gros, on s'en tape. (c'est ce qui a été fait jusqu'à maintenant : certains acteurs étaient devenus insolvables, l'Etat s'est endetté pour les renflouer, mais au global, ça ne change rien. La dette est juste passée à l'Etat). On mesure ça, grosso modo, au déficit commercial. (je vends X , j'achète Y, et comme Y est supérieur à X, je dois des thunes, donc... je les emprunte). Tout va bien tant que quelqu'un prête les thunes en question. ça a longtemps été le Japon, c'est maintenant principalement la Chine.

Alors on en est où ?

C'est le département du trésor US qui compte tout ça ; ça s'appelle les "TIC data", et c'est absolument imbitable même pour les pros (demandez à Brad Setser).
Le déficit US s'est très fortement réduit ces derniers mois, et semble s'être établi vers 30-35 Mds de dollars par mois (mais il pourrait remonter avec le pétrole). Il faut donc quand même continuer à emprunter environ 360 Mds de dollars par an au reste du monde... sous peine de faillite. Et les TIC data nous disent quoi ?
Il est entré 89 Mds aux US sur les 12 derniers mois (contre 500 l'année dernière).
Ben, le compte n'y est pas !
Voilà. C'est tout.
Vous voyez, l'économie, c'est fastoche. Le reste, c'est de la parlotte pour justifier les diplômes.

Bon, concrètement, vous vous en doutez, c'est un peu plus tortueux.
On va pas voir Obama à la télé demain matin dire à ces concitoyens : "Bon, les gars, j'ai une bad news, on a un peu merdé sur les prévisionnels, on ferme, tout le monde est viré. Yes, we can"
(et pourtant...)
Il est fort probable, déjà, que les maillons les plus faibles du système financier mondial lâchent les premiers (l'Europe de l'Est a une bonne longueur d'avance, le reste tombera par effet domino. C'est comme la grippe).
Ensuite, l'Etat US (qui emprunte en gros pour tout le monde en ce moment), arrive pour l'instant à fourguer à peu près bien ses emprunts (les Bons du trésor). Mais ça commence à se tendre sérieusement ; résultat, il est obligé d'offrir plus en échange (les taux "réels" remontent) ; ça lui coute plus cher et ça augmente encore le doute sur sa capacité à rembourser, donc la réticence des autres à prêter. Et c'est en fait là qu'est le vrai bug : le doute.
Parce qu'en réalité, ça fait maintenant des années que les US sont insolvables. La grosse, l'immense, différence, c'est que maintenant, on en parle.
Et le doute, pour le capitalisme, c'est mortel.

Alors on va où ? ben j'en sais rien moi, gros malin.
On devrait se situer quelque part entre ces deux scénarios, déjà abondamment décrits ailleurs :
- "l'optimiste" : grosse crise de merde qui dure 10 ans, explosion du chômage, effondrement du dollar et passage de l"hégémonie US probablement à la Chine.
- "le pessimiste" : ça part carrément en sucette.
Le premier est le plus probable (et à vrai dire, le seul) sur des critères UNIQUEMENT économiques. Mais c'est là que TOUS les économistes bugguent : il n'y a pas que des critères économiques. Le climat, évidemment, et plus généralement l'environnement, la biodiversité, voire une petite grippe et surtout ce putain d'impondérable facteur humain, tous ces éléments ne sont pas dans les équations des économistes.

Personnellement, vous le savez, je parie tout sur le dernier. Sur l'étonnante capacité des gens à ne pas vouloir, parfois, rentrer dans les tableurs Excel, même à coups de matraque.
A se parler, à imaginer, à créer, à lire, à écouter, à faire parfois des choses étranges (comme, je sais pas moi, poser des fers à béton sur des lignes TGV), bref à ne pas être là où ils auraient "du" être et a finalement passer à autre chose.

Laissons donc cette crise à qui elle appartient, et à bientôt, donc, pour parler...
d'autre chose ?
;-)

mercredi 14 janvier 2009

Les (vrais) emmerdes commencent

2008 vous a plu ? Vous allez adorer 2009...

Bon, meilleurs voeux à tout le monde, santé et bonheur et... et c'est déjà pas mal, parce que question pognon, ça va être coton. On rentre direct dans le vif du sujet avec le déficit commercial américain, publié hier.
- 40,4 Milliards de dollars pour le mois de Novembre.
C'est une réduction énorme (26% en un mois ! ça fait près de 5 ans qu'on n'était plus passé en-dessous de 50 Mds/mois) qui, théoriquement, pourrait annoncer que le vrai rééquilibrage vient de commencer. Et que les US vont donc être, enfin, contraints d'adopter un train de vie plus en adéquation avec leurs moyens ; ce qui ne signifierait en aucun cas la fin de la crise, mais au moins, le début de la disparition des causes réelles de la crise.

Sauf que... je sais pas, y a un truc qui ne me plait pas dans ce chiffre.
Déjà, c'est beaucoup, beaucoup trop rapide. Le timing est un truc essentiel en économie (la vraie, pas dans les livres). Il est crucial que les différents acteurs aient le temps d'adapter leur comportement à la nouvelle situation. Là c'est trop rapide. Un peu comme en plongée, en fait. Si vous remontez comme une balle après avoir passé 5 ans à -50m, c'est l'accident de décompression assuré. Et là, le corps, c'est toute l'économie US.
Ensuite, si on regarde dans le détail, la majeure partie de la baisse du déficit est due à l'effondrement du prix du pétrole. Très fragile donc. Pour le reste, on constate surtout une chute violente de l'ensemble des échanges (importations et exportations). Bref, tout ça donne l'impression que le retour sur terre, après des années de vie à crédit, risque d'une part d'être assez violent et d'autre part de laisser quand même subsister des déséquilibres profonds. Ni le beurre, ni l'argent du beurre, en somme.

Voilà pour les courants de fond, maintenant retour en surface, où la tempête fait rage.
Je réitère ma prévision d'une vague de faillites sans précédent et dans tous les secteurs dès le premier semestre 2009. Rien qu'aujourd'hui, 2 chaines de magasins US, ainsi que la multinationale Nortel ont fait faillite. Citigroup, la plus grosse banque américaine, semble en très mauvaise posture. HSBC aurait besoin d'une recapitalisation de 27 Mds. L'industrie automobile US est dans le coma, etc.
C'est assez dingue à imaginer, mais tout le monde sous-estime encore l'ampleur du merdier. Un petit exemple : même très bien informés, vous avez du entendre parler de 3 ou 4 faillites de banque aux US l'année dernière. (Une californienne, la retentissante de Lehman, et puis quelques faillites déguisées par des arrangements d'urgence). Nous en sommes pourtant déjà à 40 faillites bancaires ! Je pense que l'ordre de grandeur est le bon : tout le monde a l'impression qu'on est dans une merde noire, mais ce qui nous arrive est en fait 10 fois pire !

On ne devrait donc pas tarder à voir les premiers signes de la dernière phase de l'effondrement du système dans son ensemble : la faillite des Etats. (une agence de notation a d'ailleurs dégradé aujourd'hui la note de "sécurité" des emprunts de la Grèce. Suivants en Europe : l'Irlande, l'Espagne et le Portugal...)
Le plus hallucinant dans cette histoire est sans doute à quel point c'est gros comme une maison et à quel point tout le monde continue la fuite en avant en faisant semblant de ne pas le voir. ça ressemble comme deux gouttes d'eau à la bulle Internet ou à la folie financière des dernières années. Les lecteurs de ce blog sont bien placés pour savoir que, même sans être économiste, on pouvait annoncer la crise actuelle il y a 3 ans. Là, c'est pareil : Les Etats inondent les marchés de thunes qu'ils n'ont pas, (le déficit budgétaire US vient, en 3 mois seulement, d'exploser le record historique de toute l'année 2007), même un gosse se rendrait compte qu'il y a un truc qui cloche, et tout le monde, mis à part quelques économistes perdus et quelques zouaves dans mon genre) s'applique à regarder ailleurs, en se disant, sans doute, que la main invisible va nous régler ça comme le reste. Ben, je vous le dis, y a des claques invisibles qui se perdent.

Une note d'optimisme pour finir ?
Dans l'histoire comme dans la nature, la pourriture est le laboratoire de la vie...

vendredi 12 décembre 2008

Un poil dans la main invisible

Le déficit du commerce extérieur US, publié aujourd'hui, constitue probablement une des plus mauvaises nouvelles depuis le début de la crise. Et pourtant, il y avait de la concurrence... Le déficit commercial, c'est en gros ce que doivent les US au reste du monde, et son dérapage depuis 10 ans est, toujours en gros, la principale raison de cette crise. Après, la façon dont cette dette se répartit entre ménages, entreprises et Etat est quasiment un détail.

On nous parle d'éclatement de la bulle du crédit. Ben pas du tout. Il y a certes un resserrement du crédit des banques vers les autres acteurs, mais, globalement, cette bulle, la vraie, continue à enfler. L'économie américaine dans son ensemble continue à creuser sa dette au rythme effarant de 50 Mds de dollars par mois. (57.2 Mds en Octobre, soit un plan Paulson par an !) Les gigantesques manœuvres auxquelles on assiste en ce moment ne sont jamais qu'un transfert d'une partie toujours plus importante de cette dette à l'Etat.

Alors, si le déficit ne change pas, pourquoi est-ce une mauvaise nouvelle ? Parce qu'on aurait pu croire que, ralentissement économique aidant, il allait se résorber naturellement. Tout seul. Et la crise avec. En tout cas, c'est ce qui est écrit dans les livres. Mais il faut croire qu'il y a un sacré poil dans la main invisible.

La main invisible, elle dit qu'un déficit commercial trop fort aurait du affaiblir le dollar. Les produits US deviennent donc moins chers pour le reste du monde, qui en achète donc plus, et l'inverse pour les produits étrangers aux US, les ricains en achètent moins. Résultat : le déficit diminue. Dans tes rêves. Parce que, ce qu'elle n'a pas prévu, la main invisible, c'est qu'on peut difficilement remplacer des T-Shirts par des Boeing : les produits que les US importent n'y sont souvent plus fabriqués. Pire que ça, en octobre, les exportations ont diminué plus vite que les importations ! Faut croire qu'on peut plus facilement se passer de Boeing en Chine que de T-shirts aux US...

Et je vous assure que ça n'augure rien de bon pour la suite. Ce truc, le déséquilibre de la balance commerciale, est LA grande raison de cette crise. S'il ne se résorbe pas doucement, ça se passera violemment. Je n'ai aucune idée de ce que ça donnera, mais ce sera pas beau à voir.

On court vers un phénomène inconnu : la faillite, non pas d'un Etat parmi d'autres (ça, on connait, surtout les argentins) mais du moteur mondial du capitalisme, l'Etat américain. Personne n'a la moindre idée de la forme que ça peut prendre. Une seule chose est sure : ce truc là, ils vont le partager avec tout le monde .

vendredi 10 octobre 2008

Vers une fermeture des bourses mondiale ?

Un G7 d'urgence doit se réunir dans quelques heures.
Plus rien ne semble capable d'enrayer la chute.

Je ne sais pas ce qui sortira de ce G7, les spéculations vont bon train ; personnellement, ça ne m'étonnerait pas tant que ça qu'on y évoque une fermeture temporaire des bourses, comme celà avait été fait au lendemain du 11 Septembre (avec 1% de chances que ça se fasse).

Bref, quoiqu'il en soit, l'état de panique des marchés n'est qu'une des données du problème, ni sa cause, ni sa solution.

Il va falloir regarder de très près la publication, à 14h30, du déficit commercial US.
Comme le savent les lecteurs de ce blog, c'est principalement de là que ça vient, et on n'en sortira pas sans une résorption (maintenant forcément violente) de ce déficit.
La crise est telle que les premiers effets devraient commencer à se faire sentir sur les importations US.
Mais plusieurs questions vont rester en suspend : à quelle hauteur, à quelle vitesse ? Les exportations ne vont-elles pas commencer à chuter aussi ? et surtout, quid du financement de déficit ?
Premiers éléments de réponse à 14h30 pour le déficit du mois d'aout.
TIC data (entrée de capitaux) du mois d'aout dans quelques jours.
Et surtout, données du mois de septembre.. dans un mois. ça va être très très long...
(post recap sur ce thème central dans les prochains jours, avec graphs etc.)

Impossible d'évaluer quels auront été les dégats sur "l'économie réelle" entretemps.
Chez les gros, General Motors serait au plus mal et ne passera sans doute pas l'hiver.
Chez les petits, toutes les PMEs du monde qui vont avoir besoin de se refinancer dans les mois qui viennent pourraient bien boire la tasse.
ça fait combien ? je n'en sais rien. Une sur 100 ? une sur 10 ? une sur 3 ?
Une seule chose est sure : ça va être absolument terrible.

(et un immense merci à tous les lecteurs et commentateurs de ce blog)
Je savais déjà que j'avais le meilleur blog du monde, je suis maintenant très fier d'y avoir aussi les meilleurs commentateurs ;-)

Petit test avant de partir : si vous pensez qu'il n'y a que 2 candidats à l'élection présidentielle US, vous lisez encore trop la presse et pas assez les blogs.
Tcho.

samedi 12 juillet 2008

Indymac : les faillites commencent

On l'évoquait ici le 7 mars dernier, ce sont probablement près de 200 banques, rien qu'aux US, qui devraient ne pas voir la fin 2009.
Cette crise est en train de prendre doucement, tranquillement, sa pleine ampleur. Et nous vivons en ce moment ses toutes premières conséquences dites "réelles".
Même le FMI, d'habitude rassurant, pour ne pas dire aveugle, estime enfin que le plus gros de la crise est sans doute DEVANT nous !

Indymac est donc considérée par les medias comme la première grosse banque à boire la tasse, même si le "rachat" de countrywide financial par Bank of America et le "sauvetage" de Bear Sterns par JP Morgan (aidé par 30 Mds de $ de la Fed) étaient également des situations de faillite.
Tous ces petits gars étant liés les uns aux autres, il se prépare un joli jeu de domino auquel pas grand chose ne devrait résister.
ça a mis quelques mois, le temps que tout le monde utilise ses maigres réserves et marges de manœuvre pour faire face. Mais on arrive donc au moment où tous les acteurs sont maintenant à plat.
Tous, y compris l'État, vers lequel tout le monde se retourne en ce moment dans une espérance quasi religieuse.

Peu de monde ose se l'avouer, mais la Fed est déjà à bloc. Elle e engagé l'essentiel de ses très maigres réserves (quelques dizaines de milliards) dans le sauvetage de Bear Sterns et ne pourra pas le faire deux fois. Pire, elle s'est engagée à garantir certaines créances foireuses des banques pour, en gros, remplacer les réhausseurs de crédit, alors qu'elle n'en a pas une demi seconde les moyens. Et je ne parle même plus du dilemme Taux/inflation, l'affaire étant pliée depuis plusieurs mois.

Quant à l'Etat fédéral lui-même... son petit chèque de 800$ a fait rigoler tout le monde en mai. (150 Mds cramés pour gagner un mois et ne rien régler, chapeau). Et les rumeurs de "mise sous tutelle" des deux fameux spécialistes du refinancement hypothécaire, Fannie Mac et Freddie Mae, semblent bien optimistes, dans la mesure où celà reviendrait à doubler, d'un coup, la dette de l'Etat !

Bref, c'est le début du carnage à tous les étages et de la panique à bord.
D'autant que, outre ses petites histoires techniques, le seul chiffre important, celui du déficit commercial est obstinément ancré dans la zone insoutenable des 60 Mds de dollars mensuels (59.8 pour le mois de mai).

Comme le faisait très justement remarquer un commentateur du post précédent, une crise d'une telle ampleur ne peut que conduire à des bouleversements politiques majeurs. (Souvenez vous de 1929 et de ce qui a suivi. ça parait peut-être dingue, mais nous en sommes là, il est grand temps de se réveiller !)
Côté gouvernements, les dérives sécuritaires protectionnistes, nationalistes voire xénophobe sont en cours.
Reste à savoir quelle sera l'ampleur de la réaction des peuples.

vendredi 22 février 2008

Voyage au bout de la nuit

Elle commence à bien me plaire, à moi, cette crise. Si, si, une crise aux petits oignons. Ce que je préfère en fait, c'est qu'elle ne ressemble à rien de connu jusqu'à maintenant. Du coup, les jargonneux en perdent leur latin et on commence à enfin pourvoir en parler à la cool sans être repris en permanence par un prophète des mécanismes d'ajustements ou un docteur ès "meuh non, ça s' peut pas, passque".

Les plus marrants en ce moment étant (une fois de plus) les boursicoteurs. J'adore regarder ces mecs. (oui, ben c'est rarement des femmes, que voulez vous). Non contents d'être déjà champions du monde du troupeau de moutons, ils jouent tous en ce moment à la mouche débile qui se cogne 12 fois entre l'ampoule et l'abat jour. Le CAC descend à 4500 et pan, ça remonte à 5000, vlan, on repart dans l'autre sens, etc. et la moindre news les fait tous changer de direction à une vitesse à faire palir un MIG29 et de façon totalement aléatoire.

Ben ouais, c'est la foire.

grave.

Pour les explications techniques, je vous recommande la traduction du papier de Martin Wolf du Financial Times (NB : je n'ai pas vérifié personnellement si la trad était conforme à l'original) ou , en version plus soft mais quand même, cette vidéo d'une chef économiste à la SoGé.

En très très gros, pour les flemmards : le gros des problèmes des subprimes ne va arriver que dans deux ou trois mois, le truc est déjà en train de se transférer aux crédits à la consommation en général ; du coup, les réhausseurs de crédit en prennent plein la tronche, ce qui accroit encore les difficultés des banques, qui ne prêtent plus aux entreprises; qui se cassent donc la gueule, virent tout le monde, donc les gens ne consomment plus, et hop, vous revenez à la case départ (mais sans gagner 20000 francs) et vous refaites un tour.

ouala.

Les quelques optimistes qui comptaient sur la vigueur de la croissance chinoise ou des théories fumeuses de découplage pour soutenir tout ça sont tous en train de se gratter le nez en regardant vaguement leurs pompes... et tout le monde se rend compte que la joyeuse bande "Ben Bernanke and the coconuts" ne sert plus à rien. Bref, y a de la joie.

Ah si , denier truc, la star du moment, c'est l'inflation. Le "SPECTRE de l'inflation", comme ils disent tous (j'adore cette expression, on voit tout de suite mieux l'inflation avec un drap sur la tête et sa faux à la main, qui erre dans des couloirs obscurs en se prenant les pieds dans ses putains de chaines. ça doit pas être facile tous les jours comme boulot, inflation). En fait, on s'en tamponne un peu de l'inflation.

Maintenant que le truc est enclenché, tant que les US n'auront pas résorbé leur gigantesque déficit commercial, leur économie entière continuera à s'effondrer lentement, entrainant dans sa chute l'ensemble du système économique mondial.

Prenez vos places, le film a déjà commencé.

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