La fin du capitalisme

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lundi 6 août 2007

La grande trouille

Les milieux financiers ont aussi leurs modes. Taux d'intérêt, inflation, croissance, déficits, l'une de ces nombreuses données focalise tout à coup l'ensemble de l'attention, et les investisseurs ne regardent plus que ça. Je ne sais pas s'il y a déjà eu des études de socio sur le comportement moutonnier des investisseurs, mais je vous assure qu'ils sont sans doute champions du monde de cette catégorie.

Bref, en ce moment, LE truc, le mot clé du moment, c'est "l'aversion au risque". C'est balaise, non, comme terme, l'aversion au risque ? ça fait tout de suite sérieux. En clair, ça signifie tout simplement... la trouille.
Les investisseurs ont la trouille.
Les foies quoi, la pétoche...

Et comme ces braves gens ont des indices pour absolument tout (les chiffres, ça les rassure, ça parait tout de suite plus rationnel quand c'est chiffré), ils en ont aussi un pour ça ! Son nom savant, c'est l'indice Vix de volatilité du Chicago Board Options Exchange. A vos souhaits. Il est surnommé plus simplement "l'indice de la peur". Et il vient de bondir de plus 16,5% fin juillet !

Evidemment, vu d'ici, on ne peut que sourire de ces tentatives de rationnalisation d'un des trucs les plus subjectifs qui soient : la confiance.

Le salaire de la peur Il se trouve que cette petite chose est aussi, à bien y regarder, le ciment ultime du système capitaliste. Vous allez bosser le matin parce que vous pensez que vous serez payés à la fin du mois. Vous laissez vos thunes sur un compte en banque pare que vous avez confiance dans le fait qu'elles y seront toujours si vous venez les cherchez. Vous pouvez payer avec des bouts de plastique ou de papier parce que le commerçant a confiance. Et les banques prêtent des thunes (qu'elles n'ont pas) à tout le monde parce qu'elles ont confiance.
Or il y a évidemment des boites qui font faillite, des gens, voire des entreprises, des banques ou des etats, qui ne peuvent plus rembourser, etc.

Ce système ne fonctionne que parce que certains prennent (ou ignorent) le risque.
Au bout de cette chaine, et en simplifiant à outrance, il y a l'économie US. Elle fonctionne totalement à crédit et on lui prête parce qu'on a confiance. Non pas qu'ils pourront rembourser hein, faut pas rêver, mais que quelqu'un continuera à leur prêter pour qu'ils puissent continuer... à emprunter.

Enlevez ce petit truc, la confiance, et tout s'effondre.
C'est dans une certaine mesure, ce qui est en train de se passer.

vendredi 3 août 2007

Wall Street en chute libre, et plus si affinités ?

La fameuse cloche a retenti il y a dix minutes et personne n'en est encore revenu. Le Dow Jones vient de faire une fin de séance en chute libre. A plus de 13450 points deux heures avant la cloture, il perd alors près de 300 points pour venir s'affaler en dessous des 13200... -2.10% en une séance, le Nasdaq et le SP 500 faisant encore pire (au-delà de -2.50%).

En cause ? en apparence, les tensions de ces derniers jours ravivés par deux mauvais chiffres dans la journée, notamment sur l'emploi. Mais les investisseurs avaient encaissé ces nouvelles jusqu'à... une pauvre conférence de presse d'une petit directeur financier( celui de Bear Stearns qui a connu des soucis avec ses fonds "subprime"). Ce bon monsieur a annoncé tranquillement que la situation actuelle était pire que celle de la bulle Internet. Evidemment, il y a là de quoi rappeler quelques sueurs froides à tout ce petit monde et dans le contexte hyper tendu actuel, il n'en fallait pas plus pour déclencher une vague de panique.

Mais on peut même se demander si cette petite histoire (avec un peu de recul) de subprime, ne va pas aller beaucoup plus loin. Ce que craignent les investisseurs, c'est le report des très nombreuses opérations financées par le crédit. En gros, de quasiment toutes les opérations financières actuelles. Ce qui mettrait un coup de frein colossal à l'économie américaine. Un coup de frein, et peut-être plus, car ce sont finalement, on le sait, les US dans leur ensemble qui tournent à crédit...

Et si finalement, tout venait de commencer ?

lundi 18 juin 2007

Entrées de capitaux aux US - avril 2007

84,1 Mds de $ supplémentaires sont venus perfuser l'économie américaine en avril. Pas grand chose à ajouter sur la question si ce n'est que l'administration US a procédé à une "révision" de ses chiffres pour 2006 et le 1er trimestre 2007.

Et elle est violente la révision : certaines marges d'erreurs vont en effet jusqu'à 50 % ! On savait déjà que la météo n'était pas au beau fixe, on sait maintenant que les instruments de bord indiquent un peu n'importe quoi.

Nous voilà rassurés...

(Pour les courageux, voir ce post de Brad Setser sur la "révision"